Sidekicks

Peur sur la ville : les furieux auteurs du culte Bacdafucup seront à Paris ce dimanche 21 octobre. Sticky Fingaz et Fredro Starr, duo emblématique qui symbolise l’entité Onyx, viendront dévorer les micros sur la scène du Flow. Alors oubliez le très inégal Black Rock, dernier album en date du groupe, pour plutôt vous remémorer le premier disque de la clique sans cheveux du Queens ou encore le pas assez souvent cité Shut ‘Em Down. Ce sera du pur hardcore sur le beat comme dirait Busta Flex qui sera lui aussi présent sur la scène du flow pour faire « savoir qui sont les chefs du campement hardcore. » Des places sont à gagner sur nos réseaux sociaux.

Chasseur de Thunes, Causeur de Troubles, CDT est Chris des Ténèbres. Comme le laisse deviner son nom de scène et ses alias, le rappeur genevois propose une musique de rue et de noctambule. Gamma GT est son premier EP et constitue une présentation concise du mc issu des rues du 1205, digne héritier de ses aînés de Marekage Streetz. En une demie-douzaine de titres, CDT traîne à vélo à travers sa ville, entre ses vices et ses rêves. L’écriture du rappeur, très simple,prend une certaine épaisseur à travers la nonchalance de son interprétation. Il semble par moment n’en avoir rien à foutre, mais maintient l’attention de l’auditeur par la description extrêmement basique -donc ultra réelle- de son environnement. « De ma place j’bouge pas, j’suis comme un immeuble d’la ville, à mon identité j’suis fidèle, je ne suis pas Gueule d’Argile » clame-t-il sur « Arkham ». Il dit ne pas pouvoir se marier avec une « meuf qu’est vegan », rouler en BMX et non en BMW, et cite 03 Greedo au détour d’un morceau. Voilà un soldat des ombres qui mérite un peu de lumière et le répète tout au long de ce premier projet : « Après les ténèbres, le luxe. Après les néons, le lustre. Après le béton, faut qu’on s’installe dans les maisons de luxe. »

Dans le cadre du festival En Vie Urbaine, dont l’Abcdr est partenaire, les très énergiques Di-Meh, Slimka et Makala se produiront samedi 13 octobre sur la scène du Camji à Niort. Les Genevois écument les festivals, les scènes et les clubs depuis des mois et marquent partout les esprits. Il n’y a aucune raison qu’il n’en soit pas de même ce week-end, et nous vous proposons d’assister à l’événement. Ce soir là, ils partageront d’ailleurs l’affiche avec un autre talent suisse, en la personne de Danitsa, ainsi qu’avec Sizaye, récent vainqueur du End Of The Weak. Ce sera également l’occasion de découvrir les formations Nitrophonie et Le Désordre, qui ont remporté le tremplin du festival En Vie Urbaine. Pour gagner vos places, rendez-vous sur la page Facebook de l’Abcdr.

Textile, beatmaking, deejaying, rap, photographie, Les Chimistes est un collectif pluridisciplinaire né dans le centre de la France il y a quelques années maintenant. Parmi ses membres, l’entité compte le jeune Youno, antérieurement connu au sein de la formation Sémaphore. Celui-ci dévoilait la semaine dernière un nouveau titre, à l’occasion de son anniversaire : « Sur tes lèvres », chanson d’amour agressive. Ni totalement belle, ni totalement sale, ladite chanson laisse une impression paradoxale, comme un premier baiser dans un local à poubelles.

Quelques jours après la diffusion de « Sur tes lèvres », Les Chimistes proposaient un autre inédit, cette fois sorti de l’esprit d’Obi. Moins surprenant, le titre « Munchies » parle essentiellement de consommer des psychotropes, sur un type beat de CashMoneyAp. C’est léger, efficace, quelque peu anecdotique mais plaisant tout de même.

Après celle de ce jeudi, l’affiche sera encore belle vendredi 12 octobre au festival En Vie Urbaine. Demi Portion, Némir et La Rumeur se partageront la scène du club du Moulin du Roc, à Niort. Un rassemblement de rappeurs qui a aussi sa force symbolique, puisque La Rumeur fait partie de ces groupes qui ont vu l’organisateur du Demi Festival faire ses premières armes. Une rencontre sera d’ailleurs organisée entre le public d’En Vie Urbaine, Hamé et Ekoué dans l’après-midi. Quant à Némir, il proposera ses mues musicales toujours aussi respectées pour leurs techniques et leur richesse sonore. L’étonnant duo DNA viendra compléter en anglais ce line-up, accessible à petit prix au vu de sa qualité. Ce qui n’empêche pas L’Abcdr de vous proposer des places à gagner. Rendez-vous sur notre page Facebook.

Actif depuis des années aux côtés de son ami Vaati, le jeune Nusky travaille désormais dans son coin, et planche justement sur son premier album solo. Depuis le mois de janvier, il a publié trois morceaux, dont le récent « Tesla »  qui figurera au tracklisting de son futur projet. Ces titres ont en commun une couleur rose triste… Il s’en dégage à la fois l’innocence adolescente et la violence de la maturité. Les mélodies que propose le rappeur sonnent comme des comptines, sa voix ne dégage aucune expérience de la vie, donnant alors à ses textes toute leur efficacité. A vrai dire, intégrer l’univers que dessine Nusky ne se fait pas naturellement pour qui n’en est pas familier. On y mange des bonbons comme on y avale des para, on se balade en toute tranquillité dans une ville qui explose de toute part. Après « Gabrielle Solis » et l’excellent « Super-héros », Nusky se fait réellement force de proposition et tous les espoirs sont désormais permis concernant son album, qui pourrait avoir des allures burtoniennes.

Pour Sly Johnson, la musique est un voyage, un vol long-courrier qui n’a eu cesse de le faire planer sur des paysages lointains. Des standards d’Otis Redding à la trompette d’Erik Truffaz, sa destination a toujours été déroutante pour les auditeurs. Dernier exemple en date :  Youaresurrounded. Réalisé l’année dernière sous un alias obscur, TAGi & Steven Beatberg, cet album a ponctué une nouvelle étape pour l’intéressé, ses débuts dans la production. Et en cette rentrée, Sly gracie l’auditeur d’un nouvel EP, Silvère, Pt. I, composé de trois morceaux tous aux antipodes dans leurs sonorités. Le premier, “Skin (Buffalo B)”, trouve des thématiques dans l’ADN de son auteur, proches de celles débattues sur des titres comme “La preuve par 3” avec le Saïan Supa Crew ou encore “France” d’OFX. Le deuxième, “Mother”, et certainement le plus réussi, cherche une rédemption quasi chamanique, somme toute assez troublante. Et “Miroir” reflète bien les fêlures d’un artiste effacé ces dernières années. Une première posée avant la sortie d’un nouvel album prévu pour 2019.

C’est l’étonnant freestyle d’un rappeur au parcours jusqu’ici nébuleux. Yudimah a cumulé les pseudonymes et s’est d’abord illustré par un son très influencé par les tendances américaines. L’écho aura pourtant été confidentiel. Ou presque, puisque ces derniers mois, le producteur de musique électronique Uppermost, qualifié de « relève de la French Touch », a eu recours aux flows du rappeur Bordelais. Ce dernier rappe essentiellement en anglais, parfois en français, et a sorti ce 2 octobre son album Energy. La baseline de sa communication ? « Lies won’t last. » Et si les mensonges ne sont pas conçus pour durer (quoi que ?), si les ambiances développées par Yudimah sur ses Soundcloud et Bandcamp sont d’abord vaporeuses, à cheval entre beats modernes et parties chantées, son « freestyle » intitulé « The Team » (justement produit par Uppermost) révèle une capacité d’interprétation et d’engagement dotées d’une énergie propre aux meilleurs kickers. Ses paroles seront qualifiées de moralistes et d’illuminées par les sceptiques. Elles seront caractérisées comme vraies et franches par les convaincus. Dans tous les cas, elles ne manqueront pas de poser question et de prolonger les interrogations du MC. Espérons juste qu’elles ne masqueront pas un corps-à-corps avec le micro qui est trop rare aujourd’hui pour ne pas être souligné ici.

Festival qui fait son trou depuis dix ans dans l’Ouest de la France, En Vie Urbaine fête cette année son dixième anniversaire. L’Abcdr est partenaire de ces festivités et comme en 2017, ça commence par des places à gagner. Les affiches étant plutôt (très) belles et destinées à satisfaire tous les goûts et toutes les générations, il va falloir suivre nos prochains concours. Mais ça commence dès maintenant avec la date du jeudi 11 Octobre. Les vertiges de Pierre C.Sen, les luttes menées en première ligne par Skalpel et les Nike qui kickent de Busta Flex seront à voir en live pour la première des trois grandes dates du festival Niortais. Ne les manquez pas et consultez dès maintenant la programmation complète, histoire d’être autant que nous dans les starting-blocks. À dans une semaine !

En partant vivre la moitié de l’année à Atlanta en 2015, le DJ et producteur français Brodinski réalisait un rêve : celui de s’échapper de la musique électronique pour se plonger au coeur même de l’épicentre actuel du rap américain. Trois années plus tard, le pari tient toujours ses promesses : hyperactif en ville, Louis Rogé semble toujours plus affiner son identité sonore – entre froideur trap et soupçons électroniques – au fil des collaborations avec de jeunes pousses de la ville, inconnues du grand public, mais pour beaucoup très prometteuses. C’est l’impression que l’on ressent en tout cas à l’écoute de Drug Money Worldwide, nouvelle mixtape réalisée en compagnie du label local Drug Money Records, et dans laquelle Brodinski fait à nouveau se rencontrer jeunes rappeurs d’Atlanta et belles figures du beatmaking à la française. En plus de ses propres morceaux, le Rémois convie ainsi Myth Syzer, Ikaz Boi, Myd ou 8tm pour accompagner (entre autres) les rappeurs de Young Slime Life, collectif originaire du quartier de Cleveland Avenue et affilié à Young Thug, lui aussi originaire du même coin. Un résultat long de 20 morceaux entre urgence propre à la ville et expérimentations sonores sous influences électroniques qui redonne un beau coup de fraîcheur au rap de rue d’Atlanta.