Sidekicks

En 2013, au détour d’une interview, M24 évoquait en des termes plus qu’élogieux l’écriture d’un rappeur au blaze étrange : UnSaleNoir. Une seule écoute de Pourriture Noble aura suffi pour comprendre qu’il n’avait pas sur-vendu l’un de ses potes. Nous nous étions d’ailleurs empressé dans nos bilans de faire de l’illustre inconnu l’un des rappeurs à suivre en 2014. Mais rien n’est certain quand il s’agit d’écrire un nouveau chemin et les insaisissables n’ont rendez-vous avec personne. UnSaleNoir s’est depuis rebaptisé de son prénom, Jean-Baptiste, et s’apprête enfin à délivrer un nouvel EP. Pas de date annoncée – ce serait trop simple – mais nous n’aurons apparemment pas besoin de patienter bien longtemps. En attendant, délectez-vous des quelques fines herbes parachutées par l’intéressé ces dernières semaines. Déroutant donc attachant, le rappeur d’Elbeuf y confirme qu’il a ce qu’il faut de démence et de lucidité pour s’offrir l’équilibre des bons artistes.

On en parlait depuis longtemps mais c’est désormais officiel : Ill et Cassidy viennent (enfin !) de livrer un nouveau projet. Modus Operandi, EP composé de 8 titres inédits et de 4 pistes instrumentales, est disponible un peu partout et, sans réinventer la roue, fait figure d’apéritif plutôt efficace avant un long format qu’on imagine prévu sous peu. Si Modus Operandi n’est pas le retour triomphal qu’on osait encore espérer il y a quelques années, il rassure sur l’alchimie entre les deux compères. A noter que le duo sortira également un best-of courant novembre.

Il y a vingt ans, Lyon’S et son compère Monsieur R boxaient le petit monde du rap français avec leur maxi Check la Devise. Si Monsieur R s’est ensuite montré prolifique en solitaire, beaucoup ont regretté que le charismatique Lyon’S ait par la force des choses quelque peu disparu des radars, même si plusieurs apparitions bien senties avaient suscité l’espoir d’un retour concret au milieu des années 2000. Ce retour semble désormais sur la bonne voie avec le morceau « Street Soldat » qui fait suite à « S.O.S. » et « Dragons », sortis l’année passée, et confirme que le rappeur du Ménage à 3 prépare enfin un album. Et malgré le temps qui passe, une vérité demeure immuable : le style et le grain de voix du petit lion de la tribu des Mandja sont toujours inimitables.

Le monde de l’electro connait déjà Douster, producteur talentueux qui a déjà participé à quelques-uns des plus gros festivals de la planète et signé des sorties chez Mad Decent et Sound Pellegrino. Le monde du rap devrait rapidement apprendre à se familiariser avec son alter ego King Doudou, celui qui se cache derrière l’instrumental du « Dans ta rue » de PNL. Alors qu’il prépare actuellement une mixtape composée essentiellement de remixs qui devrait lui servir de (nouvelle) carte de visite, le Lyonnais a décidé d’en livrer le premier extrait sur l’Abcdr Du Son. Pour l’occasion, King Doudou a brillamment revisité le « Why You Mad » de Rich Tha Kid, issu de la mixtape Feels Good 2 Be Rich sorti l’année dernière.

Les fausses reprises sont devenues une norme. Pour rendre hommage à un artiste ou un mouvement (ou aspirer son pouvoir nostalgique), rien de mieux que de retravailler un sample, une mélodie qui l’a rendu culte. Nos chouchous Overdoz ne dérogent pas à la règle en proposant leur réinterprétation du légendaire « What Would U Do » de Dogg Pound. Sorti sur la bande originale de Murder Was The Case à la grande époque de Death Row, le morceau prend une toute autre ampleur sous la direction de Terrace Martin & Fred Wreck.

La voix de Kent Jamz nous porte sur la longueur d’une structure très ambitieuse, moins agressive que l’originale mais toute aussi marquante. La basse est gonflée d’hélium, les batteries sautillent sans demander la permission et le solo de saxophone termine une relecture sans faute.

On se demande maintenant quand Overdoz daignera enfin sortir son premier album intitulé ironiquement 2008. Le groupe californien est finalement régi par ses propres règles qui ont l’air bien loin de notre espace temps. Attendons patiemment l’atterrissage.

Lors de son dernier passage à Paris, Vince Staples nous expliquait qu’il n’existait « plus de rap californien en 2015 » et que les « rappeurs appartenaient désormais à Internet« . Woodie Smalls en est peut-être la preuve la plus éclatante. Agé de dix-neuf ans, celui que l’on surnomme Woods est originaire de Belgique, rappe en anglais et se situe quelque part entre l’imagerie Odd Future et l’école Pro Era. Un grand écart assumé et étonnamment maîtrisé tout le long de Soft Parade, un premier opus sorti le 18 septembre et qui ne connait pas vraiment de temps faible. A suivre.

Ces dernières années, lorsque Drake se décide à remixer un morceau, c’est presque l’assurance pour ce dernier de gagner une exposition sans précédent. Du « Versace » de Migos au « My Way » de Fetty Wap en passant par le « Tuesday » de ILoveMakonnen, tous ont connu une deuxième vie lorsque l’ambassadeur de Toronto a daigné poser sa voix sur leurs instrumentaux. « Hotline Bling », le titre rendu disponible cet été lors d’un épisode de OVO Sound Radio, était d’ailleurs une interprétation très libre de l’entêtant « Cha Cha » de D.R.A.M. Lorsque Erykah Badu choisit de donner sa version du « Hotline Bling », elle poursuit donc la mise en abyme et réussit à s’accaparer le titre, faisant presque oublier la version initiale. Tout ça pour dire que le dernier album en date de la membre des Soulquarians date de 2010 et on commence à trouver le temps long.

Oui, l’OM a perdu. Oui, l’OM est seizième. Oui, Michel ne sera jamais Marcelo. Mais, alors qu’on leur promettait l’enfer, la fierté et l’honneur sont revenus dans les rangs olympiens dimanche soir. Qu’a t-il bien pu se passer entre Liberec et Paris ? Une gueulante du coach, une soirée bouillabaisse entre cadres du vestiaire, une remise en question ? Rien de tout cela. L’hypothèse la plus probable : les joueurs ont écouté le nouveau projet de Prince Fellaga sorti vendredi dernier. Rien de tel pour se remettre en selle. En début d’année, le marseillais d’adoption livrait Indigène, premier album dense et réussi confirmant les qualités entrevues sur ses nombreuses mixtapes. C’est avec un EP intitulé Rap Theory qu’il enrichit désormais sa discographie. Et comme le dit l’adage : on ne change pas une équipe qui gagne. Gitdatbeats, talentueux beatmaker allemand, est donc une nouvelle fois à la baguette pour magnifier la force tranquille de Mister NegaaFellaga et ses amigos. On en profite avec les vrais et on attend la suite.

Ce que la Belgique nous a offert de mieux depuis Brel, Scifo et Sœur Emmanuelle tient en deux lettres, celles des extrêmes : ZA. « Ecoute-moi maintenant, demain c’est peut-être trop tard » avait prévenu le Gars du H. On a craint la prémonition tant les aléas extra-musicaux ont freiné les fulgurances du MC bruxellois. Mais ZA a besoin du rap et le rap a besoin de ZA. Et les immenses promesses du lointain mais toujours actuel Brutal Muzik ne pouvaient rester orphelines. Le « putain de prédateur » est donc officiellement de retour. Au menu : quelques hors d’œuvres pour se réapproprier le terrain cet automne et un EP intitulé 24/7  pour brutaliser la nouvelle année. Le tout agrémenté d’une interview fleuve, évidemment.

Le coup était probablement préparé de longue date. Mais Nadine Morano, dans un étonnant sursaut d’utilité, a fourni avec ses récentes déclarations un beau fait d’actualité à l’équipe de Ghetto Blaster pour son émission spéciale MCs à visage pâle. Du rappeur blanc « canal historique » (3rd Bass, R.A. The Rugged Man, Cage), du rappeur blanc à cou rouge (Fat Nick, RiFF RaFF, $uicideboy$), du rappeur blanc parfum clacos (Vald, Hyacinthe, L.O.A.S.) et même du rappeur blanc qui ne rappe pas et n’est pas blanc (Barry White, Michael Jackson)… Retrouvez tous ces garçons parfaitement sains et respectables dans le podcast de l’émission, et suivez Ghetto Blaster tous les mardis de 19h30 à 21 h sur le site de Radio Active ou sur le 100FM dans la région toulonnaise.