Sidekicks

Duke n’en est pas à sa première collaboration avec des Américains mais celle-ci a particulièrement de la gueule, même si Conway l’a de travers. Car sur « Back Seat », le DJ d’Assassin et la machine de Griselda Records (récemment signée par Eminem, mais aussi en cheville avec les camarades français d’Effiscienz) déroulent une bande son à la fois noire et feutrée, violente et élégante. Et c’est d’une efficacité redoutable. Au cœur des rues de Buffalo, mises bout à bout dans un montage vidéo réalisé par Duke lui-même à partir de films existants, le Lyonnais et le frère de Westside Gunn se paient une promenade sur un sample de basse rond et étiré au vibrato. Rempli des ad libs chers à la clique Griselda jusqu’à l’habituel rire de gremlins qui ponctue chacun des morceaux de Conway, de placements lumineux et d’un refrain à la désinvolture presque chantonnée, « Back Seat » fait partie de ces titres qui subliment un peu plus un boom bap new-yorkais habituellement confronté à un plafond de verre. Du 100% Fly Street Shit comme dirait le frangin de Conway, qui sera édité en vinyle à cinq cents exemplaires.

On vous l’a déjà dit : l’affiche du Noise Festival est plus qu’alléchante. Mais ce que l’on vous redit aujourd’hui, c’est que son point d’orgue aura tout d’une rencontre au sommet. Alors que de nombreux artistes offriront concerts et ateliers durant les trois jours d’activisme proposés par l’association Noise la Ville, La Rumeur viendra animer une master class, ouverte au public. Elle aura lieu le jeudi 30 mars et est déjà complète. Mais pas de panique, il reste encore deux façons d’être présent. Directement, en écrivant à concours@abcdrduson.com, puisque trois fois deux places sont à gagner. Ou indirectement, en posant vos questions via la plateforme Curious dédiée. Les meilleures interrogations seront soumises à Ekoué, Hamé et Le Bavar qui y répondront, notamment lors de leur passage dans le grand amphithéâtre de Sciences Po. Un événement qui sera retransmis en direct sur le facebook de Noise la Ville et dont l’Abcdr est partenaire. Pour tous ceux qui en ont dans la tête : c’est le moment de lâcher les chiens !

And now, let's return to the classics

Dr. Octagonecologyst, version luxe

Sorti en 1996, Dr. Octagonecologyst, opus réunissant Kool Keith, Dan the Automator (qui joue lui-même du violon sur l’immanquable « Blue Flowers »), KutMasta Kurt et DJ Q-Bert sous le nom de Dr. Octagon (sans compter Sir Menelik, présent sur quatre titres), est un classique, présent dans toute discothèque d’amateur de rap qui se respecte. Le voici réédité dans une version « deluxe » qui risque de faire mal au portefeuille : un triple LP, 28 morceaux contre 19 dans la version initiale, incluant cinq morceaux inédits (deux remixes plus trois morceaux d’époque restés dans les tiroirs), accompagné d’un livret de quarante pages. Preuve qu’il ne s’agit pas que d’un coup commercial : les membres du groupe se sont réunis sur scène pour la première fois début mars, à San Francisco puis Los Angeles. Pour plus d’info, et passer à la caisse, c’est ici. Et pour un petit retour en arrière, c’est dessous.

Vous avez peut-être l’occasion de découvrir dans nos colonnes plusieurs groupes de rap anglais, à travers les trois épisodes de la série « Britain’s got talent » ou des chroniques de disques, comme récemment le « Raw Sh!t » de Bisk, ou un peu plus loin « The Big Game » de Lewis Parker (on peut prolonger l’exploration ici).

C’est au tour de Blackk Chronical et de son maxi huit titres intitulé The Unapologetic Autopsy Of Crime EP — un titre qui renvoie notamment au fait que le rappeur a un certain nombre de proches en prison. L’album est dispo pour pas cher sur Bandcamp. (On peut aussi l’écouter ici). Et le clip ci-dessus devrait vous avoir donné envie d’aller y jeter au moins une oreille. De quoi faire attendre The Love Trap EP, qui doit sortir fin juillet.

C’est désormais un véritable rendez-vous : le Noise Festival, auquel vous avez déjà aperçu l’équipe de l’Abcdr du Son, revient en 2017. Et cette année encore, l’affiche sera riche et la jouera en triangle, entre Montreuil, Saint-Denis et les amphithéâtres de la rue Saint-Guillaume. Parrainée par La Rumeur, qui donnera une master class sur les bancs de Sciences Po, cette nouvelle édition accueillera de beaux événements. Pour ne parler que rap, l’incassable Niro, le Montreuillois Prince Waly, les Belges de L’Or du Commun, les charbonneurs de L’uZine et même l’infatigable Aigle de Carthage qu’est Alkpote ont répondu à l’appel de l’association Noise la Ville, qui chaque année convoque un plateau d’artistes prêts à ramener le bruit. Alors oubliez que les murs ont les oreilles et ouvrez donc les vôtres : ça se passera du 30 mars au 1er avril et trois jours durant la ville résonnera et raisonnera, à travers concerts, débats et ateliers. Le programme complet est à consulter sur le site officiel et les pages Facebook dédiées à l’événement. On vous en reparle très vite, notamment à l’occasion des échanges prévus avec Ekoué, Hamé et Le Bavar.

Qui a bossé avec Rick Ross (sur Black Market), Action Bronson (sur Mr. Wonderful), Kid Cudi (sur Man on the Moon) ou Jay Z (sur American Gangster), mais aussi avec des artistes aussi différents que Lee Fields, Dr. John, The Shacks ou Texas ? A composé « I need a dollar » d’Aloe Blacc?

Réponse : le multi-instrumentiste et producteur Leon Michels, qui est aussi le cofondateur du label Big Crown. On n’en finirait pas dérouler son curriculum : il a aussi, entre autres, fait partie de la première formation des Dap-Kings. Mais il est peut-être plus connu chez nous en tant que pilote d’un groupe nommé El Michels Affair, qui s’est fait connaître en 2009 avec l’album Enter the 37th Chamber. composé de réinterprétations instrumentales façon soul vintage de classiques du Wu, au complet ou éclaté. Tout était parti d’une rencontre avec Raekwon, suivie d’une collaboration avec Ghostface.

Vous l’aurez compris : Return to the 37th Chamber, qui sort en avril, est la suite de l’opus de 2009. On y retrouve treize morceaux, parmi lesquels des réinterprétations de « Wu-Tang Ain’t Nuthin ta F* Wit », « Verbal Intercourse » de Raekwon, « Snakes » d’ODB, « All I Need » (où Lady Wray remplace Mary J. Blige), etc. L’enregistrement a été réalisé à l’ancienne, en analogique. Cerise sur le gâteau : la pochette vinyle existe en quatre versions. Celle-ci, par exemple.

Ce sont souvent les MCs qui choisissent les beatmakers. Al’tarba est un beatmaker qui choisit son MC. Pour son album La nuit se lève, sorti le 3 mars 2017, il offre à Vîrus le morceau éponyme et l’honneur de la clôture. Vîrus avait déjà posé sa voix sur une production d’Al’Tarba dans le cadre d’un featuring avec La Gale (« Sous une rafale de pierres »), mais il est ici dans un registre plus intime, et seul. Un choix qui en dit long sur l’esthétique de l’album : crépusculaire, entre errance fictive et introspective. La musique comme les mots sont choisis sur mesure, Vîrus construit et déconstruit les syllabes comme des Lego pour mieux dire l’insolite des nuits solitaires. « La nuit se lève », c’est Vîrus qui joue à domicile. Les sonorités riches caractéristiques des productions d’Al’tarba, entre piano, violon, voix lyriques, viennent toutefois relever ce qu’on ne voit pas toujours sous l’obscurité du personnage : sa beauté, magistrale mais sans pompe.

Nous nous attachons depuis plusieurs années à écrire l’histoire de la Fonky Family avec ses principaux protagonistes. Sat, Pone, DJ Djel, autant de témoignages recueillis ces derniers temps dans nos colonnes, et de belles heures de lecture pour ceux à qui ces interviews restent à découvrir (la chance !). Alors c’est évidemment avec une émotion un peu particulière que nous avons reçu la programmation de la prochaine édition de MARSATAC. Car les Bad Boys de Marseille y seront réunis pour un concert exceptionnel, à domicile. Dieu l’a donc finalement bien voulu et vous l’avez sûrement déjà lu ailleurs, il a fixé l’événement au 23 juin. Pour se préparer à cette date, il y a bien sûr toute la discographie de la Fonky Family à se refaire. Mais il y a aussi notre sélection dédiée à la patte hors-norme de Pone, qui y est pour beaucoup dans la couleur musicale si particulière qu’a été celle de la FF. Et enfin, il y a le dernier mix de DJ Djel, qui est une plongée au cœur du rap de la cité phocéenne. Dix ans après le premier volume, l’enfant de Belsunce revient avec une deuxième édition de Marseille et sa production, disponible dès aujourd’hui sur le site de Haute Culture. Cela sonne comme un rappel : à Marseille, l’Art de Rue se transmet de générations en générations.

Pour cette nouvelle édition des soirées Rap Rebels, Casabey invite le jeune rappeur Aladin 135 et son énergique collectif, Panama Bende au Point Éphémère vendredi 10 mars. Il présentera « Indigo », son tout nouveau projet qui a le vent en poupe. Il sera entouré d’un conglomérat de DJs aguerris, de Asura1990 à Azamat B en passant par le petit génie Krampf et votre dévoué Captain Nemo pour représenter l’Abcdr. Que du rap actuel, dans tous les sens, à toutes les sauces. Venez fêter la fin de l’hiver avec nous ! 

Plus d’informations sur l’évènement.

Après une première édition très réussie, l’Abcdr est de retour au Nouveau Casino avec la Team NOHELL. Et l’équipe profite du passage du rappeur le plus en vue du moment, Sofiane, ce jeudi 9 mars pour enchaîner sur une soirée de tous les raps. L’Abcdr sera représenté par Le Captain Nemo, toujours dans les bons coups mais aussi Noumzee que vous connaissez pour ses mixs mensuels et qui fêtera son grand retour dans la nuit parisienne ainsi que Nodey, toujours membre honoraire du club. Dang et Frencizzle seront aussi de la partie côté NoHell et pour couronner le tout, la légende DJ Poska les rejoindra tous en maestro toujours funky. Bref, vous ne pouvez pas rater ça. C’est impossible.

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