« Ni mal ni bien », premier extrait du nouvel album à venir de La Rumeur

Vingt-quatre années se sont écoulées depuis L’ombre sur la mesure, le premier album de La Rumeur. Une éternité. Avec des épreuves au long cours – un procès de huit ans pour diffamation publique envers la police nationale – de nouveaux sillons creusés dans la réalisation pour les salles obscures (Les derniers parisiens, Rue des Dames), et une continuité discographique et scénique à peine entamée par les chemins de traverse de l’indépendance.

La production musicale de La Rumeur a, elle aussi, évolué avec le temps. Avec des artificiers venus compléter le noyau dur et de nouvelles approches pour des atmosphères passant du film noir policier transpirant de L’ombre sur la mesure vers des sonorités progressivement plus électroniques. Parfois étouffantes, parfois froides ou stridentes, mais toujours porteuses d’une tension et d’un sentiment d’urgence. Avec une continuité dans le ton comme dans les thèmes, et un regard affiné par les années qui défilent. « Ne faisons pas comme si on avait 20 ans » clamaient-ils sur Comment rester propre ? Les voix se font plus rauques, plus marquées par… la vie. Mais La Rumeur demeure. Existe aux antipodes et avance à son rythme, selon ses envies, comme des indépendants qui privilégient l’approche artisanale à la production de masse.

C’est cette continuité, cet héritage et cette alchimie collective que l’on retrouve sur « Ni mal ni bien ». Un morceau qui transmet tout ce passif, tout en donnant le ton. Un morceau qui pose aussi les bases de la prolongation d’une collaboration à la fois inattendue et évidente avec Chilly Gonzales, débutée un soir de pleine lune chez les amis de Grünt. Les mots sont pesés, les convictions chevillées au corps, pour un trio qui continue fièrement à tracer sa propre voie face aux outrances de l’époque.

Un premier extrait qui annonce un long format magistral. Mais qui ça étonne encore ?