Sidekicks

Une vraie bonne nouvelle : la Red Bull Music Academy s’arrêtera cette année à Paris. Présenté par le New-York Times comme « le festival de musique le mieux pensé » (tout simplement), il accueillera un mois de concerts, soirées et autres conférences. Les studios d’enregistrement de la Gaité Lyrique vont notamment rassembler les 61 participants, issus de 37 pays différents, d’une édition hautement éclectique. Parmi cette foule bien choisie, on retient notamment le passage du producteur, batteur et compositeur disco Cerrone, Para One, Onra, Oxmo Puccino ou le légendaire Mr. Oizo. Début des hostilités le 25 octobre. Le site dédié – et bien foutu – donne le détail de toutes ces réjouissances.

Cédons volontiers à la phrase d’accroche clichée dès qu’il s’agit d’un artiste Westcoast aux forts accents G-funk : oui, le nouvel album Can’t Be Faded Vol. 1 de Polyester The Saint saura prolonger votre été et son concert ce vendredi 18 septembre à 21h promet de valoir toutes les séances d’UV imaginables pour combattre la grisaille de la rentrée. Si vous n’êtes pas encore familiers avec l’univers de ce rappeur/producteur de Los Angeles, sans doute le plus digne héritier de DJ Quik parmi la jeune génération californienne, on vous conseille de regarder la mini auto-interview ci-dessus et d’aller lire notre portrait. C’est la toute première fois qu’il se produira en solo chez nous, en l’occurence à l’invitation de BLACKelHit, label du Franco-congolais Sinbris qui assurera la première partie. Et vous pourrez même dîner sur place, puisque Le Trac, ouvert il y a un an par l’équipe du Djoon en plein coeur du quartier moderne de la BNF, fait aussi restaurant et bar à tapas. Bref, le plan parfait pour vous chauffer avant de nous rejoindre au Nouveau Casino pour notre soirée Ice Cold #4.

18€ en prévente – 20€ sur place.

Nous vous parlions il y a peu d’Ypsos, à l’occasion de son clip « Muggsy Bogues », en pensant alors que ce titre était extrait d’un album solo qui ne sortirait pas avant la fin de l’année. Comme dirait Jack Slater : « Monumentale erreur ! » 10ème étage sera en réalité disponible en digital dès le 28 septembre. Ce projet de 14 titres sortira sur le label Wakos Music et comprendra des collaborations avec son groupe Ligne 81, J.Keuz et Tonino, sur des productions de John-Z, Le Seize, Rob, Turtle Master et Astronote. Ce dernier, que connaissent bien les amateurs de rap orléanais, de la Bankai Fam et/ou de Kendrick Lamar, est l’auteur du beat aérien d’« Entre les rimes », le troisième extrait du nouvel album d’Ypsos, mis en ligne aujourd’hui.

Il fait désormais pleinement l’unanimité, jusqu’à faire (quasiment) oublier les railleries qu’il avait suscité à l’époque de sa sortie. Aujourd’hui, Première Consultation est un grand classique, reconnu et célébré. La célébration des classiques organisée à La Bellevilloise vendredi 25 septembre fera la part belle au ‘sieur Bruno. L’ex-gynécologue du dix-huitième assurera un showcase centré sur les jours heureux de cette Première Consultation. Un grand moment nostalgique en perspective et une (re)plongée dans un album qui comportait déjà tous les traits du personnage : « l’arrogance flegmatique, le ricanement désenchanté et la mise à distance du rap. » Dabeull, Arthur King et Uncle T viendront compléter le tableau avec un gros DJ Set. Une fois n’est pas coutume, on offre des places pour cette soirée sur notre page Facebook. Les photos de Vanessa, Bérégovoy et Roger Milla sont de rigueur.

Il n’est peut-être pas nécessaire de s’attarder sur Man plans, God laughs, dernier album studio de Public Enemy : à la première écoute (distraite), il semble se ranger parmi les moins bons opus du groupe. Mieux vaut s’écouter Chuck D, Bring the Voice, la mixtape de Bachir et Slurg… Ceci dit, on peut quand même signaler la sortie, en tout un tas de versions plus ou moins fournies, de leur Live From Metropolis Studio. C’est le résultat d’un concert — enregistré et filmé donc — donné en août 2014 (vingt-sept ans après le London Invasion Tour de 1987 qui les fit connaître), dans une petite salle londonienne, mythique par sa petite taille (125 places). Le Guardian avait donné un compte rendu assez moqueur, mais en fin de compte plutôt élogieux de cette drôle d’expérience, désormais accessible au grand nombre.

Sortira ? Sortira pas ? Après plusieurs semaines de doute et de promotion surprenante, le deuxième album de Jay Rock, 90059, verra bien le jour cette année. Mieux : déjà disponible en digital depuis ce vendredi 11 septembre, il sortira en version physique le 18 septembre. Les premières écoutes de cet album concis – onze titres – sont plutôt réjouissantes. Parmi les bonnes surprises, un nouveau titre entêtant avec le Black Hippy au complet, « Vice City », où Kendrick Lamar, Ab-Soul et ScHoolboy Q viennent prêter main forte à Jay Rock, renforçant son image de pilier au sein du label TDE. Et l’un des autres morceaux de ce nouvel album, « Fly On the Wall », est produit par un Français, AAyhasis. Autant de raisons de jeter une oreille à cette nouvelle sortie d’un des labels les plus attrayants du rap américain.

Il faut le voir, dans la vidéo ci-dessus, s’exclamer « I tell you, it’s hip-hop! » pour comprendre. Il n’y a certes qu’un rappeur invité (Supernatural, sur le morceau-titre) sur Days of Freeman, nouvel album en date du saxophoniste James Brandon Lewis. Mais c’est tout l’album qui, avec les moyens du jazz (un trio saxophone – basse – batterie des plus classiques), est traversé par une vibe hip-hop, comme l’explicite le descriptif de chaque morceau contenu dans la pochette. Un morceau dérive des Digable Planets, le suivant d’une phrase de Q-Tip sur Midnight Marauders, et Pete Rock & CL Smooth ou les Leaders of the New School côtoient Don Cherry. « Unarmed with a mic », James B. Lewis est en revanche parfaitement équipé pour tout le reste, lui qui a composé et arrangé la quasi-totalité d’un disque chaudement recommandé.

Il faut croire que les deux larrons de Hits Alive ont pris leur nom au pied de la lettre. Mayer et Martinezz, fans de films d’horreur et producteurs horriblement doués, viennent de sortir « JCVD » avec Dixon. Depuis son départ précipité de la structure Golden Eye Music, le rappeur séquano-dyonisien semblait faire le mort, ou plutôt le croque-mort, comme l’indiquait son titre « Undertaker ». Sur sa première collaboration avec Hits Alive, Dixon, revanchard, a l’air de revenir d’outre-tombe, revitalisé par l’instrumental tout droit sorti du labo de Victor Frankenstein venant d’être frappé par la foudre. Appuyé par un clip façon grand détournement, mais sauce Jean-Claude Van Damme, le morceau annonce le projet OST : Original Sound Tracks des deux producteurs, et peut-être, sait-on jamais, une collaboration sur le plus long terme avec Dixon.

Chicago n’a pas fini de nous étonner. Entre la vague Drill qui dure malgré ses détracteurs et les succès du crew Save Money, Chance et Vic en tête, on a vraiment de quoi se mettre sous l’oreille. Et voici un nouveau challenger. Clark AirLines est présent depuis quelques années sur la scène locale mais augmente la cadence en 2015 pour conquérir le monde. Sa force : un flow tout terrain et des vidéos léchées très ré-créatives qu’il réalise lui même. Cette science du fun tout-en-un apporte une fraîcheur devenue rare chez les jeunes artistes indépendants. A l’écoute de TrillAir EP, on se dit que le timbre chevrotant de Clark AirLines risque de nous titiller encore un moment. Comme un petit vieux qui nous racontent des histoires grivoises assis sur son banc. On a toujours envie de connaitre la suite.

Après avoir offert un morceau inédit à Stephen Colbert pour la dernière du Colbert Report, Kendrick Lamar était le premier invité musical de la nouvelle émission de l’animateur. Pour conclure The Late Show, le rappeur de Compton a interprété un incroyable medley de To Pimp A Butterfly et en a profité pour donner tort à ceux qui pensent que le rap est forcément ennuyeux quand il est pratiqué avec des musiciens. Une prestation intense qui donne une autre vie à « Wesley’s Theory », « Momma », « King Kunta » et « u ». De quoi patienter avant l’album de Jay Rock.