« Vous avez devant vous un homme qui en a marre ; un homme qui n’en peut plus » disait Travis Bickle dans Taxi Driver. Il y a un peu de l’antihéros incarné par De Niro chez Zifsi, rappeur originaire du sud de la France mais ayant pas mal bourlingué. Visiblement lui non plus ne peut plus serrer les dents mais il a choisi, grand bien lui fasse, la musique plutôt que le passage à l’acte. Sur son premier album solo à venir le 14 février, Chromosomes, Zifsi décline, forcément, un rap frontal et franc du collier, contant un quotidien fait de frustration et de haine contenues tant bien que mal. Une œuvre noire, brutale et plutôt intéressante, dont on vous reparlera en temps voulu.
Sidekicks
L’an dernier Bisk avait sorti quatre EP, dont l’excellent Raw Sh!t. Visiblement le Londonien a décidé de garder le même rythme en 2017, et il n’a pas fallu attendre longtemps pour le voir remettre le couvert. Ainsi, Cartunes & Serial, un EP d’une dizaine de minutes entièrement produit par Jack Danz (Defenders of Style), est disponible depuis quelques jours. On regrettera qu’il n’y ait ni tracklist, ni pistes découpées, mais la qualité est comme toujours au rendez-vous.
« Superstition », voilà donc le second extrait de Art Contemporain, prochain album des Sages Poètes de la Rue. Un projet qui comportera onze titres (dont un avec IAM et un autre avec Guizmo) et verra le jour le 24 mars. Un joli morceau de circonstance qui confirme une chose : le retour du trio de Boulbi sera placé sous le signe de l’originalité.
Voir le clip de « Toudanlkalm »
Il y a deux camps dans la vie, celui des gens persuadés que le vendredi 13 porte malheur et celui des plus optimistes. Nous faisons partie de la seconde catégorie et la sortie en ce jour du clip de l’un des titres les plus chauds de l’année 2016 est un argument de plus en notre faveur. Extrait du très bon EP Frapp Musiq, « Toudanlkalm » et sa mise en images nous rappellent à quel point Zekwé excelle sur tous les plans.
L’année dernière a été plutôt bonne pour Morriarchi. Le beatmaker de Sheffield a notamment sorti son premier album solo, Buggzville Sessions, et placé pas mal de productions sur des projets anglais de qualité. Alors pour rendre à 2016 un peu de ce qu’elle lui a donné, Morri a décidé de faire un mix avec le meilleur du meilleur de ces douze mois selon lui, pour le magazine Doin’ Bits. Et autant dire que quand un mec ayant une étrange fascination pour les insectes fait une sélection, les incontournables des dancefloors se font plutôt rares. Durant près de deux heures on fraye donc avec les boute-en-train de Blah Records (Bisk, Danny Lover, Lee Scott, Stinkin Slumrok), de joyeux drilles états-uniens (KA, Conway, Jerermiah Jae, Smoke DZA) et même quelques mecs pouvant décemment être qualifiés de « connus » (Alchemist, Skepta, ScHoolboy Q, Anderson .Paak). Une vision de la musique Hip-Hop certes un peu particulière mais qu’on aime beaucoup.
Plutôt discret en 2016 (un projet avec la chanteuse Jhene Aiko en avril et quelques morceaux), Big Sean nous annonce depuis quelques semaines son grand retour pour 2017 : le natif de Detroit s’apprête en effet à revenir avec un disque solo, I Decided, prévu pour le 3 février prochain. Et il faut croire que le garçon semble avoir pris le temps de bien faire les choses : « Moves », son dernier titre, est d’une efficacité imparable. Sur une production signée 808 Mafia, Big Sean affiche sa technique et son sens des gimmicks (« Damn! God Damn! ») pour un titre définitivement taillé pour les clubs. Avec un clip où on le retrouve en lilliputien sur le postérieur d’une jeune demoiselle.
Il arrive, enfin. Bientôt quinze ans que Les Sages Poètes de la Rue n’avaient pas apposé leur blaze légendaire sur une pochette d’album. Il y avait bien eu ces deux volumes de leurs Trésors Enfouis pour combler quelque peu l’attente des auditeurs, ainsi que les rafraîchissantes escapades solitaires de Pop Dan et Zoxeakopat, mais revoir le trio réuni nous procure évidemment une joie particulière. Le mystère reste toutefois quasi-entier sur les grandes lignes de ce quatrième opus nommé Art Contemporain, dont la production devrait être assurée en grande partie par Zoxea et James BKS. Un très bon premier extrait sorti en 2016, une pochette tout juste dévoilée et une date (le 24 mars), voilà les seules informations à ce jour disponibles sur le retour des papas de la scène boulonnaise. Assez pour nous mettre l’eau à la bouche.
La vie est faite de plaisirs simples. Comme celui d’écouter un nouveau son de Mala par exemple. Dans « OG a dit », le rappeur du 92i « à vie » ne s’éternise pas mais se rappelle à notre bon souvenir : il prépare bel et bien un nouveau projet, le désormais très attendu EP Diamant Noir.
Green Money est un de ces rappeurs auxquels une belle carrière était promise, et qui n’ont jamais su transformer l’essai. Présent sur les deux premiers volumes de Capitale du crime de La Fouine, auquel il fut longtemps associé, Green a livré trois albums et plusieurs mixtapes dans une discrétion quelque peu grisâtre. En 2016 sortait son troisième opus, CDC V, auquel il donnera une suite cette année. De ce disque intitulé Gnosis, le trappiste a révélé trois morceaux dont cet excellent « Himalaya », un titre intimiste, touchant et triste qui n’est pas sans rappeler « Quand je tombe » sur l’album Phantom. Dans un registre qu’il maîtrise à merveille, Green laisse son stylo pleurer toutes les larmes du dope-boy blues. Des larmes qui, bien avant qu’elles soient à la mode de chez nous, glissaient sur la musique de Green Money.
OGB, Sako, S-Pi, Gros Mo… Voici quelques-uns des noms mis à l’honneur dans ce documentaire consacré aux backeurs de vos artistes fétiches. Ils y racontent le rôle de second sur scène, ballottés entre le désir d’entrevoir un jour la pleine lumière et l’acceptation totale de leur condition d’hommes de l’ombre. Une réalisation d’Inès Belgacem et de Matthieu Bidan pour StreetPress.