Le 13 novembre prochain, Oxmo Puccino sortira son huitième album. Entre classiques définitifs (Opéra Puccino), expérimentations soignées (Lipopette Bar) et projets collaboratifs (Au Pays d’Alice), l’ancien membre de Time Bomb affiche une longévité exemplaire et presque miraculeuse dans le paysage rapologique hexagonal. Une carrière que nous avions envie de célébrer en consacrant une semaine à l’auteur de L’Amour est Mort. Rendez-vous lundi prochain ici-même donc et, en attendant, vous pouvez regarder le joli clip de « Slow Life » réalisé par Mat et Shaun.
Sidekicks
Après une belle année à défendre Piñata, son album en commun avec Madlib, Freddie Gibbs a pris une petite pause, le temps de profiter de sa récente paternité. Et Fredrick Tipton a l’air d’un daron comblé (ou presque). Pas de quoi ramolir le rappeur féroce qui sommeille en lui. Après la mise en bouche Pronto, un trois titres concis et brutal, le rappeur de Gary annonce pour le 20 novembre prochain Shadow of a Doubt. Premier extrait de ce nouvel album : « Fuckin’ Up The Count », qui réunit fidèlement tout l’esprit crapuleux et classique de Gangsta Gibbs, cette fois-ci porté par la froideur de la touche canadienne de Frank Dukes et Boi-1da.
Les précommandes sont ouvertes, le projet a enfin une pochette et une date de sortie (le 16 novembre) : SLRA2 : Mémoire de mes putains tristes, nouvel album de Hyacinthe, n’est plus une lointaine chimère. « L’ennui », nouvel extrait, laisse penser que le rappeur parisien continuera de travailler en petit comité (Krampf et Holos Graphein sont derrière les machines quand son compère L.O.A.S est à la réalisation du clip) et d’explorer les mêmes thèmes : errance nocturne, solitude quasi-dépressive et infidélité chronique… Bref, tout ce qu’on aime.
Il fait partie de l’équipe 1500 or Nothin’ et du groupe Cocaine 80’s avec No I.D., a contribué a plusieurs titres de To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar (ah, ces vocalises lasses au début de « Mortal Man »…), et Justin Timberlake lui doit sans doute beaucoup pour la belle réussite de The 20/20 Experience. Et ce n’est qu’une partie infime de son C.V. fourni. James Fauntleroy est sûrement l’un des artistes R&B les plus doués de cette décennie, et pourtant son nom reste confidentiel. Ce n’est pas ce « Love Can Get Scary », glissé sur le net à l’occasion d’Halloween, qui le fera décoller prochainement. Pourtant, sur cette mélodie désespérément cœur-léger, il montre tout son savoir-faire en deux minutes et demie. C’en est presque honteux de penser que ce titre ne sortira pas de la nuée des milliers d’autres postés chaque jour sur Soundcloud. Surtout vu le talent de James : écoutez donc les autres morceaux de son compte pour vous en convaincre.
Elle n’est pas encore très étoffée, la rubrique « musique » du site (qui est aussi une revue papier) Ballast, « revue collective de création politique » dont le triple mot d’ordre est « tenir tête, fédérer, amorcer ». Mais on y trouve déjà des interviews de Brav, Lino et Médine, sans compter Serge Teyssot-Gay, avec lequel on avait échangé quelques mots ici même en 2009. D’autres suivront sans doute, on l’espère en tout cas. (Si besoin, on peut proposer quelques pistes : celle-ci par exemple… ou celle-là…). En attendant, hors musique, il y a beaucoup de bonnes choses à se mettre devant les yeux et dans le crâne en se promenant sur le site.
La semaine dernière avait lieu la première édition des soirées Horizons. Conçue en partenariat avec Yuma Prod, ces événements auront pour but de braquer les projecteurs sur quelques-uns des artistes hexagonaux en qui nous avons envie de croire. C’était le cas de Cleim Haring, rappeur encore méconnu, qui a investi la Maroquinerie pour présenter Soledad, un premier EP qui sortira très prochainement. Une prestation convaincante qui le positionne quelque part entre Mick Jenkins et Grems (promis, c’est possible) et qui a enthousiasmé le public présent. Produit par le surdoué Everydayz (la production de « Mon Soleil » rappelle d’ailleurs Kaytranada et l’équipe Soulection) et mis en images par Valentin Petit, les morceaux de Cleim Haring bénéficient du meilleur habillage possible et devraient réussir à trouver un écho en dehors de sa région lyonnaise. A suivre de près.
Après la sortie d’un premier album mélangeant habilement rap et techno en début d’année, Louis Brodinski continue d’explorer les frontières entre les deux genres avec une nouvelle collaboration sur la côte Est. Cette fois-ci, le Rémois sort d’Atlanta pour une rencontre avec le petit prodige de Washington, Shy Glizzy. Le résultat, « Woah », est un titre délicieusement efficace et foncièrement hip-hop, qui se joue des codes de la musique électronique pour se mettre au service de Shy Glizzy. Et lui donner un second souffle qu’on pourrait qualifier de rafraichissant.
Mick Jenkins s’est fait remarquer avec le maîtrisé The Water(s) et plusieurs vidéos très inspirées. Le rappeur de Chicago est un esthète à la voix prenante, le chaînon manquant entre les visions de Kendrick, la hargne de Vince Staples et les folies douces de Tyler. Il avait d’ailleurs un belle place dans nos révélations 2015. Wave[s], son nouvel EP, franchit un cap. La direction se veut plus ouverte comme le prouve ce « Your Love » rebondissant en collaboration avec un Kaytranada, toujours en forme. Le voici pour la première fois à Paris ce vendredi 30 octobre. Si La Maroquinerie prend feu, Mick Jenkins devrait avoir le volume d’eau nécessaire pour réduire l’incendie dans la nuit. Un tsunami à ne rater sous aucun prétexte, sautez donc sur les dernières places.
Après un premier EP sorti durant l’été 2014, le trio Goussainvillois Nice To Meet You (Deeval et Jos au Rap, Keven Hype au chant) revient contrarier la grisaille actuelle avec la suite de ses aventures ensoleillées. Les femmes et la fiesta toujours en ligne de mire, les 7 titres de ce Chillmatic 2 révèlent un canevas musical riche et audacieux, passant en toute aisance de sonorités laidback façon L.A. (le morceau éponyme voit sa production empruntée à Terrace Martin et invite les patrons du style Driver & Aelpéacha) à des ambiances électro susceptibles d’enflammer le plus réticent des dancefloors (« TFK Ce Soir » sur une face B du duo Disclosure). Une palette de styles hétéroclite qui aura séduit Grems en personne, qui vient de les signer sur son label Salt In Bank et prévoit un long format d’ores et déjà en cours de gestation pour 2016. Le projet est disponible sur French2def.
On aurait pu qualifier l’événement de rassemblement des anciens combattants. Mais on est bien loin du pot de départ (bien) avant l’heure. Sous la bannière No Comments, le New Morning a consolidé un gros cinq majeur avec Specta dans le rôle du meneur de jeu, et Lino, Casey, Kohndo et Nemir pour composer un roster quatre roues motrices digne d’un All-Star Game. Avec DJ Fab et DJ Nels pour ambiancer la partie, plus l’équipée Dark Story Tour (avec notamment Radikal MC, Junior Sy et Foufa) on tient un programme de feu. Ça se passe au New Morning, dans le dixième arrondissement parisien et on offre des places pour cette soirée étoilée sur notre page Facebook. Rendez-vous là-bas si tu veux gratter des invitations.