1997 : nos dix morceaux de rap français
Sélection

1997 : nos dix morceaux de rap français

Pour accompagner la sortie du livre « 1990-1999, une décennie de rap français » l’Abcdr propose des sélections de morceaux commentés. Retour en dix pistes sur l’année 1997.

Photo de une : Florent Schmidt pour Groove.

Papifredo – « Des sapes plus reuch »

Après avoir gravité autour de D.Abuz System et fait quelques apparitions sur des compilations, le volubile Papifredo sort en 1997 son premier album, Gaze mon petit. Le rappeur parisien y décline très largement son style volcanique mais « Des sapes plus reuch », morceau choisi pour défendre le disque, le montre sous un jour différent. Papifredo parle dans les premières secondes, chantonne sur le refrain et, pour faire bonne mesure, s’emporte quand il évoque la lâcheté des balances. Mais, surtout, il se confie, parle un peu de son daron et beaucoup de ses désillusions de jeune adulte : « Dans un avenir proche/Un peu plus de flouze en poche/Des sapes plus reuch/Un nouveau standing de te-cha/Y a longtemps j’y croyais déjà/Je savais pas par quel moyen/Et aujourd’hui j’vois toujours pas. » Par son humour et son énergie, Papi parvient à établir ces constats plutôt pessimistes sans plomber l’ambiance ; il est magnifiquement aidé en cela par la production douce et mélancolique de l’excellent Popeye et par les scratches de Junkaz Lou. Un morceau touchant pour un artiste attachant, toujours actif en 2023. – Kiko 

Doc Gynéco – « Arrête de mentir » feat. Ärsenik

Il le souligne déjà en 1996 sur le morceau « Classez-moi dans la variét' », Doc Gynéco « se fout de la nation Zulu. »  Pas de hip hop machin, pas de carte d’Afrique autour du cou, ni Timberland aux pieds. Comme dit dans « Nirvana », le Doc opte pour sa paire de Puma. Tout comme le Ministère A.M.E.R pose fièrement en 501, baskets blanches sur la pochette de leur deuxième album. Et ce n’est pas non plus les deux frangins d’Ärsenik, vêtus en Lacoste de la tête aux pieds qui diront le contraire : dans le Secteur, pas de copie des Américains. Sauf que si, un peu tout de même vu les sonorités g-funk de 95200 et de Première Consultation. Le son east coast a beau être le modèle dominant des années 90, le son de la Californie s’exporte aussi, et « Arrête de mentir » est sûrement une de ses plus belles transpositions dans la langue de Molière. L’essentiel du genre y est : claviers Moog, ligne de basse suave, accords funk et pour couronner les couplets de Doc Gynéco, Lino et Calbo, un solo de guitare électrique de Ismael « Iso » Diop dont le seul défaut est celui d’être trop court. « Arrête de mentir » paraît en face B du single « Né ici » alors que Première consultation cartonne. Lino ne s’est pas encore révélé au grand public – il faut attendre 1998 pour avoir le flacon complet – mais il distille quelques gouttes déjà toxiques pour la concurrence : « Rien à foutre des mecs qui me disent que pour un rappeur j’ai un look clean / J’ai grandi dans une cité en France et pas au Queens, à Brooklyn. » Les trois lascars en veulent aux clo(w)nes du Wu-Tang Clan et aux girouettes ne jurant que par la hype du moment (« les Zulus veulent devenir des cailleras »). Une vindicte qui n’empêchera pas à Quelques gouttes suffisent d’avoir les mêmes références cinématographiques qu’Only built 4 cuban linx. Ni à RZA d’apparaitre sur Quelque chose a survécu, deuxième album d’Ärsenik paru en 2002, dont la production est d’ailleurs très proche des modèles américains d’alors. Mais la véritable cible d’ « Arrête de mentir », ce sont les « ruffneck en toc », les « racailles Canada Dry » qui s’inventent une vie. Et c’est sûrement Calbo qui vise le plus juste :  « Tu veux vivre dans ma jungle alors mon style gars tu l’acceptes / Ne me raconte pas tes conneries, arrête de nous faire gole-ri / Cesse un peu de t’inspirer de ma vie » avant que Lino ne mette définitivement les trémas sur les A : « Des thunes j’en veux, t’en as et tu ne cesses de m’admirer / Laisse faire les experts, les putains de paroliers / Ne raconte pas ce qui se passe dans nos cages d’escaliers. » – JulDelaVirgule

Fabe – « Rien ne stoppe mon avancée »

Plutôt fin, démarrer un morceau par un savant mélange de critique sociétale et d’ego-trip, pour mieux glisser vers le titre concept. En 1996, Nas racontait la spirale de la violence en se mettant à la place d’une arme à feu sur « I Gave You Power ». Un an plus tard, de l’autre côté de l’Atlantique, Fabe rappe la révolution…mais à la première personne. Ici , les paroles soulignent l’aspect inéluctable des révoltes populaires, comme la difficulté pour celles-ci d’opérer un changement profond sur la durée. Pour mieux les amener, DJ Logistik (alias DJ Logilo) tapisse une belle production musclée à la teinte jazz, sous l’influence de Pete Rock, en phase avec le swing du rappeur de Barbès. Les cuivres au refrain laissent derrière eux un mantra addictif, agrémentés d’un sample percutant de Dany Dan, le producteur du titre étant aussi DJ des Sages Poètes de La Rue. Un ensemble dont l’efficacité et l’intelligence incarnent bien le titre de l’album qui le contient : Le Fond et la forme. – Hugues

IAM – « L’école du micro d’argent »

« L’École du micro d’argent » ouvre l’illustre album du même nom. Sous couvert d’un registre guerrier et épique, le morceau plante le décor : IAM est revenu plus fort, plus déterminé et ce qui va suivre sera grandiose. Imhotep combine avec maestria des samples de cloches utilisées dans des rituels au Tibet, des chants inuits, des trompettes et des violons trouvés chez un compositeur russe. La production est non seulement riche, mais, colossale, elle « sonne » comme jamais dans le rap hexagonal, enveloppant l’auditeur et l’envoyant « dare-dare » sur le champ de bataille décrit par les rappeurs. Car pour être au diapason de cet instru martial, il fallait de la grandiloquence et de l’autorité : Shurik’n et Akhenaton s’en acquittent brillamment. Le refrain, soutenu par les scratches de Kheops, est aussi simple que massif. « L’École du micro d’argent » est donc une entrée en matière en tous points impressionnante, presque intimidante. Quatre minutes introductives qui ont dû amener quelques artistes de l’époque à requestionner leur façon de faire du rap. Au-delà de ses qualités propres, le morceau annonce également la nouvelle dynamique qui va traverser la scène : la période 1995-1996 avait mis à l’honneur les virtuoses de la rime, les acrobates du freestyle ; 1997 et surtout 1998 vont consacrer d’autres profils, les génies des machines et les bourreaux de travail, ceux qui découpent leurs samples à la milliseconde ou qui ne laissent aucun mot, aussi court soit-il, au hasard. Des bêtes de studio, en somme : ainsi, après une première version jugée insatisfaisante, IAM a réenregistré L’École du micro d’argent, l’album ; le groupe a produit des dizaines de morceaux pour n’en garder au final que seize. Alors que l’an 2000 approche, le rap français perd en spontanéité mais gagne en professionnalisme. – Kiko

Weedy – « Les bâtards »

Au rayon des invectives à l’encontre des fameux wack MC’s, invectives qui pullulent particulièrement dans les années 1990, « Les bâtards » de Weedy constitue un morceau de choix. Ça s’ouvre sur un sample de « Le Combat continue » d’Ideal J (« Je t’ai tendu la main t’as voulu me bouffer le bras ») qui permet de bien désigner les cibles à atteindre : les faux-culs et les profiteurs. Puis l’instrumental de Mysta D. démarre, abrupte et belliqueux avec sa caisse claire qui baffe. Et dès qu’on entend enfin Weedy entamer le refrain, on sait qu’on va bouffer les pissenlits par la racine. Il n’y a, pourtant, rien de vraiment extraordinaire durant les trois couplets du rappeur d’Express D. Quelques phases bien senties (« La qualité de toutes tes cette-su n’est pas comparable au fait que tu veuilles me marcher dessus »), d’autres un peu exagérées (« Le hip hop d’aujourd’hui moi je lui chie dedans »), rien de très original en cette année 1997. Ce qui fait de « Les bâtards » l’un des morceaux les plus forts de L’Invincible Armada, ce sont le flow imparable de Weedy et son authenticité absolue. Vrai jusqu’au bout des ongles, Weedy préfère « se griller à vie dans le mouvement » que de se plier aux règles des soirées branchées avec signes extérieurs de richesse. Son manifeste, soutenu par des backs entêtants, est clamé avec un mélange explosif d’arrogance, d’animosité et de nonchalance. À la fois virevoltant et d’une violence sourde (il faut l’entendre prononcer le mot « salope » à l’ouverture du second couplet), Weedy est l’alpha et l’omega du dérouillage de MC en règle. L’Invincible Amarda à lui tout seul. – David²

« Akhenaton entame une mutation qui lui donne un nouveau souffle et le rend encore plus redoutable. »

Svinkels – « Le métro »

OK les Svinkels parlent de drogues, de cul, font des jeux de mots dignes d’un Almanach Vermot dont la rédaction en chef aurait été confiée au Professeur Choron, c’est vrai. Mais si vous avez plus de 35/40 ans et que vous arrivez encore à suivre malgré ces sombres références d’un autre âge, ce n’est pas la seule vérité du groupe. Car le rap du Svink a beau sentir et suinter toutes les odeurs de fluides corporels – c’est d’ailleurs avec le bien nommé L’Odeur qu’ils ouvrent leur premier disque – le groupe de Gérard Baste, Nikus Pokus et Mr Xavier a toujours eu un œil sur le monde qui l’entoure, et celui-ci dépasse parfois le bistrot ou la rave party du coin. Pour tout dire même, et c’est écrit tel quel dans l’ouvrage 1990 – 1999 une décennie de rap français que l’Abcdr vient de faire paraître, les Svinkels sont un peu des Gavroches, des parisiens des faubourgs. Mal élevés évidemment, forts en gueule et gouaillards bien sûr, un peu crades c’est certain, mais aussi populaires dans le sens le plus noble du terme. En témoigne ce « Le Métro », dans lequel Nikus fait déambuler toute la faune parisienne et ses abberations. Rempli d’assonances, le morceau raccroche les wagons d’une misère sociale prégnante, de la surpopulation urbaine, mais transporte aussi dans l’un des rares lieux où les gens se mélangent encore. Ce n’est pas très reluisant, mais le tout est pourtant magnifié par un refrain du trop rare Fred Lansac et de sa voix hypnotique, à l’époque encore membre du groupe. Quant à la RATP, elle avait décidé à la toute fin des années 1990 de moderniser son slogan, choisissant « Un bout de chemin ensemble ». Un joli couple s’embrassait sur un quai de métro. Quand on vous dit qu’avec les Svinkels, tout est lié aux fluides corporels. Sauf que pour une fois, ce n’est pas à ceux-là que Nikus pensait lors de sa balade. – zo. 

Akhenaton – « Rien à perdre » feat. Le Rat Luciano

Dire aujourd’hui qu’Akhenaton a marqué de son empreinte le rap français des années 90 est devenu un lieu commun. Doué lyricalement, le rappeur s’est en plus doté d’un sérieux talent de producteur dans la deuxième moitié de la décennie. Pour son propre album solo, pour Passi sur Les Tentations, pour son groupe IAM ou pour la BO du film Taxi, il a su tirer son épingle du jeu avec un digging de choix, samplant avec finesse des artistes blues, jazz, soul ou encore des compositeurs méconnus, français ou italiens. Côté rap, il y a en 1997, un tournant dans sa voix et dans son flow. Son timbre devient moins grave, même son cheveu sur la langue paraît plus exposé et assumé. Son flow devient plus souple, plus technique. Dans le clip de « J’ai pas de face », fini la moustache, bonjour le crâne rasé. Akhenaton entame une mutation qui lui donne un nouveau souffle et le rend encore plus redoutable. Une cure de jouvence pour un acharné du travail alors qu’il aurait pu dormir sur ses lauriers après le succès de Métèque et Mat. Sur la face B du single cité plus haut, il partage l’affiche avec un alien sorti du Panier. « Rien à perdre », produit donc par Akhenaton, offre au Rat Luciano un thème qui lui va comme un gant. Débarquant sur son 103 Peugeot, Le Rat livre un couplet où demain est visiblement très loin : « Tous les week-ends j’rentrais ivre, j’apprenais à vivre / Maintenant je rentre ivre tous les jours, j’me contente de survivre. » Désinvolte, le rappeur de la Fonky Family enchaine des rimes dénuées d’espoir : « Les jours de fête ne me font plus marrer / Même bourré à la bière, Noël, Pâques, mon anniversaire c’est pareil ». Jusqu’aux dernières lignes culinaires, « Les restos classes c’est pas mon genre j’préfère les snacks », Luch’ reste imperturbable dans son mode de vie, figé dans le béton de son quartier. Une attitude qui donnera à son album solo de 2000 un titre évocateur. Et malgré la devanture no future de « Rien à perdre », cette réunion de deux générations de rappeurs marseillais ne fera qu’alimenter l’inverse : alors bouillonnante, la scène rap locale allait se révéler et s’imposer dans la musique de France. – JulDelaVirgule

La Rumeur – « Blessé dans mon égo »

Avec Premier volet : le poison d’avril, La Rumeur entame un cycle de sorties visant à introduire le groupe et chacun de ses membres au public. C’est à Ekoué, désigné naturellement comme leader de la formation, qu’incombe l’ouverture des hostilités. Au menu de ce premier volet : cinq morceaux produits par Soul G et Kool M, dont une intro en groupe puis quatre solos d’Ekoué. Parmi eux, le fondamental « Blessé dans mon égo » est particulièrement mémorable, parce qu’en plus de sa qualité textuelle et sonore, il cristallise l’ADN de La Rumeur. C’est du rap qui cogne et qui pense, rumine et questionne : cognitif-agressif, peut-être. Il y a en plus une dimension humoristique non négligeable et de tout cela naît la tension si précieuse à la musique d’Ekoué et son équipe. À une écriture finement ciselée s’oppose une interprétation d’apparence je-m’en-foutiste. Le propos du rappeur est profond, mais le détachement dont il fait preuve en posant cheveu sur la langue, presque cigare au bec, fait de « Blessé dans mon égo » un texte très accessible. Cette friction symbolise merveilleusement les pensées partagées par Ekoué, à propos de son identité et de ses cultures. Il y a ce qu’il est, ce qu’il veut être, et ce à quoi on l’assigne, ici en France ou là-bas au Togo. Des visions se confrontent, des générations et des situations s’opposent et c’est la théâtralité du texte, ses changements narratifs qui donnent corps aux idées d’un rappeur encore jeune quoique déjà mature. Il se questionne beaucoup mais à la souplesse et la légèreté du point d’interrogation, Ekoué préfère la rigueur et la verticalité du point d’exclamation. – B2 

La Mixture – « Lâche moi les Nike »

Groupe de Strasbourg à quatre têtes, La Mixture est surtout connu pour figurer sur le morceau de la Fonky Family « Sans faire couler le sang » en compagnie de Kertra d’Express D. Présent aussi en 98 sur Opération Freestyle pour le morceau « Le dos au mur », les Strasbourgeois sortent fin 1997 le maxi Têtes à battre, qui restera leur unique pièce discographique. Frero, Kadaz Arrafat, Moz L’Ours Blanc et DJ Antar y posent trois titres dont « Lâche moi les Nike ». Morceau sans véritable thème, les trois MCs délivrent un blues urbain sur une production boom bap ponctuée d’un accord de piano dancehall. Numéro de département et année d’enregistrement tous deux scandés, scratches pour clore quatre minutes de flows fluides : les codes du rap de l’époque sont indubitablement présents. Parmi ces codes, l’auditeur peut également trouver une référence à « Bons baisers du poste » des Sages Po’, une autre à « Époque de fous » de Koma, des substances vaporeuses et une méfiance à l’égard des gens qui en font trop. Kadaz dans le premier couplet :  « Je deale ma came hip-hop, sert bien mes clients accros / Représente la vraie racaille, pas celle qui parle trop. » . Moz L’Ours Blanc dans le second : « Entre nous, on aime bien parler zik, fric et bonnes femmes / On se conte des bonnes vannes pour faire marrer l’assemblée / On passe nos nuits à chambrer. » Et enfin Frero dans le troisième : « Trop de gars qui parlent pour parler, un peu de sapes, tu joues le fier / T’as tout vu, tout fait mais il y a jamais rien derrière. »  « Lâche moi les Nike » ne révolutionne rien mais son exécution est parfaite. Hier comme aujourd’hui, le morceau est une bande son idéale pour errer au gré des parcs et ruelles, walkman ou smartphone en poche. Mais en 2023, il y gagne en plus la valeur d’une belle carte postale d’une époque. – JulDelaVirgule

Koalition – « Eah koi (keskiya) » feat. Busta Flex

Casser des nuques, voilà l’activité préférée du duo qui rassemble Suly Sefil et Busta Flex. Gonflés à bloc depuis leur première apparition commune en 1995 sur l’album de Lone, les deux rappeurs sont ici accompagnés du nom moins offensif (et du coup du mal-nommé) Austère, membre avec Sully de Koalition. « Eah-Koi (Keskiya) » applique d’ailleurs la recette musicale de « Accro de hip-hop » (sic) sorti un an plus tôt par le groupe, sans Flex Busta. Il y a ici la (quasi) même caisse claire qui claque. Il y a un refrain de quelques mots, en forme de slogan, de proclamation. Les flows sont à nouveau nerveux, saturés d’onomatopées et remplis de modulations vocales pas loin d’un rap américain influencé par Gravediggaz ou ODB. Alors évidemment, le mec qui kicke avec ses Nike est aussi le mec tout trouvé pour augmenter cette formule, lui qui à l’époque mange tous les micros et symbolise le freestyle à la française. Car « Eah-Koi (keskiya) » n’est rien d’autre que ça : un morceau enragé et performatif, qui sent bon l’egotrip rugueux, la joute verbale, la volonté de marcher symboliquement sur son adversaire. C’est imparable même si ça marque plus les vertèbres et le cerveau reptilien que les consciences comme essaie de le faire Rockin Squat. Il y en a qui font le V de la Victoire, d’autres qui regardent la série pleine de serpents extraterrestres complotant contre le monde. Koalition et Busta Flex sont de la première équipe. Du genre de celle qui au micro te marche dessus. – zo.

1990-1999, une décennie de rap français est disponible en librairies. Vous pouvez également le commander en ligne :

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