Nos 25 morceaux du premier semestre 2026
La traditionnelle sélection semestrielle de l’Abcdr est de retour. Elle témoigne d’un rap anglophone toujours plus fragmenté, où coexistent héritages réinventés, hybridations sonores et trajectoires singulières.
Nori – « i_aint_fly (G6) » feat. Kori
Grand classique des années 2010, le tube « Like A G6 » de Far East Movement suintait l’argent et l’ambiance des fêtes ultra-friquées de la haute société américaine. En janvier 2026, les rappeurs Nori et Kori s’emparent de ce sample mythique pour en subvertir le sens avec « i_aint_fly (G6) », un single où la banlieue de Londres vient bousculer le délire de grandeur de la chanson originale. Marqué par de dures épreuves, le rappeur anglais Nori a choisi son pseudonyme comme l’anagramme d' »iron » (le fer), et ce mental d’acier forge l’identité du morceau. Taillé comme un banger ultra-énergique, le morceau est traversé de bout en bout par une sorte de rage contenue, transformée en un redoutable exutoire. Pour lui donner corps, le producteur Kori y injecte sa science des machines, au pluriel. Sa formule oscille entre les synthétiseurs dance du sample initial, la rythmique grime de « Rhythm N’ Gash » de Rebound X (qui a vu défiler les freestyles de Skepta) et l’esthétique 8-bit des consoles rétro. Porté par cette prod’ nerveuse, Nori troque le fantasme hollywoodien contre un quotidien britannique, à base de AirMax 95 à 110 livres, de Game Boy Color et de grills customisés aux couleurs de Zelda. Un univers bien à lui où son flow file droit comme un coup-franc téléguidé, rythmé par l’ambition obsessionnelle d’empiler les pounds. – Lilia Lrd
WARHOL.SS – « MADE MAN »
Au sein des nouvelles têtes de Chicago, WARHOL.SS à déjà un statut de vétéran. Aujourd’hui évoluant au côté de Nino Paid, Boofinese ou Oym, le rappeur de 28 ans a déjà traversé plusieurs époques d’un underground allant de la vague soundcloud à un street rap infusé aux influences Detroit. Après plus de dix ans de rap en flux à la qualité variable, les amateurs de sa musique avaient en ce début 2026 toutes les raisons de croire qu’ un cap allait passer dans sa musique. Les raisons ? Premièrement son nouvel entourage cité plus haut. Deuxièmement, son projet de 2025, un de ses meilleurs. Et troisièmement et principalement le single de son album Studio 54 : « MADE MAN ». Le morceau est un condensé des points forts du rappeur : un flow fluide rendant bouncy les saccades du flow DMV sur fond d’égotrip et d’image absurde. Le tout sur une production entre hommage aux sonorités trap avec ses percussions en rafales et aux basses les plus estivales de Houston ou de la Bay. Une réussite un peu trop à la hauteur pour un album qui ne suivra pas. – iochane
DaBaby – « Pop Dat Thang »
Dans la saison 3 de la série Community, épisode 10, Annie se déguise en Mère Noël sexy et se lance dans une chanson faussement ingénue pour convaincre Jeff de rallier un club de chant. Au fil de son numéro de charme, elle surjoue les écervelées jusqu’à ne plus former des paroles cohérentes. Et de conclure : « boopy-doo : sex ». Selon Jeff, la manœuvre a ses limites : « Eventually, you hit a point of diminishing returns on the sexiness. » Il y aurait un moment où trop c’est trop, où ça ne marche plus, où on devient une caricature aussi fine qu’un concert de Patrick Sébastien au camping. Une perspective qui n’effraie pas DaBaby, qui ne s’embarrasse pas de la moindre subtilité sur « Pop Dat Thang ». Avec ce titre court et droit au but, le rappeur insubmersible réaffirme sa capacité à pondre des tubes. Les quelques notes de piano langoureux, qu’on croirait tirées d’une scène érotique d’un thriller des années 1980 (quelque chose avec Michael Douglas sans doute), contrastent avec les BPM élevés, les percussions frénétiques et l’énergie de la Miami Bass. Au sein de ce tourbillon, DaBaby pose sa voix avec détachement pour mieux contrebalancer le refrain pitché. « Spread them cheeks, let me see that hole. » Et pour ceux et celles qui en voudraient encore, il existe un remix avec GloRilla, Yung Miami et YKNIECE, pas avares non plus en grivoiseries. Sans cynisme, DaBaby a fait mentir Jeff et le principe des rendements décroissants, et à cela on ne peut qu’applaudir, avec ou sans les mains. – Shakalak
xaviersobased – « Harajuku »
Le blogueur le plus hype de 2011 n’aurait pas pu l’imaginer dans ses rêves les plus fous : xaviersobased, un ado prodige nonchalant originaire de New-York, recraché au début des années 2020 par les tréfonds infini de la scène plugg de Soundcloud, fut l’un des principaux instigateurs du retour soudain d’une version actualisée du Jerk californien dans l’underground d’internet. Signé par Atlantic Records l’année dernière, on pouvait légitimement croire à un adoucissement de la formule chaotique du jeune rappeur, jusqu’alors habitué à sortir des mixtapes. C’est en partie le cas seulement, puisque son dernier album sobrement intitulé Xavier affiche une cohérence musicale qui le rend plus digeste aux premières écoutes. Mais il n’essaye pas non plus de s’accoutumer aux exigences commerciales parfois imposées par ce format. La tracklist est toujours trop longue, les morceaux ne dépassent que très rarement les 2 minutes 30 et la pochette exposant la photo d’une autre photo d’un vulgaire banc relève presque du troll. Au-delà de toute considération extra-musicale, “Harajuku” s’impose comme un des titres de l’année. Composé d’une rythmique Jerk classique et d’un bruit d’alarme jouant au ping pong du bout d’une oreille à l’autre, le morceau prend toute son ampleur lorsqu’il est accompagné par ces notes de synthé froides et oppressantes rappelant, au choix, les plus grandes heures du cloud rap claustrophobe ou l’horreur cosmique lovecraftienne. Côté rap, xaviersobased ne se démarque pas particulièrement par une écriture originale ou techniquement irréprochable, on ne l’écoute pas pour ça. Sa nonchalence le rend cependant fort dans un des exercices les plus classique du rap : flex en étant charismatique. En même temps, pas très compliqué d’être inspiré quand on porte du Comme des Garçons à Harajuku. – Hugo
Don Toliver – « Pleasure’s Mine »
Le télescope Hooker de 100 pouces trône au sommet du Mont Wilson, mythique observatoire qui a permis à Edwin Hubble de révolutionner notre compréhension de l’univers dans les années 1920 en démontrant l’existence d’autres galaxies et l’expansion de l’Univers. Près d’un siècle plus tard, Don Toliver décide de s’imprégner de l’atmosphère du centre de recherche. Passionné d’astronomie, le rappeur s’est inspiré de cet imaginaire pour réaliser son dernier album OCTANE, où plusieurs sessions d’enregistrements ont eu lieu à l’observatoire qui lorgne sur Pasadena. C’est sur « Pleasure’s Mine » que l’on capte le mieux cette ambiance qu’a voulu insuffler l’artiste. Précédé d’une introduction planante et intimiste assurée par la scandinave Sassy 009, le morceau prend la rampe de lancement pour nous faire voyager à travers la galaxie. L’instrumentale est interstellaire, voire céleste et Don Toliver nous susurre à l’oreille ses états d’âme amoureux, avec une telle ferveur, comme s’il était en pleine mission spatiale. Produit par 206derek, Jaasu ou encore Ben10k, la mélodie atteint son zénith lorsque les synthés lumineux entrent en collision avec les fragments de voix samplées et pitchées. Une montée en puissance qui prend des allures de véritable supernova sonore. A l’image d’OCTANE dont l’explosion des streams a définitivement propulsé Don Toliver parmi les têtes d’affiche du rap américain. – Kevin Pereira
« « Le morceau est un condensé des points forts du rappeur : un flow fluide rendant bouncy les saccades du flow DMV sur fond d’égotrip et d’image absurde. » »
Zel – « Flrrt / Drink Water »
Originaire du Maryland, Zel chapeaute depuis 2023 le collectif DPM (« Deep & Powerful Music ») avec le rappeur Xang. Sa voix froide murmure des dialogues détachés et des images fragmentaires, dans une variante brute et déconstruite du flow haché de Goonew qui semble parfois irréelle. Entourés de producteurs iconoclastes, ses instrumentaux sont une version renouvelée et versatile du son #stepTeam local, obsédé par des percussions accidentées dont les racines remontent des variantes chicagoans de la House jusqu’à celles de la drill, en passant par le footwork. Plugg expérimentale, territoire désolé aux confins du rap et de l’ambient, tissage complexe de trames atmosphériques buguant entre la science-fiction métallique et la magie cotonneuse, l’album Still Right Here possède de nombreux grands moments, dont « Flrrt / Drink Water » est l’un des plus marquants. Des lyrics brumeux et obsessionnels surgissent sur des tons hypnotiques parlés, assénés ou proférés comme en état second. Les images s’enchaînent : relation impossible, vente de drogues, lean, armes à feux, et procès parsèment des incantations quasi abstraites si elles étaient prises isolément. Un ensemble stroboscopique et poétique se dessine. Les claps et les hi-hats mitraillent des tirs accidentés pendant que des nappes angoissantes se mélangent à des ad-libs hallucinés. L’effervescence DMV de la Free Car Music cache de fécondes mutations. – Bzx
Molly Santana – « Solo »
Molly Santana est de ces artistes qui prennent plaisir à explorer l’esthétique de l’étrange, pour bousculer les auditeurs. Reconnaissable à sa dentition teintée de noir, la rappeuse californienne évolue entre la trap et la pop, qu’elle agrémente de références à l’horreur, aux cultures emo et punk. Cette année, Molly a notamment attiré l’attention du grand public pour sa collaboration avec Drake et Future sur le titre « Ran To Atlanta », mais aussi à travers la qualité de ses singles. Dans « Solo » avec son instru enjouée noyée de reverb et sa voix mélodieusement autotunée, la rappeuse clame son indépendance. Elle prend le temps d’admirer sa progression depuis son premier EP Molly’s World, sorti en 2021. Répétant son refrain comme une incantation, Molly envisage la solitude comme un moyen d’éliminer les obstacles à sa réussite, repoussant la concurrence et les relations étouffantes (« Solo / Runnin’ on my own, just solo (Solo, solo, solo) »). Douée pour imaginer des décors marquants, une créativité qui fait écho à son parcours dans la mode et l’influence, Molly Santana réalise aujourd’hui une majorité de ses clips. Elle propose, sur « Solo », une ambiance digne d’un film d’horreur, implanté dans une maison hantée par des fantômes. Loin d’être effrayée, Molly choisit de se célébrer en dansant paisiblement autour de ces silhouettes drapées de blanc. Consciente du pouvoir de son indépendance, la solitude lui permet de garder sa vision singulière entre de bonnes mains. – Marjolaine Berisset
Denzel Curry, Tia Corine, Smino – « Hoopty »
Le mot hoopty désigne une vieille bagnole déglinguée. C’est là-dedans que TiaCorine et ses potes font des virées en twerkant par la fenêtre passager comme si c’était le trailer de GTA VI. Au sein du super groupe The Scythe mené par Denzel Curry, Tia a trouvé une belle opportunité de briller, après un premier album pas tout à fait à la hauteur de son potentiel. Son couplet en ouverture de « Hoopty » illustre bien son style rentre-dedans : de l’agressivité, de l’insolence, du charisme à revendre et un brin de voix qui déraille. Curry, qui n’en finit pas de revitaliser avec bonheur différents courants sudistes, dirige cet hymne qui mêle bounce de la Nouvelle-Orléans, soul pitchée dans les aigus, refrain scandé et interjections reprises en chœur comme à Memphis. Après le couplet plus posé de Smino, le morceau se permet même une touche de douceur hypnotique alors que l’instru évolue et que le mantra « All the girls going crazy out the hoopty » tourne en rond, comme une voiture qui fait des burns sur le parking. Un titre où on ne sait plus donner de la tête, épuisant dans le bon sens du terme. – Shakalak
Blu & Exile – « Crumbs » feat. Rome Streetz, ICECOLDBISHOP
La quarantaine passée , Blu profite de son 5eme album avec le producteur Exile, pour prouver qu’il n’a pas perdu le goût du sang. Heureusement le MC californien a pris soin d’inviter des sparring partner capable de régater avec ses années d’expériences et l’exigence de son école de rap. Mais si « Crumbs » est un sparring, celui-ci est bien appuyé. Le titre est une avalanche de rimes internes et d’acrobaties rythmiques propres au flow du New Yorkais Rome Streetz et aux intonations de l’Angélénos ICECOLDBISHOP. L’hôte du morceau n’est pas en reste, densifiant ses multisyllabiques tout en laissant respirer la boucle d’Exile. Le titre prend une autre dimension par son thème et sa structure. Les trois MCs se répondent sur le thème de ces « miettes » laissé à eux ou leurs semblables. Blu apparaît comme un observateur comptant patiemment la dette.(« The rich and all the judges that put my niggas in prison for nothin’/We comin’ for them, we comin’ for everything we ever wanted« ). Rome Streetz enchaine avec son vécu brut, lui-même ancien détenu. (« FBI want you locked, eatin’ lunch meat/Poison the food, killin’ you slow while you still hungry/Fuck the judge, if he have his way, he probably hung me« ). ICECOLDBISHOP achève avec sa voix plus haut perchée encore que celle de Rome Streetz comme un éducateur au chevet de sa génération. Presque abusivement salvateur. (« I’ll teach a class on all this shit in different hour blocks« ). Un casting qui tient ses promesses dans un pugilat ludique qui file tout droit. – iochane
Maïcee – « STAR »
« One slutty walk a day, keeps the evil eye away ». Dès les premiers mots de son morceau sorti au printemps, Maïcee donnait le ton : peu importe les aléas, sa confiance en elle serait la dernière chose à laisser de côté. Après avoir exploré différentes sonorités en 2024 et 2025 sur sa mixtape Been High Lately… And down aussi, la rappeuse montpelliéraine revenait en ce début d’année avec un titre qui semblait cocher toutes les cases de sa singularité. Et le public l’a bien compris : avec « STAR », Maïcee a en effet signé le plus gros succès de sa carrière en solo jusqu’ici, tant le morceau rassemble bien les ingrédients de sa musique, à mi-chemin entre rap et électro. Le temps d’un titre totalement pensé pour les clubs, la rappeuse ouvrait ainsi grand les vannes de la danse et de la confiance, portée par un refrain difficile à sortir de sa tête une fois la première écoute passée. Rythmé par des sonorités rappelant notamment la londonienne Shygirl, « STAR » voit Maïcee continuer à parallèlement débiter dans un flow entièrement rappé sur tout le morceau avec arrogance. Un contraste qui permet au titre de trouver son originalité, le temps de trois minutes conviant autant l’energie club que l’amour du mot bien placé, pour encore plus apprécier sa recette étoilée. – Brice Bossavie
« « Reconnaissable à sa dentition teintée de noir, la rappeuse californienne évolue entre la trap et la pop, qu’elle agrémente de références à l’horreur, aux cultures emo et punk. » »
Lisha G – « Astronaut »
Sur « Astronaut », Lisha G flotte en apesanteur dans une matière sonore lumineuse où tout semble graviter autour d’elle. Les nappes synthétiques l’enveloppent, les basses lancinantes exercent une force d’attraction, des claps rythment un ensemble éthéré mais organique, et des textures cosmiques nourrissent une galaxie cristalline. Sa musique cherche, comme le meilleur de ses inspirations Soundcloud – d’où elle vient -, à s’ancrer hors du temps. Sur NOW OR NEVER, son dernier album, Lisha G fait appel à de nombreux producteurs et produit sa carte de visite la plus aboutie. Ayant conservé un style mordant qui réapparait par à-coups, elle y démontre son assurance dans un contexte finalement très terre-à-terre. A l’inverse des instrumentaux, ses thèmes sont classiques, mais balancés comme des pensées à voix hautes, épurées et nonchalantes. Comme de nombreux titres de l’artiste, « Astronaut » est réconfortant et envoutant, et vise un objectif qu’elle revendique fréquemment : s’élever. L’image aérospatiale illustre l’état que lui procure sa musique, mais c’est aussi un symbole de consécration et de réussite. Cette réussite, elle la construit encore, en ayant déménagé de sa petite campagne de Camden jusqu’à Atlanta, située à environ cinq heures de route. Basée dans la capitale de la trap mondiale, elle vise les sommets en continuant de développer une musique planante, magnétique et décalée. – Bzx
Wesley Joseph – « Quicksand «
A première vue, il est difficile, voire impossible, de ranger Wesley Joseph dans une case. Le rappeur, producteur et chanteur originaire de Walsall, une ville britannique située dans les Midlands, est un véritable couteau suisse. Bercé par la soul des sixties et influencé par des artistes comme Frank Ocean et Kanye West, le rappeur nous prouve par l’intermédiaire de ses titres tout ce qu’il a pu absorber ces vingt dernières années. Cependant, après le succès de ses deux premiers EP, l’Anglais a volontairement pris une pause de trois ans afin d’éviter de sortir un album « confortable », quitte à complètement casser son élan médiatique. Cette décision émane d’une envie de prendre le temps de créer une œuvre qui sied à son personnage et à la hauteur de ses ambitions. Sur « Quicksand », extrait de son premier album Forever Ends Someday, l’instrumentale construite autour d’une boucle de piano classique prend une tout autre mesure grâce à ces chœurs célestes que l’on retrouve tout au long des trois minutes. Ces nappes vocales éthérées apportent une sensation de suspension, presque d’apesanteur, qui contrastent avec la lourdeur des textes de Wesley. Le rappeur évoque un état comateux, voire de paralysie, comme si son esprit avait fini par succomber au poids du passé, jusqu’à être totalement englouti dans ce sable mouvant qui donne son nom au morceau. Au-delà de la réussite de la production et de la prestation vocale du Britannique, c’est aussi tout l’intérêt de « Quicksand » : des paroles lourdes de sens qui se heurtent à une production en état de lévitation. Wesley Joseph ne raconte pas un événement précis, mais traduit un état psychologique. Celui d’un homme qui s’enfonce dans ses propres pensées, lutte contre ses insomnies et tente de composer avec son passé tout en continuant, malgré tout, à avancer. – Kevin Pereira
JT – « Numb »
Après s’être extirpée du giron des City Girls et de leur trap festive, la rappeuse américaine JT affirme son émancipation avec « NUMB », un single sorti en avril 2026. Pour acter cette mise à distance, elle déploie un ego-trip insolent qui cache en réalité une réaction épidermique aux trahisons subies. Dans ce titre, elle tente ainsi de se façonner une armure face au souvenir de ses déceptions passées. Porté par une prod’ hybride aux basses lourdes et aux accents électroniques signée Danes Blood, Ben10K, Chicken et BAMBII, le titre met en scène une rappeuse imperméable aux attaques et qui chante l’anesthésie émotionnelle comme étant son nouveau mode de vie. Dès l’intro, la phrase « I don’t see none of you hoes » scandée en boucle fixe les règles, celles d’une « vision tunnel » qui efface instantanément la concurrence. Devenue intouchable, JT passe le reste du morceau à distribuer des coups aussi violents qu’ironiques : elle compare la jalousie de ses haters à une éruption cutanée, menace de « scalper » quiconque osera se dresser sur son chemin, avant de savourer avec cynisme l’idée que sa mort serait célébrée par ses ennemis. Celle qui se décrit comme une Cendrillon en costume, arrogante et fière de l’être au volant de sa Lamborghini Aventador SVJ, n’a désormais plus de temps à perdre. Et son Audemars Piguet à 100k au poignet est là pour rappeler qu’elle n’accordera pas une seule seconde à ceux qui prient pour sa chute. – Lilia Lrd
Isaiah Rashad – « SUPAFICIAL »
Depuis Cilvia Demo, l’amour imprègne l’écriture d’Isaiah Rashad sous plusieurs facettes : il dépeint sa relation tumultueuse et passionnée dans « West Savannah », que l’on retrouve 2 ans plus tard dans le titre « Silkk da Shocka » (The Sun’s Tirade), et évoque des aventures légères dans « Hey Mista » (The House Is Burning). Après une période de silence, le rappeur originaire du Tennessee exprime à travers IT’S BEEN AWFUL, son dernier album en date, une envie de retrouver un rapport aux autres plus authentique. Avec son ambiance psychédélique, ses sons rétro et ses percussions indie-rock, le titre « SUPAFICIAL » retrace la sensualité d’une rencontre amoureuse, qui se retrouve plongée dans la dépendance affective. Par le prisme de l’amour, Rashad se confie sur ses addictions et la difficulté de son parcours psychologique. Un post-refrain contradictoire montre l’équilibre qu’il peine à trouver pour être sincère avec ses partenaires : « Just focus, give it all / Just focus, give it all, don’t give it all / Just don’t give it all (Give it all) ». Avec humilité, le rappeur avoue sa peur d’entamer une relation (« Ain’t scared of you / But I’m scared of your love »). Le titre « BOY IN RED », qui le précède dans IT’S BEEN AWFUL, apporte un discours plus positif et libre, en abordant la fluidité de sa sexualité. A l’image de la radio fictive « WWUR, worldwide underground » qui ponctue son disque, Isaiah Rashad compte bien partager sa vision sincère des relations au plus grand nombre. – Marjolaine Berisset
Lord Sko – « HANGMAN »
À seulement 22 ans, Lord Sko fait partie de cette nouvelle génération de rappeurs qui souhaite replacer le rap new-yorkais des années 90 sur le devant de la scène. Au menu, le rappeur de Manhattan concocte un rap nourri de samples nostalgiques, mariné à des thématiques qui lui tiennent à cœur : le basketball, la mode vintage ou encore la culture du cannabis. Cette année, il sort ELEVATOR MUSIC, un album de dix titres entièrement produit par Statik Selektah. Et c’est « HANGMAN » qui retient particulièrement l’attention, avec un sample qui semble s’inspirer de « You Keep Me Hangin’ On » dans sa version interprétée par Rod Stewart. Cette boucle rock psyché qui s’enclenche de manière régulière tout au long du titre, se mêle à des caisses claires sèches et renforce cette impression de nostalgie. Le MC joue aussi sur le double sens de « Hangman » en poussant l’imagerie encore plus loin. Au-delà du jeu du pendu, il fait référence au fait de traîner avec ses proches, voire de planer. Ces références se mêlent ainsi à tout un imaginaire autour de la Marie-Jeanne et de son amour assumé pour le cannabis. À travers ses textes, la production flottante et vaporeuse de Statik Selektah accompagne la voix éraillée, et déjà bien reconnaissable, du jeune rappeur. « HANGMAN » est une collaboration réussie qui s’inscrit dans les codes du rap new-yorkais et illustre ce que Lord Sko sait faire de mieux : un univers nourri de références, à la fois personnel et nostalgique, où l’humour côtoie des clins d’œil constants à ses différentes passions. – Kevin Pereira
« « Sur « Astronaut », Lisha G flotte en apesanteur dans une matière sonore lumineuse où tout semble graviter autour d’elle. » »
Black Milk – « Dreams not only made at night »
Pour son neuvième album solo Ceremonial, le rappeur-producteur de Detroit Black Milk opte pour une photographie sobre en noir et blanc, arborant chemise noire dans une pose où son enveloppe corporelle semble se dédoubler. Celui qui a fait ses marques en produisant pour Slum Village mais aussi pour une flopée de noms allant de Bishop Lamont à Danny Brown en passant par Skyzoo, Lloyd Banks, Sean Price ou Guilty Simpson, est toujours resté dans l’ombre, à la limite de l’underground et du mainstream, malgré un talent indéniable derrière les machines. Sur « Dreams Not Only Made At Night », le producteur choisit une ligne de basse et quelques éléments venant se juxtaposer pour créer un groove casanier et apaisant, propice à déclencher un tranquille mouvement de nuque. Une sensation d’apaisement émane de ce dernier album auquel participent des instrumentistes aux claviers, guitares, basses et batteries. S’en dégage un ensemble vivant, chaud et organique participant à rendre son rap proche d’une soul music bienveillante. Une atmosphère qui se retrouve aussi dans le message du rappeur qui, sur ce morceau, propose par le spectre de son vécu (« been there, done that ») deux storytellings autour de deux drames différents. Le premier autour de la perte brutale d’un ami (« Another friend down, only way to describe / Feel too familiar, back on the news at five / Feel too familiar, never act too surprised »), le deuxième autour d’une situation délicate entraînée par des choix personnels discutables (« Best friend tried to pull her back to reality / The n**** that you followin’ around is insanity/ Is it that opposites attract? How can it be? »). Black Milk écrit ses couplets à la troisième personne et reprend sur le refrain les fils mélangés d’une maturité acquise au prix fort et d’un constat fataliste quant au monde qui l’entoure : « Came too far, nah, I don’t wanna come back / N***** had to save they life / Dreams not only made at night ». – JuldelaVirgule
Drake – « Make Them Cry »
Depuis ses débuts en 2010, la tradition veut que Drake démarre ses albums par un morceau confession frôlant les quatre ou cinq minutes. Au moment de revenir après le tremblement de terre de 2024, le titre inaugural de ICEMAN allait forcément avoir de quoi être scruté. Si le nouvel album du Canadien réussit parfaitement dans ses ambiances musicales, il pêche parfois dans ses textes, tant le rappeur semble cacher sa vulnérabilité derrière un voile d’orgueil parfois regrettable. Sur « Make Them Cry » pourtant, quelque chose se passe : après avoir posé dès l’ouverture de morceau les deux choses les plus importantes à ses yeux (sa famille et sa ville), le Torontois revient alors sur une discussion avec son producteur de toujours, 40, qui l’incite à mettre sa fierté de côté pour observer ses insécurités (« Feel like 40 won’t even listen to my words when he knows I’m in a load of trouble […] Basically he’s sayin’ I got growin’ up to do, I gotta dig deep »). Quelques instants après, un changement de production amène alors le rappeur à ouvrir les vannes de la confession : paranoïa envers ceux qui l’entourent, trahison d’un ami ayant revendu sa chaîne, rejet sentimental l’ayant blessé… tout y passe en l’espace de deux longues minutes, avant de se conclure par une morale plus grande. Comme une prise de recul salutaire, Drake conclue « Make Them Cry » sur un second changement de production plus calme et aérien – typique du son OVO historique – en expliquant que des combats plus grands que celui contre Kendrick Lamar l’animent : l’industrie, l’âge, l’ingratitude du public, et, finalement, le récent cancer de son père. Révélé dans les ultimes secondes du morceau, le problème de santé de Dennis Graham (aujourd’hui guéri) sonne alors comme une prise de conscience brutale de la futilité de la guerre en ligne qu’a pu mener le Canadien pendant plusieurs mois en 2024. Drake livre finalement avec « Make Them Cry » une longue introspection pleine de vulnérabilité, qui montre que, derrière la machine à streams, une part d’humanité continue d’exister. Au vu de l’antipathie (justifiée) que le rappeur a pu susciter ces dernières années, ce long moment d’ouverture sincère prend alors une importance toute particulière. Celle d’une preuve de normalité, dans un trop grand océan de vanité. – Brice Bossavie
Bladee – « Versailles Flow »
Depuis leur apparition en 2013, les suédois du Drain Gang n’ont eu de cesse de mettre en lumière de manière plus ou moins volontaire la face la moins reluisante des esthétiques qu’ils s’approprient. Principal concerné, le rap a ainsi souvent été renvoyé par ces artistes à une certaine essence caricaturale, où cynisme et innocence sont les deux faces d’une même pièce. Bladee, la tête d’affiche du collectif, produit aujourd’hui une musique affranchie des genres, lorgnant à loisir vers l’EDM, la pop d’avant-garde ou le post-punk. C’est vers le rap qu’il revient sur « Versailles Flow », single de l’album Sulfur Surfer, bien qu’on sente la tentation du chant dans son flow chevrotant. La nonchalance ingénue qui caractérise son interprétation est ici au service d’un texte à la fois mystique et anxieux, où le chanteur/rappeur se décrit comme une sorte de Sisyphe moderne, et un martyr parmi d’autres de cette époque infernale : « It’s like I can’t keep up, but I keep it going on[…]Ready to die, winter in (My mind) / Ready to climb, reach for the divine ». La production de Whitearmor, construite autour d’un clavecin de synthèse sinistre, accompagne Bladee dans son ascension sans but. Et balaye la figure imposée de la beauté ornementale rattachée à Versailles et son château pour en révéler une certaine laideur, construite à la fois sur l’opulence et le vide. – chosen
6LACK – « BEAR »
6LACK revient avec son quatrième album, plus amoureux que jamais et en véritable papa poule. Cet amour pour sa famille habille la pochette, traverse les morceaux et donne même son nom au disque : Love Is the New Gangsta. L’artiste résume lui-même cette idée simplement : « L’amour est la réponse, l’amour guérit et unit. L’amour est vraiment la nouvelle tendance, et comme le dit le titre, l’amour est le nouveau gangsta. » Cette évolution prend tout son sens sur « Bear ». Porté par une production aux accents trap construite autour d’un sample de « My Mind » de Yebba, le morceau sonne comme une mise à nu. « Soyez patients avec moi, ouais, c’est tout ce que je demande », confie 6LACK. Derrière cette demande se dessine le portrait d’un homme marqué par ses erreurs et ses traumatismes, mais qui choisit enfin d’avancer sans se laisser définir par son passé. Il élargit aussi son regard à ceux qui l’entourent, évoquant avec tristesse une génération enfermée dans les addictions, la peur du changement et celle de l’engagement. Sans tomber dans le jugement, 6LACK décrit un environnement où ces schémas semblent presque inévitables, comme un héritage dont il est difficile de s’affranchir. Un titre sincère et touchant, qui clôt l’album sur une note d’apaisement. – Makia
Vince Staples – « TV Guide »
Qu’est-il arrivé à Vince Staples ? Libéré de Def Jam et de certaines attentes contractuelles, le californien, après plusieurs albums réussis, propose un sacré virage avec son nouvel album. Cry Baby est un disque aux sonorités punk-rock, dépeignant sur son artwork un nourrisson capricieux aux allures de Donald Trump. Si l’album divise les fans de la première heure habitués à un rap plus traditionnel dans ses esthétiques sonores – et ce même si Staples a déjà expérimenté à plusieurs reprises – Cry Baby est pourtant bel et bien l’album le plus marquant de son auteur. Prenant un ton et une liberté radicale, le rappeur égratigne le mythe d’un mode de vie américain devenu critiquable à bien des égards. Sur « TV Guide », Vince Staples s’en prend au grand, petit et tout petit écran. Produit par SAINT MINO, les guitares saturées hurlent en premier bientôt rejointes par un larsen dérangeant et une basse épaisse. Une batterie lourde va plus loin dans les hostilités, synchronisée avec un refrain simple, voué à ne faire qu’un avec le public lors de prochains concerts d’un Cry Baby Tour qui s’annonce brûlant. Le rappeur joue au namedropping de films et d’acteurs sur son troisième couplet pour finir en grâce : « Who’s The Witch though? Power of the dollar decline, they gave us crypto / Let the coin flip, head or tails? Go ‘head and pick which one they goin’ in (Who gives a fuck?) / Where’s the love at? Touched by Uncle Sam, you better fuck back » . Difficile à dire encore, mais dans un rap américian assez silencieux envers son dirigeant principal, l’album risque de faire date. – JuldelaVirgule
« « Celle qui se décrit comme une Cendrillon en costume, arrogante et fière de l’être au volant de sa Lamborghini Aventador SVJ, n’a désormais plus de temps à perdre. » »
Pura Pura – « GET IT OFF » feat. Papo2oo4
Comme son nom l’annonce sans détours, le collectif international RAPRAVE s’est donné pour mission de réunir le rap et les musiques de clubs, en en rappelant l’essence commune tout en dessinant de nouveaux possibles. « GET IT OFF », produit par le français Pura Pura ne correspond pas forcément à la définition qu’on se fait d’un titre pensé pour le dancefloor. Sa manière d’ajouter un par un des éléments rythmiques au sein d’une machinerie en surchauffe évoque toutefois le petit temps d’adaptation nécessaire au cerveau pour comprendre la rafale de signaux qui l’assaillent une fois passée la porte du club. Cette approche du producteur qui s’apparente à une sorte de storytelling sensoriel se heurte volontairement au flow de Papo2oo4. La voix du rappeur du New Jersey, au grain imbibé de sirop à la manière d’un Max B dont il revendique l’influence, est idéale pour occuper l’espace. Elle devient une présence omnipotente, quelque part entre une entité surnaturelle, un boss autoritaire toujours dans l’oreillette, ou même une petite voix intérieure aux motifs troubles. De cette tension découle la sensation d’avoir mis le pied dans un espace à la fois hostile et excitant, régies par des codes bien connus mais réassemblés selon un nouvel ordre. Où les frontières entre les genres sont aussi fines que celles entre les niveaux de conscience. – chosen
Heartbreak JC & DJ Muggs – « Jesus Piece »
Jesus Piece. Deux mots qui reviennent souvent dans la bouche des rappeurs. Au point que l’on pourrait presque faire une mixtape sur ce thème. Le Jesus Piece est en général un pendentif, un bijou, à l’effigie du Christ. Peut-être pour se donner bonne conscience – ça ressemblerait à l’expiation express de ses péchés en passant au confessionnal en plus bling bling – ou simplement afficher sa foi de manière ostentatoire. Outre le paradoxe matériel et spirituel, il y aurait beaucoup de choses à débattre sur le sujet, devenu par exemple une des matières principales du film Mean Streets de Martin Scorsese. Du contraste entre vie de rue violente et aspiration à plus de paix, il est question dans le clip vidéo de Heartbreak JC. Rappeur de Memphis signé sur le label de DJ Muggs Soul Assassins, il met à l’image le morceau « Jesus Piece » sorti à l’été 2025 dans une curieuse indifférence générale. Pourtant, Muggs y faisait encore étal de son talent en sortant pour l’occasion de sa zone de confort. Synthés gras, cow-bells, effets de TR-808, celui qui nous a habitués ces dernières années à un boom bap crasseux prend à contre-pied avec un beat funk paraissant tout droit sorti d’Oakland. En attendant l’album en commun qui semble se construire pièce par pièce, cette version clippée de ce « Jesus Piece », déjà vieux d’un an mais ultra-efficace, met un peu plus l’eau à la bouche. – JuldelaVirgule
Wiki, duendita – « Bloom »
Avant d’être éclipsé par le plus grand événement sportif de la planète, l’équipe des Knicks de New-York sont redevenus en juin les champions NBA, plus d’un demi-siècle après leur dernier sacre. Au soir de cette victoire, les rues s’affolent. Plusieurs vidéos surgissent dans lesquelles on peut entendre les fans fièrement entonner à cœur le single anthémique de Jay-Z et Alicia Keys sorti en 2009, « Empire State Of Mind ». Le passionné de rap outre-Atlantique que je suis, déçu de contempler une ville si spéciale tomber dans une référence commune aussi tiède, s’attendait sûrement à y découvrir les morceaux qui faisaient vibrer le cœur des new-yorkais a l’aube de l’été. Mais cette ville de New-York elle a changé. Et c’est tout le malaise que procure ce changement que nous raconte « Bloom », magnifique morceau mélancolique issu du dernier album de Wiki, ex membre du crew de Harlem Ratking, en collaboration avec la voix du projet collaboratif originaire du Queens duendita sur une production brillante de Lil Ugly Mane. Dans le prolongement du titre de l’album, Ancient History, et de ses thèmes, Wiki conte ici la déliquescence de l’esprit et la culture de son quartier ravagés par la gentrification. Ses premiers mots, chantés, ressemblent plus aux lamentations désabusées d’un passé disparu depuis longtemps (« Home’s gone / So long / I can’t recognise it »). Le duo évoque chacun à leur manière la montée des prix des logements, l’obligation de bouger vers la périphérie, l’incapacité à pouvoir se retrouver dans des espaces dédiés ou encore l’incommodité de ne plus reconnaître les visages et les commerces locaux aujourd’hui remplacés qu’on voyait quotidiennement. Finalement, Wiki pose avec une question simple le diagnostic devenu implacable d’une ville transformée et de ses nouveaux résidents qui, à tout hasard, célèbrent un titre historique en reprenant une chanson de merde : « It’s New York, why you acting like you shocked ? » – Hugo
SALIMATA – « Jackpot & Foil »
Pour sa toute première performance COLORS, Salimata frappe fort en fusionnant deux de ses morceaux phares dans un diptyque brut : « Jackpot & Foil ». Le tout posé sur une prod boom-bap taillée sur mesure, co-signée par le producteur Jedi-P et la rappeuse elle-même, rappelant instantanément ses origines new-yorkaises et l’héritage lourd de Brooklyn. Récemment installée à Marseille par amour, elle s’avance armée d’un casque en cuir pour une première partie au sommet de l’ego-trip, où elle célèbre sa résilience, la fierté d’avoir mis sa mère à l’abri et son statut de meilleure rappeuse prête à aller au combat. Puis l’atmosphère bascule avec « Foil », une plongée introspective dans son passé underground. Entre métaphores de papier alu évoquant la drogue qui altère ses engrenages « messin’ with my coils », ultra-violence des codes de la rue « wig snatched » et santé mentale précaire où le moindre joint fait replonger les siens, l’artiste met à nu ses traumatismes. En scellant ces deux titres, Salimata crée une dualité saisissante : l’accomplissement d’un côté, le rappel brutal de la réalité de l’autre, prouvant avec brio que chez elle, la victoire ne va jamais sans ses cicatrices. – Makia
Cette sélection est disponible en playlist sur Spotify et Deezer.
Pas de commentaire