Le Prince est toujours parmi nous
En une quinzaine d’années de carrière, Prince Waly aura marqué le rap français de son empreinte. Ses aptitudes techniques, sa diction et son style ne seront pas oubliés, pas plus que sa générosité et son engagement. Hommage en dix morceaux commentés.
En se réveillant le lundi 05 octobre 2026, le rap français avait les yeux humides et la gorge nouée. Durant le week-end, il venait de perdre Prince Waly, Moussa Magassa de son nom civil. Les heures, puis les jours qui ont suivi furent un temps de sidération, de peine et de recueillement publics. Des centaines et des centaines de personnes ont tenu à témoigner leur chagrin et à manifester l’amour qu’elles portaient au rappeur, à cœur ouvert.
Ces multiples paragraphes écrits sur les réseaux sociaux en hommage à Prince Waly, qu’ils l’aient été par des proches, par des artistes ou par des auditrices et auditeurs, ne se sont que peu drapés d’une distance pudique. Ils étaient pour beaucoup intenses, chauds et sincères et cela ne créa pas de malaise car le rapport que Waly a entretenu avec les siens -au sens large- permettait un tel amour. Par sa musique, mais aussi par sa façon de considérer chacune et chacun, le Prince s’était installé naturellement dans les existences. Affaibli physiquement par une maladie contre laquelle il se battait depuis 2019, il n’avait jamais cessé d’être aux yeux des autres un être solaire. Charismatique, beau, fort, Waly avait quelque chose du roc et quand bien même on sait la puissance du crabe, nul n’osait se figurer qu’il viendrait à bout du Walygator. Perdre Moussa n’était pas une option, il n’avait pas fini son marathon. Malheureusement, il a poussé son dernier souffle un dimanche d’octobre, et il s’agit maintenant pour le rap français de faire vivre son œuvre encore et d’honorer sa mémoire.
Par cette sélection commentée de dix morceaux, l’Abcdr tient à rendre hommage à l’artiste et à la personne qu’était Prince Waly. Le présent article lui est dédié ainsi qu’à sa femme, Enchantée Julia.
Big Budha Cheez – « M.City Citizen »
Au début des années 2010, le dynamisme culturel de Montreuil, commune vivante s’il en est, ne se dément pas. À l’est immédiat de Paris, au bout de la ligne 9, c’est un bastion hip-hop historique, mais le rap local ne s’est jamais réellement vu exposé et demeure relativement underground. Sanctuaire Shinto, La Légion, 93 Lyrics, Soklak et de nombreux autres ont pavé le chemin pour que les plus jeunes se retrouvent à représenter la ville et à émuler le rap montreuillois au Café La Pêche et au-delà. Prince Waly compte parmi ces derniers et développe avec le collectif Exepoq et le groupe Big Budha Cheez un univers unique à la croisée des époques et des imaginaires. Fiers de leur ancrage, Waly et les siens sont désireux de ne pas en être prisonniers, et créent astucieusement pour cela une alterville, M.City, dont ils sont tantôt citoyens, tantôt maires, tantôt princes et où tous les possibles se rencontrent. « M.City Citizen », morceau titre d’un EP paru en 2013, cristallise l’énergie de cette période. Parce qu’ils enregistrent leur musique sur bande analogique et leurs clips sur pellicule vidéo, Fiasko Proximo et Prince Waly n’ont que peu le droit à l’erreur dans l’exécution de leur art, coûteux. C’est ainsi qu’ils le perfectionnent comme personne parmi leur génération de MC’s et atteignent une précision nanométrique dans le rap. À sa sortie, « M.City Citizen » trompait l’auditeur par son grain sonore et visuel mais aussi par les flows et vocables, tant le tout ressemblait à une archive exhumée des années 1990. 13 ans plus tard, la question de la temporalité ne se pose pas, ce titre comme une large partie de l’œuvre laissée par Waly échappe aux marques du sablier qui s’écoule. — B2
Hologram Lo’ – « Rov or Benz » feat. Alpha Wann, Prince Waly
Au printemps 2014, un média encore relativement confidentiel invite un groupe de rap à réaliser un freestyle filmé dans un appartement parisien. En ouverture, un de ses membres démarre alors les festivités par une performance tout en style. Notamment sur un passage : « Aurais-je le Range Rover ? La Mercedes ? ». De ces quelques mots énoncés par Prince Waly chez Grünt va alors naître un morceau tout entier quelques mois plus tard. Pour son premier EP sur son label Don Dada Records, Hologram Lo’ va sampler cette phrase, convier son auteur en featuring par dessus, et y rajouter Alpha Wann. Une association qui donnera naissance à une des premières apparitions marquantes de Waly en dehors de son duo Big Budha Cheez. Dans la tradition du renouveau boom bap du début des années 2010, le trio livre alors un morceau sous influence 90’s qui passera un message : les mots « Prince Waly » et « cool » vont très vite devenir indissociables au sein du rap français. Placé en ouverture de morceau, le rappeur y déroule alors ce qui fera le sel de son début de carrière : une diction et des rimes étudiées, soutenues par une attitude donnant l’impression que tout semble simple pour son auteur. L’avenir montrera que cette performance toute en nonchalance n’était pas qu’un tir à la volée. Mais une déclaration d’intention, en toute décontraction. — Brice Bossavie
Bon Gamin- « Bon Gamin » feat. Prince Waly & Jeune LC
Le rap français avance à deux vitesses en 2015. Certains foncent vers les sommets commerciaux, des streams plein la tête et des euros plein les fouilles en ligne de mire, d’autres envisagent de fidéliser un public plus restreint mais exigeant. Le beatmaker vendéen Myth Syzer compte parmi cette deuxième catégorie, et il investit tranquillement sur lui-même en fédérant quelques rappeurs d’exception. Avec le brillant et discret Loveni et le non moins talentueux Ichon, ils forment Bon Gamin, tout à la fois groupe de rap et noyau d’un collectif polyvalent aux contours flous. Parmi les hauts faits d’arme de Bon Gamin se compte un morceau sans titre, sur lequel les deux rappeurs sont accompagnés du rarissime Jeune LC et de Prince Waly, concitoyen montreuillois d’Ichon. Le Prince ouvre les hostilités par un couplet stratosphérique au cours duquel il multiplie les contrepieds, déposant ses rimes où il l’entend et où on ne les attend pas. Pour les articuler aussi bien entre elles, il s’appuie sur sa propre articulation, de celles qui font rêver l’orthophoniste. Les années à kicker sur bandes analogiques ont conféré à Prince Waly des aptitudes rares de placements sur le beat : il n’avale pas une syllabe par mégarde, ne respire qu’aux moments idoines et modèle parfaitement sa prononciation. Ce couplet en est une illustration particulièrement éloquente, mais loin d’être unique dans sa discographie. — B2
Prince Waly – « Ginger » feat. Ada
Parmi les storytellings du rap français, ou même du rap tout court, beaucoup ressemblent à des films de mafieux. Oxmo, à titre d’exemple, en a été maître sur son Opéra et quasiment tous les rappeurs qui se sont prêtés à l’exercice endossaient évidemment le rôle du personnage principal, le héros du film, le beau rôle, le mec qui s’en sort bien à la fin. Bon, pas tout le temps, mais c’était en très grande majorité (pour ne pas dire exclusivement) masculin. Pour « Ginger » paru sur Junior en 2016, Prince Waly change la donne. Et il la change même doublement puisque son storytelling raconte la trajectoire d’un personnage féminin d’un film déjà existant : Ginger Mc Kenna (jouée par Sharon Stone) dans Casino de Martin Scorsese. Le film étant déjà inspiré par la vraie vie de Geri McGee et Franck « Lefty » Rosenthal (Sam Rothstein campé par Robert De Niro), Waly et la chanteuse Ada, qui par ses vocalises et son refrain amène un côté R&B de la fin des nineties, viennent boucler une boucle d’un demi siècle. Celle-ci porte sur les thèmes de l’amour mais aussi de l’amitié (« Même ce taré d’Santoro, a craqué pour cette jolie blonde / Briser une amitié qui durait depuis 35 ans »), de la cupidité et du matérialisme (« Un enfant avant le mariage, c’est la seule clause / Elle dit ne pas l’aimer mais elle adore les bonnes choses »). Myth Syzer s’occupe de la rythmique ingénieusement (il est aussi à l’origine du concept), Waly se charge de la verbalistique avec autant de précision que Scorsese à la caméra. Paré d’un phrasé millimétré (admirons le placement imparable « Mc Kenna / matelas /mac est là » en introduction), Prince Waly a en plus l’idée luxueuse de conclure « Ginger » par une référence à un des plus beaux plans du cinéma, celui avec la tire de Nicky se reflétant dans les lunettes de soleil de Sam : « Au casino, les arnaqueurs ne vont pas en prison / Tu sais le désert n’a pas d’horizon ». — JulDelaVirgule
Prince Waly & Myth Syzer – « Junior »
Sur son premier EP Junior, entièrement produit par Myth Syzer, le morceau-titre introductif se démarque d’abord par son clip vintage. Une esthétique VHS capte d’un noir et blanc rugueux des instants de jeunesse épars, entre bons moments de vacances et vie urbaine crapuleuse. Cette ambivalence se retrouve dans les lyrics, qui balancent entre un égotrip technique bien ciselé et des influences plus dures, ancrées dans la vie de rue, multipliant les références à Lunatic, une des grandes inspirations qui parcourent l’oeuvre de Prince Waly. Elle se retrouve aussi dans la production, réalisée par Myth Syzer avec les Montreuillois d’Exepoq Organisation, dont les contrastes reflètent la manière dont Syzer s’approprie l’école new-yorkaise des années 90, obsédé par les décalages, déformations et agencements des expérimentations de J Dilla. Ici les cuivres sont d’une couleur sonore brillante, argentine voire métallique, étonnamment enveloppante. Waly y rappe trois couplets sans refrain avec l’assurance du prodige qui le caractérisait, tandis que l’auditeur ne sait plus très bien dans quelle époque il se trouve. Du haut de ses vingt-cinq ans, ses constats ont quelque chose de la sagesse des aînés. Élaboré et raffiné, son rap y dégage pourtant une spontanéité aussi évidente que désarmante. Ces dissonances – de thèmes, d’influences, de postures et finalement d’époques et de talents – irriguent l’œuvre de Prince Waly, particulièrement dans ses fécondes collaborations avec Myth Syzer, qui accompagnent sa première partie de carrière. Depuis Clean Shoes (2013), première apparition solo du rappeur et tout premier morceau né de leur binôme, sa musique résonne comme un trou de ver, inspirée mais jamais passéiste. L’hommage y est une force positive intemporelle plutôt qu’un exercice figé de nostalgie. — Bzx
« Une large partie de l’œuvre laissée par Prince Waly échappe aux marques du sablier qui s’écoule. »
Big Budha Cheez – « Épicerie coréenne »
Sur Épicerie coréenne, second album de Big Budha Cheez, Prince Waly occupe une place prépondérante au micro alors que son binôme Fiasko Proximo est plus discret. Le disque sera le point final de la courte mais dense discographie du groupe. Le morceau titre de l’album ne laisse entendre que la voix de Waly sur la prod de son binôme historique, pour 3 minutes 30 de rap hardcore qui n’en ont pas nécessairement l’air. À l’instar de ce que pouvait faire un Oxmo Puccino (invité sur l’album), Prince Waly peut scander des paroles crues, désagréables ou violentes d’une voix de velours, accentuant le trouble qu’en provoque la compréhension. C’est précisément ce qui se passe sur « Épicerie coréenne », où le rappeur développe un thème central de son œuvre et déplaisant s’il en est : le racisme. Comme à l’accoutumée, la narration très cinématographique et les références à la fiction enveloppent son discours, dont il ne faut surtout pas minimiser la gravité pour autant. « Ils ont repêché du n**** dans l’étang », « les flics ont beaucoup d’morts chez les renois et les Crips », « j’ai plus l’coeur à faire des blagues depuis qu’les keufs s’amusent à faire des blacks », « tous ces bâtards, quand est-ce qu’on les pend ? », le propos est clair. Enfin, si ce morceau comme le reste de l’album convoque une mythologie très américaine, le clip qui l’illustre vient le recentrer sur la France et son propre racisme. Parmi les nombreuses qualités de Prince Waly qu’il faut honorer, il y a son engagement politique explicite et infaillible. — B2
Prince Waly – « BO Y Z » feat. Feu! Chatterton
Si l’EP BO Y Z est un clin d’œil manifeste à Boyz n the Hood, film culte de 1991, son dernier morceau éponyme reprend le pitch de Moonlight, sorti vingt-cinq ans plus tard. Prince Waly fait ici le pont générationnel entre Y et Z, et quitte l’Ouest pour l’Est, direction Miami. Waly imagine l’adaptation rappée du film de Barry Jenkins qui fait le portrait d‘un jeune Afro-Américain gay à trois âges de sa vie. « Surnommé « Blue » à cause de sa couleur, mon nom c’est Black, rose est la douleur » scande le rappeur, en référence aux lumières qui éclairent les personnages, notamment la nuit au bord de l’océan où les peaux foncées semblent teintées de bleu. Motif important de Moonlight, l’eau s’infiltre aussi dans la production de « BO Y Z » où les percussions sonnent comme des notes aquatiques. Prince Waly trouble les genres, invitant sur le refrain Arthur Teboul du groupe Feu! Chatterton, le tout sur une création du beatmaker et saxophoniste Saintard. Plus encore qu’une transposition musicale du film, le rappeur met en voix le récit des silencié·es, des opprimé·es, des communautés noire et queer. Le cinéma est indissociable de l’œuvre de Prince Waly, pour autant le passage par la fiction dans « BO Y Z » n’agit pas comme un écran qui mettrait à distance. Mais plutôt comme une manière poétique de raconter l’intimité et la lutte. « C’est jour de célébration, j’suis d’venu un homme et les garçons me plaisent. » Rares sont les exemples de tel storytelling dans la musique, qui plus est de la part d’artistes qui ne font a priori pas partie de la communauté queer. Dans « BO Y Z », Waly navigue entre le « je », le « il », jusqu’au « on » pour s’extraire du récit, et dans un moment réflexif suggérer qu’ « on devrait casser les codes et laisser nos gamins s’épanouir ». — Orane Gibier
Prince Waly – « Walygator »
Mars 2022. Après trois ans sans sortir de disque en raison d’un cancer du thymus diagnostiqué peu après la sortie de son EP BO Y Z (2019), Prince Waly est en passe de revenir avec son premier album, Moussa. Pour officialiser ce retour, il décide de miser sur « Walygator », single esquissant la couleur et les thèmes des 14 titres qu’il dévoilera en septembre. « La peau dure, le sang froid », commence Prince Waly, s’identifiant le long du morceau à un alligator. Tel le reptile, le Montreuillois fond sur la prod, posant avec virulence sur les drums féroces du beatmakeur Crayon. Dans le premier couplet, le rappeur raconte celui qu’il était il y a des années, du genre impulsif, à agir sans regret et à vendre sa dope sans se poser de question. Dans le second, la maladie est passée par là : Walygator « se sent dépassé », « les regrets se sont entassés ». Sa combativité, cependant, n’a pas disparu. Le MC se compare au Django de Tarantino, un homme qui n’a “plus rien à perdre” et dont « les coups de fouet ont fait de sa peau un cuir ». Entre les deux couplets, un synthé céleste se fait entendre. Prince Waly se fend alors d’un refrain dont la poésie dépeint l’âpreté des épreuves traversées (« Chaque jour je décède, marathon dans le désert / J’attends qu’il pleuve, un panier flotte dans le fleuve »). Le Walygator a bravé les vastes dunes de sable et le voici à nouveau dans son élément, entre découpe hargneuse et chant aérien. En articulant le morceau autour de cette figure crocodilienne, réputée robuste, Prince Waly démontre que, loin d’avoir cédé à la fatalité, il a conçu Moussa avec résilience et détermination. — Alexis P.
Prince Waly – « BBF »
Il y a des chansons de rupture qu’on garde sous le coude pour les moments difficiles, pour l’intimité et la familiarité qu’elles éveillent dans l’imaginaire. Comme une lumière douce qui rappelle qu’on n’est pas seuls avec nos sentiments agités. À la sortie de « BBF » en septembre 2022, Prince Waly n’en est pas à son coup d’essai quant à l’écriture de mots d’amour. On pense notamment à son feat avec Enchantée Julia dans « Minute » sur la compilation Walk Tape Vol.01 parue quelques mois avant, et plus antérieurement, au titre rnb « Girl » avec la chanteuse sur BO Y Z (2019). Ces mots doux se retrouvent évidemment du côté de sa femme Julia : à cette époque, elle a déjà sorti le single « Moussa », qui dépeint ses sentiments amoureux avec justesse et poésie. Dans le morceau « BBF », une pause aux envolées soul à travers les 14 pistes de l’album Moussa dont il est extrait, l’intimité du quotidien amoureux occupe une place de choix. « On faisait des choses, quand il faisait noir / On se donnait chaud l’hiver, quand il faisait froid », l’entêtant refrain chanté par Prince Waly décrit le sentiment de confort que procure l’amour, une intensité si forte qu’elle peut conduire à la rupture en un instant. La familiarité de l’appartement, les sous-vêtements déposés sur le sol, les vêtements portés par l’être aimé, rappellent la simplicité des moments dans une relation, et la difficulté d’aller de l’avant quand elle se termine. La chaleur de ce titre à la structure vocale imaginée à quatre mains par le Prince et Enchantée Julia pendant le confinement, est sublimée par les arrangements composés par Crayon où se mêlent violons, claviers et des chœurs vaporeux. « BBF » est un bel exemple de l’équilibre entre rap et neo soul qui caractérise la musique de Prince Waly. L’intimité qui s’en dégage fait écho à ce qui a toujours animé le rappeur : décrire son quotidien à travers les émotions qui le traversent. — Marjolaine Bérisset
Prince Waly – « MP5 »
« Les gamins ne parlent plus en MP3 mais en MP5. » Sur le morceau « MP5 », Prince Waly fait face à un constat implacable : les années filent. Celui qui vient dévoiler BOY Z Vol.2 fin 2023 est toujours là, après plus de dix ans de carrière. « MP5 » en atteste : l’écriture du MC est toujours aussi technique, et sa musique plus que jamais immersive. Lorsque le rappeur de Montreuil kicke à toute allure, sans un mot plus haut que l’autre, par-dessus les basses vibrantes, on l’imagine pareil à un tueur à gages méthodique, style Fassbender dans The Killer. Quant à l’instrumental signé Tices, dont la boucle cristalline intensifie la sombreur du titre, elle sublime une écriture millimétrée. Puis Waly s’efface, la batterie s’épaissit, et c’est la voix française d’Ice Cube dans Boyz n the Hood qui prend le relais : « Tu verras, le prochain mec qu’ils butent c’est moi. Ça n’a pas d’importance. Un jour, on part tous les pieds devant. » En référençant le film de John Singleton qui a inspiré le nom de ses EPs BO Y Z et son propre pseudonyme, Prince Waly reste fidèle à ses obsessions des débuts. La noirceur du titre n’est d’ailleurs pas sans rappeler la nervosité froide de Mobb Deep ou Lunatic, deux groupes dont le rappeur n’a eu de cesse de revendiquer l’influence. Avec « MP5 », Prince Waly continue ainsi de soigner son art de la mise en scène sans s’écarter de ses fondamentaux. — Alexis P.
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