Léon Phal et Jungle Jack, promenade ensoleillée en « Pleine Forêt »

Seth Gueko, Zek, STI, Eloquence… En 2026, Jungle Jack brille sur les disques de ses collègues. Sans sortie en solo à son actif cette année, le MC de Ménilmontant a délivré des couplets pleins de ces métaphores pittoresques dont il a le secret. Dans la forme, tout ce qu’il y a de plus classique : un seize mesures (parfois moins) et puis s’en va… Jusqu’à ce 4 septembre où, invité par le saxophoniste Léon Phal sur le titre « Pleine Forêt », Jungle Jack prend son temps et s’étale le long de ce morceau à la croisée du rap et du jazz. 

Sa voix nasillarde est, au même titre que le saxophone du musicien franco-suisse, un instrument. Jungle Jack, de son flow métronomique, profite de cette balade boisée pour s’illustrer dans la punchline faunesque (« Vomi dans l’mic comme si c’était le bec de mes oisillons »), avant de s’effacer pour laisser  l’instrument à vent de son comparse répandre chaleur et bonhomie. Ils finissent par fusionner lorsque les « hey, hey, hey » de Jungle Jack gravitent autour des rondes mélodies de saxo. En arrière-plan, le synthé féerique accompagnant le duo fige le titre dans un décor digne du Magicien d’Oz

Ce single, présent sur le quatrième album de Léon Phal, Bodies & Ideas, prévu pour le 25 septembre, relie deux univers qu’il est finalement assez logique de voir converger. Léon Phal est un jazzman imprégné par la culture hip-hop, qu’il se plaît à incruster dans sa musique – avec ce featuring comme avec « Idylla » (2023), morceau pensé comme un hommage à J. Dilla. Jungle Jack, lui, poursuit sa quête de mélodies raffinées : plutôt que de poser sur des boucles samplées comme il en a l’habitude, le rimeur puise ici la musique à sa source la plus organique. Une promenade de santé en « Pleine Forêt » bienvenue après ces dernières années à braver la  Jungle des illusions.