63OG, ambitions 360
Depuis la réussite estivale de son tube bouyon « ruiné (comme un DJ) », 63OG, parisien d’origine camourenaise-guadeloupéenne, proche du producteur Skuna et tête de proue du collectif 63WA, développe, épaissit et agrandit un univers aux ambitions mondiales. En témoignent, entre autres, son featuring notable avec Cochise, son second passage chez On The Radar, un diss track contre le producteur Southside… et maintenant « G6 », featuring avec Yung Fazo et troisième extrait de son prochain album 63PROBLEMES disponible ce vendredi.
New-yorkais d’origine indo-guyanaise habitué à transformer sa voix sur des instrumentaux accélérés et sur-produits à mi-chemins entre rage, hyperpop et plug gothique, Fazo s’est fait connaître à 16 ans sur un morceau devenu viral avec SoFaygo. Quatre ans plus tard, il est recruté par le crew le plus en vogue d’Atlanta, ØWay, dont la musique semble digérer les différents courants trap de la ville sous une euphorie électrique. Une électricité débordante qui se retrouve dans le clip survolté de « G6 » avec 63OG, en faisant fuser une imagerie américaine saupoudrée de Paris, au fil d’un montage cartoon épileptique qui multiplie les effets. Et dans le même esprit, le morceau est explosif : le premier couplet de Fazo se déforme progressivement, gémissant la défonce du sirop, à l’image de l’instrumental dont la drill effrénée s’emballe avec l’arrivée du refrain de 63OG, souligné par des basses distordues. Cette violence fait des allers-retours pour laisser l’espace à Fazo lors de la répétition d’un pré-refrain halluciné qui regrette un entrelacs de relations, mais pas de substances. En l’invitant dans son univers, 63OG évolue plus que jamais vers une texture sonore dense et déjantée. Comme son clip, sa musique est saturée mais maîtrisée, instable mais contrôlée, chaotique mais référencée.
Si ces paradoxes révèlent une forme d’habileté sur « G6 », la sortie de 63PROBLEMES devra confirmer autre chose : la capacité de 63OG à étendre davantage une démarche portée vers l’international. Et dont certains traits (mélanges des langues rappées et des terrains musicaux, choix de collaborations) semblent vouloir forcer pour de bon les portes du carcan hexagonal.