Sidekicks

Waahli, NON Genetic, Pigeon John, A State of Mind (ASM), Blake Worrell, Youthstar, Chill Bump et last but not least le multi-champion DMC DJ Netik : il faut presque huit minutes pour caser cette belle brochette d’invités dans le clip, réalisé par HOTU, du bien nommé « Smokid All Stars ».

Une carte de visite des plus prometteuses pour annoncer la sortie du deuxième album de Smokey Joe & The Kid, Running to the Moon, après Nasty Tricks en 2013. Le duo bordelais, lauréat entre-temps du FAIR 2015, s’est fait plaisir puisque parmi les autres invités du disque figure le légendaire Fred Wesley himself. En attendant de mettre la main sur ce LP, on peut télécharger gratuitement plusieurs de leurs créations, dont un remix du « Intergalactic » des Beastie Boys infusé aux Blues Brothers.

Apparemment, Schoolboy Q écoute nos podcasts. Récemment, au cours d’un épisode de NoFun, nous regrettions la trop longue absence du Black Hippy, ce dernier s’étant fait rare depuis la sortie de Oxymoron au début de l’année 2014. L’autre « homme au bob » est de retour avec « Groovy Tony » et nous rappelle, si besoin était, qu’il n’y a pas que Kendrick chez TDE. Compte tenu du tweet de ce dernier, il y a fort à parier que Schoolboy Q nous livre très prochainement de nouveaux titres (voire un nouvel album, soyons fous).

Lors de notre dernière entrevue avec Orelsan, on lui avait dit tout le bien que l’on pensait de Claude, pote d’Orelsan et Gringe présents sur tous les projets des Casseurs Flowters. Dans Comment c’est Loin, le film d’Orelsan, il est responsable des scènes les plus drôles. Tellement important qu’il a trusté une place au sein de la bande originale avec l’ovni « Xavier ». Un morceau qui ne ressemble à aucun autre dans lequel Diamond Deuklo, le nom de scène de Claude, cite pêle-mêle la marque Atemi, Quincy Jones, le Bombay Sapphire, les Gremlins, Michael J. Fox ou encore Youssouf Fofana. Un titre atypique qui a désormais son clip réalisé par Orelsan et Christophe Offenstein.

Alors que son EP Dégénération est disponible depuis février, Jeune G vient de sortir une petite gourmandise, sur une face B de Kendrick Lamar. Des huit pistes de l’album untitled unmastered, c’est à la numéro deux, signée Cardo, et au saxophone de Terrace Martin, que le très confidentiel rappeur parisien a choisi de s’attaquer. Il s’en sort plutôt bien, et fait preuve d’un certain sens de la formule par quelques lignes particulièrement bien senties – « Chacun son heure de gloire la mienne est loin devant, chacun son chemin de croix, je suis en plein dedans » – et une interprétation très théâtrale dans le second couplet. Il est question d’un ennui grisant et du temps perdu, de poumons noircis et de sentiments morts. Cette ambiance est exactement celle régnant sur Dégénération, musique de Paris, ville lumière éteinte.

Ils sont originaires de Lyon mais ont décidé de s’appeler LUTĒCE. Ils ont rencontré King Doudou lors d’une session studio avec Lex Luger. Ils entretiennent savamment le mystère autour d’eux mais les morceaux distillés ici et là nous laissent penser qu’ils ont développé une formule qu’on a envie d’entendre plus souvent. Leur nouveau titre est excellent, il s’appelle « Virage » et est à écouter en avant-première sur l’Abcdr.

Sorti en février chez Welsh Recordz, Amoco Cadiz enquille les énumérations. Et chacune d’entre elles lestent un peu plus le corps de l’humanité, en plein naufrage si l’on en croit le corbak’ de Montreuil. Mais inutile de faire de lui un oiseau de mauvaise augure ou un déclinologue. Sur des productions samplées d’Azaia, de Mr Stereo, du Parasite ou encore de Star Propaganda, les couplets de ce nouvel EP du Sept décrivent à coup de séries d’assonances un monde mutant. Huit pistes durant, ça torpille les coques, celles du jusqu’au boutisme et de l’indifférence qui peuplent les villes, virtuelles ou réelles. Il y a ici une avarie de gouvernail en vue, comme pour le supertanker en perdition face à la pointe bretonne qui a donné son nom à ce vinyle, aussi disponible en digital. Du choc pétrolier au choc de voir des romans d’anticipation se réaliser, la voix sépulcrale de Sept synthétise quarante ans de dérives et fait frissonner une planète qu’il promet bientôt interdite. Dans les années soixante-dix, la France se rassurait de ne pas avoir de pétrole en se disant qu’elle avait au moins des idées. Aujourd’hui, elles sont noires. On a déjà fini de se marrer.

« Nouvel album – septembre 2007 », voilà ce qu’on pouvait lire dans le livret d’HistorHIFIque, mixtape rétrospective d’Hifi sortie chez 45 Scientific au printemps 2007. Vous connaissez l’adage : « tout vient à point à qui sait attendre ». Et la cuisson du retour du rappeur parisien semble arriver à son terme. Après avoir lâché « Babylone Système », premier extrait de Plus rien à perdre, plus le temps de prouver, on retrouve ici Hifi en compagnie du toujours cool A2H (dont l’album Libre sort le 15 avril) pour un Exercice de Style de haute facture. Et si vous voulez savoir ce que nous mijote le grand cuisinier de la rime, ne vous inquiétez pas : l’Abcdr a déjà les pieds sous la table.

On vous parlait il y a quelque temps de Jovi, rappeur et producteur camerounais. Après la sortie de son EP Bad Music lancé en mars dernier et proposé en avant-première sur le site de l’Abcdr, il revient cette fois-ci à la production avec le deuxième volet du projet The Prelude du rappeur Pascal, membre de son label New Bell Music. Proposé en téléchargement gratuit via la plateforme Bandcamp depuis le 1er avril, cet EP raconte la quête vers les sommets de ce jeune rappeur et la persévérance qu’il faut pour y arriver. A découvrir plus haut.

Voilà une quinzaine d’années que Shone porte haut les couleurs du Ghetto Fabulous Gang. Le catalogue du collectif est impressionnant, et le rappeur clichois, qui en est naturellement devenu la figure de proue depuis la retraite d’Alpha 5.20, semble déterminé à l’agrandir encore. Son nouveau morceau, « Wouh ! » vient de sortir, mis en images par T-MBA Prod. L’atmosphère est sombre, le rappeur s’y remémore une jeunesse passée « à quatorze étages d’un four ». Fidèle à son style de toujours, 501 cartonné, lunettes noires et textile Ghetto Fab’, Shone livre un morceau authentique et soigneux. Jus de bissap dans un verre en cristal. Sur une production d’outre tombe, il convoque Bob Marley et Master P, partagé entre les aspirations immatérielles du premier et la fortune du second.

La star du renouveau Grime est de passage dans la capitale française le jeudi 7 avril. Ce style de rap anglais n’a jamais été aussi en vue depuis que Skepta s’est offert une seconde carrière, cooptée par les dieux vivants Drake et Kanye.  Et Stormzy est le premier nom qui vient quand on parle de la nouvelle génération de puncheurs grimés venus d’Angleterre. Le plus efficace, le plus affamé.

Entre Eski Beat originel à la Wiley-Kano-Dizzee et rapprochement avec le rap US actuel, ce jeune fou de 22 ans en parait dix de plus tellement sa voix porte. Sa tête dépasse toujours de quelques centimètres au dessus d’une mêlée de survêts Adidas. Il est leur meilleur représentant, entre hargne et humour, il parait à la fois sage et survolté. Chaque ligne qu’il assène transpire le feu et l’humidité des caves londoniennes, sièges des radio pirates et de leurs freestyles interminables et légendaires. Pour résumer : Stormzy est un héros.

C’est ce charisme extrême et cette énergie rare qu’on a très hâte de voir sur scène pour son premier passage à Paris. Pour l’occasion, nous avons des places à vous faire gagner sur Facebook. Venez et faisons tout ensemble pour que l’ambiance des petits clubs surpeuplés de Shoreditch se transporte dans notre fameuse Bellevilloise.