ADM, émotion collective
Interview

ADM, émotion collective

Jeune rappeur marseillais de 20 ans, ADM sortait son premier long format FALZAR en décembre dernier. Neuf titres faits en équipe pleins d’introspection et d’ambition qu’il nous raconte.

Photographies : Alice Baldjian pour l’Abcdr du Son

L’histoire de cet entretien commence par un simple post Instagram : en octobre 2023, le média La Room, spécialisé dans les talents émergents, partage quelques secondes d’un morceau d’un rappeur marseillais nommé ADM. Dans le flot du scroll infini de la plateforme, le titre, nommé « falzareries », va attirer notre attention pour ses placements habiles, son clip ingénieux avec son éclairage au projecteur dans le noir, et son ambiance nocturne à souhait. Quelques semaines plus tard, un rendez vous important de l’Abcdr du Son arrive alors : celui du bilan annuel du rap français et américain. Parmi les différentes rubriques que la rédaction fait généralement se trouve une petite dernière depuis 2017, l’Abcdr du Fond. Comme son nom l’indique, cette dernière partie de nos bilans vise à mettre en avant chaque année une sortie d’un artiste (encore) confidentiel qui a marqué chaque rédacteur du site. Et au moment de commencer à réfléchir à qui mettre en avant cette année, le nom d’ADM réapparaît. Coup de chance : le jour même où l’auteur de ces lignes repense à cette rubrique, le jeune rappeur marseillais vient de sortir un 9 titres (son premier long format) nommé FALZAR. La curiosité musicale va alors nous pousser à lancer le premier titre, « RED ALPHA », juste pour voir. Le résultat : une belle claque de quatre minutes et trente-cinq secondes, tant musicale que visuelle. 

Seulement âgé de 20 ans, ADM évolue en bande depuis cinq années maintenant à Marseille pour mieux ausculter ce qui le fait vibrer au fond de lui. Tout en apportant un soin particulier à ses placements, son écriture, et ses choix de productions sonores, le jeune rappeur a en effet réussi à relever le pari de composer depuis sa chambre un premier essai aussi personnel qu’aventureux dans ses sonorités. On y entend ainsi à la fois des moments de rap dans leurs formes les plus pures (« LES SECRETS D’ULYSSE ET VAHAN », « TOUT EN SOUPLESSE ») des grandes envolées émotionnelles et planantes (« NEO NOSTALGIA », « DEGUN QUI CAPTE ») ou même des escapades techno (« MOLESKINE », « RAZ DE MAREE SPORTO KANTESQUE ») tout en découvrant la personnalité du jeune marseillais, autant positif lorsqu’il évoque son entourage et son amour de la musique, que pessimiste lorsqu’il se livre à des phrases sur le monde qui l’entoure. 

Encore aux balbutiements de sa carrière, ADM arrive finalement avec FALZAR à développer, dès son premier essai, un vrai univers musical et visuel avec sincérité. Une belle prouesse qui a donné envie à l’Abcdr d’aller plus longuement discuter avec ce dernier. Pour découvrir un peu plus la mentalité du Marseillais. Et (aussi) comprendre pourquoi il a utilisé le mot « falzar » pour nommer son premier long format. 


Abcdr du Son : Comment es-tu entré dans le monde du rap ?

ADM : J’ai grandi à Marseille et ça fait environ cinq ans que je rappe. Je n’ai pas commencé directement à faire des sons mais je suis plutôt d’abord passé par la case écriture. Et j’ai surtout d’abord été auditeur. J’ai grandi dans un environnement où la musique était assez omniprésente : mes parents m’ont transmis leurs goûts musicaux, plutôt axés sur le rock, la variété. Et c’est à partir du collège quand j’ai commencé à faire mes propres recherches et à écouter mes propres trucs que j’ai eu une révélation avec le rap. Quand tu es en 5eme, que ton sac à dos est plus grand que tes épaules et que tu te prends « Gédéon » de SCH, dans ta tête, ça te remets les idées en place. Et par mimétisme je me suis d’abord dit : « Pourquoi je ne pourrai pas essayer d’écrire des trucs moi aussi ? ». Donc j’ai commencé à écrire. Et la suite logique, c’était d’essayer de poser sur une instru. Donc je suis allé en chercher sur YouTube, et je me suis fait kiffer. C’est comme ça que j’ai commencé, à la fin du collège / début du lycée, avec mon cousin LA¥EN, qui apparaît sur mon dernier projet. C’est comme mon frère pour moi, on a le même âge. 

A : Tu as quel âge, d’ailleurs ?

ADM : J’ai 20 ans, lui aussi. On a commencé à faire ça ensemble, un peu pour déconner. Et surtout il m’a initié à pas mal de choses : il était à fond sur les Rap Contenders, et il me montrait pas mal d’extraits. Et quand je voyais ça, je me disais « Wow, ça claque ». Donc le rap et l’écriture c’était devenu notre truc à nous, on se disait : « Vas y, on se fait kiffer », on écrit et on rappe nos trucs”. Donc quand il y avait les dîners de famille on montait dans la chambre, et on se rappait ce qu’on avait écrit sur des instrus. C’était vraiment des supers moments.  

A : Tu parlais de SCH. Tu te souviens des premiers artistes qui t’ont marqué ?

ADM : J’ai commencé à écouter du rap au début du collège, donc je me suis aussi pris Nekfeu. J’écoutais “On verra” comme tout le monde, une grande partie des gens de mon âge ont des souvenirs rattachés à ce morceau, tout comme « Ma dope ». Et à côté de ça j’avais une petite fierté d’avoir découvert SCH avec des potes. C’était à l’époque de son morceau en solo sur R.I.P.R.O 1 de Lacrim. [« Millions », en 2015 ndlr] Il n’avait pas la même ampleur en termes de public et d’audience que Nekfeu à ce moment-là, un pote à moi m’avait montré le clip. Sa dégaine, comment il posait c’était trop puissant. En plus de ça il venait de Marseille, donc je m’identifiais un peu. Les deux plus gros coups de cœur que je me suis pris dès le début avec le rap, c’est SCH et Nekfeu.

A : Tu revendiques beaucoup la ville de Marseille dans ta musique. Pourtant, ce que tu fais ne sonne pas forcément “Marseillais” à proprement parler. C’est un choix de ta part ?

ADM : Comme tu peux l’entendre, je n’ai pas d’accent marseillais. Quand je suis sur Paris et que je dis aux gens que je viens de là-bas, on me dit « Quoi ? Mais tu n’as pas l’accent marseillais ». Alors qu’en vrai, à Marseille, tout le monde n’a pas l’accent. [rires] Mais c’est vrai qu’en grandissant je suis devenu super fier de cette ville parce que j’ai appris à la connaître, notamment musicalement. Ce qui ressort beaucoup de Marseille, notamment avec la bombe qu’a été « Bande Organisée » , c’est que le rap en ville, c’est beaucoup ça, des sons plutôt d’été. Alors qu’en vrai, il y a de plus en plus de rappeurs qui ne font pas que ça. Et puis, dans ma manière de vivre en ville, je suis quelqu’un de très casanier, je ne vois pas tant que ça la mer par exemple. Donc peut-être aussi que je ne suis pas dans ce côté-là de la musique marseillaise assez festive. L’autre chose, c’est que j’ai aussi vécu un an à Paris dans le 93. Le côté mélancolique et hivernal qu’il y a parfois dans mes morceaux, c’est peut être aussi ce que j’ai aimé en vivant là-bas et qui ressort dans mes morceaux. 

A : Derrière le mainstream marseillais, il y a toute une scène avec des gens qui font des choses différentes ?

ADM : Carrément, même si le son Jul est la vitrine de Marseille, et c’est super positif. Parce qu’au final c’est un son qui a sa particularité, et on est beaucoup à le kiffer, moi le premier. Mais c’est vrai qu’ il n’y a pas non plus que ça. Je pense notamment à deux grosses têtes là comme-ça, Zamdane et Stony Stone. Pour les artistes comme ça en ville, j’ai l’impression que le chemin n’est pas… je ne dirais pas plus dur, mais ça va être un autre chemin à emprunter, qui va être peut être un peu plus long.

« Falzar, c’est pour évoquer le fait-maison. Parce que en vrai, on fait notre son dans notre chambre. »

A : Il y a autre chose qui a l’air important pour toi, c’est le collectif : dans tes paroles tu cites les noms d’autres rappeurs, producteurs, graphistes qui gravitent autour de toi. Comment s’est formée cette bande ?

ADM : J’ai d’abord commencé à écrire avec mon cousin, on rappait dans nos chambres et ensuite on se filmait avec une enceinte JBL en fond. Au début du lycée, j’ai rencontré un pote de potes qui faisait des prods, et cette personne s’appelle Théo. Il m’a un jour invité à faire une session chez lui, et j’y suis allé : je me rappelle qu’il était sur FL Studio sur iPad, pour te dire d’où on partait. [sourire] C’est devenu un super pote et on a continué à faire ça. Au lycée, j’ai ensuite rencontré Lotso et Kayn, qui sont aussi sur mon dernier projet, et qui ne rappaient pas du tout à la base. Et le confinement est ensuite arrivé : on était tous chez nous, on a tous investi dans du matos, carte-son, micro sur l’ordi des parents, et on se faisait nos maquettes. Et c’est là qu’on a commencé à se dire : « Les gars, quand on va sortir du confinement, on va pouvoir faire des sons ensemble ». Et c’est ce qu’on a fait après le confinement. Théo nous faisait des prods et nous mixait, un autre cousin à moi qui s’appelle Chulo avait plus un rôle de directeur artistique et chapeautait un peu tout ce qu’on faisait. Entre-temps, on a aussi été rejoint par des gens qui travaillent dans le visuel et la photo, comme L’Enfant Soleil ou Alice Baldjian. Et au final on était juste une bande de potes qui faisait de la musique ensemble. Je pense que faire de la musique ensemble, avoir été en collectif, ça nous a fait progresser à une vitesse monstre. Parce qu’il y avait un truc de partage et c’est vraiment comme ça que je conçois la musique : c’est du partage et ça ne peut pas être autrement.

A : Et donc cette bande s’appelle ÇASKAPT? ?

ADM : Oui c’est ça, ÇASKAPT?. Quand on se voyait on était sans arrêt en train de se dire « Bon ben, ciao à la prochaine, ça se capte ? » [sourire] On se voit pour faire du son, écouter de la musique, parler de cinéma, discuter de tout… C’est vraiment une bande de potes qu’on a voulu transformer en une association, pour pouvoir éventuellement développer des projets dans un futur proche. 

A : Tu as commencé à sortir des EPs et des single en 2022/2023, mais FALZAR est ton premier format long. Comment est-ce qu’il est né ?

ADM : Théo, avec qui j’ai commencé à faire de la musique, a été pris par ses études, et il avait beaucoup moins de temps pour faire de la musique. J’ai vécu un an sur Paris, et en rentrant j’ai rencontré deux producteurs qui s’appellent NAIRDA et KHVMU. Et la rencontre de ces deux personnes a été un peu un déclencheur, qui m’a fait me dire que le moment était peut-être venu d’arrêter de se reposer sur des typebeats pour faire notre propre musique, faire quelque chose qui nous est propre. On a alors fait le morceau « RED ALPHA » et c’était la première fois que je faisais un morceau poussé comme ça. Et je me suis alors dit que j’avais envie de faire un projet beaucoup plus abouti, où on fait tout en équipe de A à Z, que ce soit la production, le mix, l’image. Suite à ça, j’ai continué à faire des morceaux toute l’année 2023, en gardant ça en tête : c’est nous à la prod’, c’est nous à la composition, c’est nous aux visuels, on fait tout nous-même. Et ça a été un peu un accomplissement pour tout le monde, parce que c’est vraiment notre projet au final. D’ailleurs je n’arrive pas à te dire « je » en en parlant parce que je ne suis pas seul dessus, on l’a fait tous ensemble, et c’est super important d’appuyer là-dessus.

A : Je suis forcément obligé de te poser la question : pourquoi avoir nommé cette sortie FALZAR ?

ADM : [Rires] Falzar, c’est pour évoquer le fait-maison. Parce que en vrai, on fait notre son dans notre chambre. Tu es en falzar dans ta chambre, et tu fais les sons. C’est aussi bête que ça. Et même si c’est fait-maison, même si c’est totalement spontané, on peut aller loin dans la musicalité et faire quelque chose de peaufiné. Mais oui c’était pour signifier que c’est la musique qui a été faite dans nos chambres. 

A : Ce qui m’a aussi frappé dans FALZAR, c’est qu’il y a une vraie couleur globale assez nocturne, introspective. C’est propre à cette sortie ? Ou à ta musique en général ?

ADM : Je dirais que c’est propre à ma musique en général. Je suis toujours en recherche et en tâtonnement sur l’identité de ma musique mais c’est vrai que sur FALZAR j’ai l’impression d’avoir vraiment laissé parler le vrai moi, l’humain que je suis, qui vit dans un monde qu’il découvre au fur et à mesure des jours. Je ne peux pas m’empêcher de lâcher des « 1304 » dans tous les morceaux parce que je suis toujours dans ce foutu 4ème arrondissement à faire du son dans ma chambre, à casser les oreilles de mes darons en dessous, et c’est vraiment mon quotidien que je dépeins. Et la musique me permet de me découvrir aussi. Ça sert aussi à ça : découvrir d’autres parties de soi. 

« C’est cool de se faire kiffer à faire du son, mais il y a quand même une autre finalité un peu plus préoccupante : qui est-ce qu’on est, et où est-ce qu’on va ? »

A : Dans ton écriture, il y a pas mal de petites phrases politiques et sociétales. Tu parles de ministres, de l’extrême droite, de la police. C’est quelque chose d’important pour toi ? 

ADM : Je suis passé du lycéen qui fait de la musique en mode « C’est cool » à quelqu’un qui a pris conscience qu’on est dans un monde qui est compliqué. Au-delà de parler de moi, de ce que je ressens et de qui je suis, il y a aussi des trucs dont je me suis rendu compte sur notre société. Et c’est peut être bête de dire ça, mais il y a une forme de conscience qui est un peu rentrée en moi. Et ça se traduit dans mes textes par des doutes, de la peur, des questions sur l’avenir, ce qu’il va se passer… C’est cool de se faire kiffer à faire du son, mais il y a quand même une autre finalité un peu plus préoccupante derrière quoi : qui est-ce qu’on est, et où est-ce qu’on va ? En grandissant, je me suis aussi politisé, et il y a des trucs qui font un péter des plombs. Je ne veux pas prendre une position de porte-parole, ce n’est pas mon rôle, mais je suis sincère dans ma musique. Et si je veux rester sincère, je ne peux pas rester neutre par rapport à certaines choses et faire comme si de rien n’était. Donc oui, il y a certaines balles perdues à certains ministres. Il y a de l’introspection dans ma musique, mais il y a aussi de la colère. Et je sors tout ça de manière vraiment spontanée, encore une fois.

A : Il y a aussi de l’optimisme quand même sur FALZAR. Notamment sur un morceau que j’ai trouvé touchant, « INTERLUDE NRD ». Tu remercies les gens qui sont autour de toi pour ce qu’ils t’apportent. Tu ne te complais pas non plus dans du rap nocturne triste. 

ADM : C’est très juste ce que tu dis parce que cette touche d’optimisme, je la dois au collectif, et je ne vais pas faire semblant : je ne suis pas malheureux. J’ai grave d’espoir en nous, notre collectif, et sur le fait que les choses peuvent bien se passer. Donc je ne vais pas trafiquer mes sons pour leur donner une fausse couleur de tristesse que je ne vis pas au final. Ce morceau servait à ça : dire merci aux rencontres que j’ai faites, parce qu’elles m’ont fait comprendre que ce que j’aime, c’est faire de la musique. Et au-delà de ça, merci pour ces moments qu’on a la chance de vivre ensemble. Même si sur certains sujets, notamment politiques et sociaux, je suis pessimiste, ça ne fait pas de moi quelqu’un de malheureux. J’essaye de saisir les bons moments et d’en faire aussi de la musique. 

A : Sur le premier morceau de FALZAR, tu désamorces direct quelque chose : les comparaisons avec BB Jacques. On t’as déjà dit que tu sonnais comme lui ?

ADM : [Sourire] On m’a déjà dit ça oui. Mais je ne l’ai évidemment pas pris comme quelque chose de négatif, parce que quand on l’a vraiment vu émerger il y a un an, je me suis pris ma tarte et j’ai poncé sa musique. Donc oui ça se ressent dans ce que je fais, je suis une éponge de tout ce que j’écoute, je ne peux pas m’en cacher. On m’a même dit que physiquement, avec la barbe, si je mettais des lunettes, j’étais BB Jacques. [rires] Donc cette phrase sur le premier morceau, c’était plus un clin d’œil et une réponse pour rigoler à mes potes qui me disent ça. 

A : Dans ta musique, tu donnes l’impression d’avoir autant envie de bien rapper que de faire de belles prods : tu laisses parfois de la place aux productions pendant 30 ou 40 secondes sans qu’on t’entende. J’ai aussi l’impression qu’il y a une recherche de musicalité dans ce que tu fais.

ADM : J’aime vraiment trop le fait de faire une prod’ et de prendre une tarte uniquement à cause de celle-ci, sans personne dessus. C’est pour ça que quand je parle des morceaux, je dis souvent “on” : parce qu’on est plusieurs dessus, ce n’est pas que moi. Certaines prods qu’on a composées avant que je fasse le son, pour être honnête, elles me faisaient peur. Parce que je n’avais pas envie de les abîmer. Et c’est un sentiment intéressant, parce que ça te pousse à te dépasser. Je pense aux morceaux « MOLESKIN » et « DEGUN QUI CAPTE » : je n’avais jamais posé sur des morceaux comme ça [« MOLESKIN » sonne techno, « DEGUN QUI CAPTE » électro puis cloud, ndlr] et j’étais content d’être capable de me challenger et d’arriver à poser dessus. On voit de plus en plus de projets communs entre rappeurs et producteurs, notamment dans la nouvelle génération, et c’est vraiment super. Allons à fond là dedans, parce que ça a trop été occulté pendant des décennies. Faisons les sortir de l’ombre, ils ont tout autant de mérite que les rappeurs. C’est super important pour moi en tout cas. 

A : Il y a aussi une envie de sortir du rap parfois dans tes morceaux. Sur FALZAR, j’ai entendu de l’électro, des chœurs presque gospel, de la chanson…

ADM : Je suis une éponge avec tout ce que j’écoute et ce sont mes influences qui ressortent. Si on veut poser sur de la techno ou sur des orchestres, faisons-le. On ne se met pas de barrière, on fait juste la musique qu’on aime. C’est vraiment une chance de pouvoir faire ça, il faut vraiment remercier le rap d’être devenu aussi accessible et ouvert, même si ça a aussi emmené d’autres défauts. On a des influences qui n’ont rien à voir avec le rap mais ça peut totalement apporter quelque chose, que ce soit dans les compositions, les textes ou juste la manière de poser. Et ça fait du bien aussi de respirer, d’amener d’autres choses, c’est enrichissant pour faire progresser notre musique. 

« C’est vraiment satisfaisant d’avoir pu réaliser ce projet comme on l’imaginait, en famille, avec des gens que j’aime, et de voir que ça peut toucher des gens extérieurs à ça. »

A : L’autre chose importante dans ce que tu fais c’est l’aspect visuel. Notamment le clip de « RED ALPHA ». Sur le morceau, tu parles d’ailleurs du fait de travailler là-dessus. C’est quelque chose d’important pour toi l’image ?

ADM : C’est vrai que dans « RED ALPHA » je parle du fait de bosser sur notre image. On n’a pas tout de suite eu l’idée de clipper « RED ALPHA ». C’est L’Enfant Soleil, qui m’a écrit 4-5 mois après qu’on l’ai fait en me disant « Non mais là, il va falloir faire un clip ». Et il avait envie de faire un vrai clip, avec une équipe, une prod, des figurants, 25 personnes qui étaient des gens de son école de cinéma. Et encore une fois, c’est du fait maison, on n’avait pas de budget. On a quand même sorti un petit millier d’euros de nos poches, mais on ne pensait jamais atteindre un tel niveau de réalisation avec les moyens avec lesquels on est partis. Ce qu’il faut dire c’est que L’Enfant Soleil est un dégourdi, il est vraiment trop fort : il a réussi à nous dégoter gratuitement un château qui coûte plusieurs milliers d’euros la location pour la journée. Il est allé voir le propriétaire plusieurs fois, l’a relancé, et lui a expliqué qu’on n’avait pas le budget habituellement demandé. À force, le propriétaire a fini par lui dire : « Bon tu viens m’aider débroussailler dans le jardin et je te le file pendant une journée gratos ». [sourire]

A : Sur ce même morceau « RED ALPHA » tu dis : « On a passé un step, 21/12, release de notre vie ». FALZAR, c’est vraiment l’aboutissement de tes premières années dans la musique pour toi ?

ADM : FALZAR, c’est vraiment quelque chose dont je suis fier à 100% et que j’irais défendre auprès de n’importe qui. Que ce soit des gens qui n’en ont rien à foutre, ou qui ne connaissent pas du tout le rap. C’est moi et c’est nous dans ce projet et j’en suis super fier. On en revient à ce que je te disais tout à l’heure : on a relevé le pari de se dire « On fait ça tous ensemble, on fait ça maison, et ça parlera à des gens ». Et pour moi, le pari est réussi. On a tellement mis de cœur dans ce truc, que maintenant, je suis heureux de me dire que si je dois me présenter et montrer ce que je fais, j’ai FALZAR. C’est vraiment satisfaisant d’avoir pu réaliser ce projet comme on l’imaginait, en famille, avec des gens que j’aime, et de voir que ça peut toucher des gens totalement extérieurs à ça. C’est maintenant que les choses commencent, et c’est maintenant qu’on sait ce qui nous fait kiffer. 

Fermer les commentaires

1 commentaire

Laisser un commentaire

* Champs obligatoire

*

  • Anne,

    Bravo Arnaud ! Je suis très heureuse de lire ce papier sur ta musique, votre musique.