Tatyana Jane, rap discordia
Interview

Tatyana Jane, rap discordia

Nouveau visage fort de la scène électronique française, Tatyana Jane dévoile au grand jour sa passion pour le rap sur Discordia, son premier EP chez Ed Banger Records. L’occasion d’aller discuter avec elle de son lien de longue date avec le genre.

Photographies : Ladurso pour l’Abcdr du Son.

Depuis ses débuts en 2003, l’annonce d’une nouvelle signature chez Ed Banger Records n’a jamais été quelque chose d’anodin. Porté par un esprit de famille, où les arrivants se font plutôt rares, le label de Pedro Winter a toujours préféré le cercle restreint aux intégrations tous azimuts. Fin 2025, l’annonce de l’arrivée de Tatyana Jane au sein de l’écurie parisienne tenait donc autant de la bonne surprise que de l’évidence : révélation de la scène électronique française ces dernières années, la DJ et productrice a su se faire sa place au sein des clubs avec sa musique riche en basses et en rythmiques dansantes, en faisant aussi preuve d’un vrai éclectisme. Une ouverture d’esprit et un vrai sens de la production qui aura amené la jeune femme à se produire à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024, tout en devenant aussi proche d’un certain Skrillex, qui l’a déjà conviée à plusieurs DJ sets ensemble.

Forcément, l’annonce de la tracklist du premier EP de la musicienne chez Ed Banger Records début juin avait de quoi intriguer : au milieu de plusieurs morceaux instrumentaux, les rappeuses Kay The Prodigy et Lala &ce venaient compléter le casting de ces six titres portés par une énergie club hybride. Si ces collobarations pourraient étonner au premier abord, le parcours de Tatyana Jane permet pourtant de bien mieux comprendre le sens de ces invitations. Depuis sa jeunesse, celle qui a d’abord grandi au Cameroun avant de partir vivre dans le Sud de la France a baigné dans le rap, au point de commencer par produire pour ce genre musical, avant de se plonger dans les mélanges électroniques. Une histoire forte d’auditrice et de productrice, où se croisent Laylow, Grems, Jazzy Bazz, PNL et Young Thug, que Tatyana Jane a pris le temps de longuement raconter à l’Abcdr du Son. Comme pour mieux rappeler l’éclectisme de la musicienne, bien déterminée à ne se laisser enfermer dans aucun carcan.


Abcdr du Son : Tu as beaucoup parlé depuis tes débuts de tes liens avec la French Touch, la bass music, mais peu de rap, alors que ça fait aussi partie de ton parcours. À quand remontent tes liens avec cette musique ?

Tatyana Jane : J’ai grandi avec un grand frère qui avait dix ans de plus que moi, et il avait des cassettes de Biggie, 2Pac, donc depuis très jeune, mes oreilles ont été habituées à écouter du rap. Je pense que le premier artiste rap que j’ai écouté c’était 2Pac. J’ai ensuite beaucoup écouté la mouvance R&B des années 2000 avec TLC, Britney, les L5 en France. Et les Neptunes ont été aussi très importants. Notamment Pharrell : quand j’ai grandi au Cameroun, il y avait une chaîne qui s’appelait MCM Afrique, qui diffusait vraiment tous les tubes de rap, et Pharrell passait tout le temps. J’étais aussi ultra fan de Snoop. Donc au début ça a été beaucoup de rap américain avant d’aussi écouter du rap français. 

A : Comment tu passes au rap français justement ?

TJ : C’est vraiment en arrivant en France que je m’y suis mise. Au Cameroun, j’écoutais un peu Diam’s et le Saïan Supa Crew avec « Angela ». Mais je me le suis vraiment mangé en arrivant à Avignon. Je me souviens qu’un pote m’avait prêté un CD de L’Ecole du Micro d’Argent et j’étais en mode : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». Pendant un mois j’ai écouté en boucle ce disque. La puissance des textes… j’avais vraiment l’impression qu’il y avait une déter’ qui me parlait dedans. Et c’est important aussi de parler de Diam’s, c’était vraiment ma go’. C’était des textes de meuf, pas de mec, et ça avait un autre sens pour moi. Les textes de mecs, c’est cool, mais ça parle moins de nos galères de filles, elle arrivait vraiment à retranscrire ça. Après ça, j’ai commencé à kiffer les artistes qui font des mélanges dans le rap, je pense à Grems par exemple. Autour de mes seize ans, je suis partie vivre à Montpellier et il s’est passé quelque chose en ville avec Joke, Set & Match, j’étais proche de pas mal de gens de cette scène musicale. J’ai aussi croisé Laylow et son équipe, on était un petit microcosme, où tout le monde se voyait un peu. 

« J’ai commencé à faire des prods pour mes potes, pour pouvoir rapper dans des parcs. Au début je faisais ça sur GarageBand, ça sonnait très Soulja Boy. Mais il y avait déjà quand même quelque chose d’électro. »

A : Tu as croisé Laylow avant qu’il soit connu ?

TJ : Oui, Laylow a passé beaucoup de temps à Montpellier pendant un petit moment avec son équipe. Quand je suis arrivée en ville, adolescente, j’ai rencontré Nabil [Adimi, ndlr] qui est aujourd’hui son manager, et on traînait à la promenade du Peyrou. Il se trouve qu’on se retrouvait là-bas pour rapper. C’est comme ça que j’ai commencé à faire des prods : parce que je rappais dans ce parc avec Nabil. Et j’ai rencontré Wit. quelques mois après. Pour l’anecdote, c’est d’ailleurs moi qui ai mis Laylow en contact avec son manager via un pote que j’avais, et ils sont ensuite devenus hyper proches. Donc on s’est mis à traîner dans les mêmes soirées après ça. 

A : Donc tes toutes premières prods étaient pour du rap ?

TJ : Oui, j’ai commencé à faire des prods pour mes potes, pour pouvoir rapper dans des parcs [Sourire]. Au début je faisais ça sur GarageBand, ça sonnait très Soulja Boy, c’était le son de l’époque, mais il y avait déjà quand même quelque chose d’électro. Donc c’est marrant, on se faisait des soirées, et Laylow est venu plusieurs fois chez moi. Il se passait vraiment quelque chose dans le Sud à ce moment, je pense aussi à la team de Nemir à Perpignan qui était pas loin, ça faisait une espèce de concentration culturelle qui était vraiment cool. Et j’ai fait toutes mes études secondaires dans tout ce microcosme. À l’époque, il y avait quelqu’un dans cette équipe qui s’appelait Bamba, qui est devenu DJ, et il mixait aux soirées. C’est comme ça que j’ai découvert ce métier. Je me suis dit « Ah intéressant, tu peux faire du son, tu peux mixer ». Donc j’ai découvert tout ça en arrivant à Montpellier : j’ai acheté une guitare, j’ai pris des cours, j’ai commencé à faire des prods, je traînais avec ces gars-là, je rappais. Mais pour moi ça restait de l’ordre du passe-temps, je voulais quand même me concentrer sur mes études. Sauf que je continuais quand même à faire des prods, notamment des choses de plus en plus électro. Toute cette période a fait partie des fondations qui m’ont donné envie de devenir DJ.

© Ladurso pour l’Abcdr du Son

A : Tu parlais de ta jeunesse dans les années 2000. Est-ce que tu as continué à suivre le rap durant la décennie 2010 avec l’arrivée de la trap ?

TJ : Oui complètement. Je me suis pris Young Thug, « Best Friend », c’était un des morceaux que j’écoutais le plus. Tous les bangers de Young Thug, c’était incroyable pour moi. Je sortais beaucoup au Wanderlust, et il y avait une équipe de DJs un peu proche de Yard qui jouait ces morceaux-là. En rap, on va dire que j’ai toujours suivi tous les artistes mainstream. Ce que je retiens surtout de cette période, c’est la rockstar attitude des rappeurs à ce moment-là, tu n’avais pas forcément ça avant. Je me suis aussi pris Drake, j’étais notamment à fond sur If You’re Reading This It’s Too Late. Et même avant d’arriver à Paris, j’étais fan de Kendrick. Je me souviens être allée le voir à son premier concert en France, j’avais pris le train pour aller à Lyon, j’ai retrouvé les vidéos récemment. C’était dans une salle minuscule ! [au Ninkasi Kao en 2013, ndlr]

A : Et sur le rap français de cette époque ?

TJ : J’ai eu une grosse période PNL, ça m’a vraiment beaucoup accompagnée quand je suis arrivée à Paris. Hamza aussi, j’ai vraiment toujours aimé tous ses albums, le feat avec Aya, « Minuit 13 », les titres plus rentre-dedans avec Damso. Et j’ai toujours beaucoup aimé tous les projets de Grems, avec Entek, Foreign Beggars… Ça me parlait parce qu’il faisait vraiment des mélanges dans le rap, comme Azealia Banks. J’ai même un vinyle de Air Max chez moi. J’ai beaucoup aimé Ipséïté de Damso, et Laylow aussi, notamment visuellement. L’imaginaire autour de ses projets est vraiment bien fait. En dehors de ça, j’ai aussi été très fan de la vague 1995 / L’Entourage quand j’étais plus jeune : j’étais à fond dans les Rap Contenders et je kiffais particulièrement ce que faisait Jazzy Bazz. Sa manière de poser, un peu chantante comme ça, je trouvais ça cool. J’adorais le projet Sur La Route du 3.14

A : Quand on regarde ta musique, j’ai l’impression que le premier morceau un peu rap que tu fais en tant que productrice, c’est « Psaume92 » en 2022. 

TJ : À la base, « Psaume92 » était censé être une prod de rap. Le morceau devait être plus trap que ça. C’est juste qu’en le fabriquant, je suis partie dans une autre direction. Mais l’intention y était, donc j’ai gardé le kick et les basses qui sonnent un peu rap, sur un rythme un peu dubstep. J’ai beaucoup pensé au travail de Brodinski en faisant ce morceau. Mais la trap fait partie de ma construction en tant que productrice. Ce n’est pas le style que je joue ou que je prod’ en premier, mais je continue à faire des prods de rap aujourd’hui. Pas plus tard que la semaine dernière d’ailleurs. Quand je n’ai pas d’inspiration, je fais de la trap. C’est un automatisme.

A : Pourquoi ? 

TJ : Parce que ça me permet de travailler ma créativité et de faire des choix instinctifs. Je me fais carrément des exercices où je me dis « Allez en dix minutes, je fais une prod rap ». C’est plus simple pour moi de faire une prod trap qu’electro, donc quand je n’ai pas d’idées je fais ça, en essayant de faire tous les types de rythmes, de grooves, ou de beats que je veux, avec des hi-hats différents. Je peux faire une intro, un drop, un break, un drop, un break… Ou alors intro, couplet, refrain, couplet, refrain, outro. C’est simple dans ma tête, donc plus rapide à faire. 

A : Est-ce que dans ta manière de composer, même pour de l’électronique, tu dirais que tu t’inspires un peu de la production rap ?

TJ : Oui quand même. Ce qui est flagrant pour moi c’est dans mon traitement des hi-hats et des rythmes, plutôt que dans les sonorités. Après il y a effectivement toujours la 808 qui me suit partout. Mais là où j’exprime le plus mon côté rap dans ma musique c’est plutôt sur les hi-hats et leur manière de jouer derrière. Et le rythme de manière générale. 

A : Il y a des gens du rap qui t’ont directement influencée dans ta manière de composer ?

TJ : J’aime beaucoup les producteurs de Playboi Carti. Il y en a un que je connais particulièrement qui s’appelle Roark Bailey. J’aime beaucoup ce qu’il propose, c’est très électro au final dans l’esprit. Ça me parle plutôt pas mal. C’est plus de la pop, mais Theodora me parle beaucoup. Et j’adore aussi comment Ino Casablanca compose. J’ai récemment fait deux-trois morceaux un peu inspirés par sa musique, parce qu’il y a pas mal de percus. J’aime bien comment il fait ses arrangements, donc j’ai essayé de refaire les rythmes coupés comme il fait. Je pense que le rap c’est… comme si c’était en moi. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu à faire un effort pour le produire ou pour l’assimiler.

© Ladurso pour l’Abcdr du Son

« J’ai vraiment l’impression que les barrières entre rap et techno s’effritent petit à petit. Il y a beaucoup plus de facilités à passer de l’un à l’autre au niveau des sonorités, sans que le public soit choqué. »

A : Sur ton nouvel EP pour tes débuts chez Ed Banger Records, tu invites pour la première fois des interprètes sur tes morceaux. Et ce sont deux rappeuses. Tu avais particulièrement envie d’inviter des gens de ce genre musical ?

TJ : J’ai découvert Kay The Prodigy sur YouTube avec l’émission High & Fines Herbes. J’avais adoré sa personnalité, je trouvais qu’elle était vraiment couillue, parce que c’était la seule meuf de l’émission. Donc je suis allée voir ce qu’elle faisait et j’ai adoré son côté ricain. Je l’ai ajoutée sur Instagram et j’ai vu qu’elle me suivait déjà. Donc je lui ai écrit en lui disant « Meuf, je pensais à toi, j’ai un son où je te verrais bien dessus ». Elle m’a dit qu’elle était hyper partante pour qu’on se voie en studio, et ça s’est fait comme ça. Pour Lala &ce, ça faisait un moment que je travaillais sur des projets liés à elle. J’avais par exemple fait la première partie de sa comédie musicale Baiser Mortel ainsi que le closing de sa curation au festival Nuits Sonores il y a deux ans. Pour moi c’était logique de lui demander, je suivais déjà bien ce qu’elle faisait. Et elle est très éclectique sur plein de choses au final. Elle peut faire des choses trap, d’autres plus afro, voire afrobeat, donc son esthétique me plaît beaucoup. Sur ce morceau, j’avais envie de faire quelque chose de très trap. Je crois que c’est le premier morceau de ma carrière que je sors dans cette esthétique, même si j’en fais beaucoup en privé. 

A : C’était un choix de ta part de n’avoir que des rappeuses en invité, ou c’était un hasard ?

TJ : Ce n’était pas voulu, mais c’est un heureux hasard. Parce que du coup je ne suis plus la seule meuf à sortir quelque chose sur Ed Banger en ce moment. Pedro passe de Uffie, à trois meufs d’un coup [Rires]. C’est cool quand même ! Et Kay et Lala ce ne sont pas n’importe qui, c’est un peu ce qui se fait de plus intéressant en France dans leur domaine. 

A : D’ailleurs, tu as dit à Tsugi Magazine que tu aimerais à l’avenir poser ta voix sur tes prods. Tu vas te remettre à rapper comme au parc à Montpellier ?

TJ : [Sourire] Oui complètement, mais ce n’est pas pour tout de suite. Je compte faire ça dans un petit moment, ça ne fait pas partie de mes priorités, parce qu’actuellement, j’aime trop découvrir les univers des autres artistes. J’aime beaucoup bosser avec des gens, rentrer dans leur univers, voir comment ils excellent dans leur art. Donc ça va un peu attendre. 

© Ladurso pour l’Abcdr du Son

A : Tu aimerais travailler avec d’autres artistes rap français à l’avenir ?

TJ : Elle n’est pas Française, mais j’aimerais bien tester des trucs avec Shay. Rambo Goyard aussi, j’ai déjà passé « By My Side » en DJ set. C’est hyper bouyon, et j’aime beaucoup comment il pose dessus. Hamza pareil, ça me plairait bien. En fait, je trouve ça cool de ne pas être toujours dans des choses pointues. C’est toujours bien d’écouter des choses qui sont loin de mon spectre. Dans la musique électro, on est parfois un peu trop sérieux. Et j’aime bien aussi les projets qui sont simples et qui marchent. 

A : Tu fais partie d’une génération de producteurs électroniques qui semble être beaucoup plus décomplexée vis à vis de l’ouverture à d’autres genres musicaux, le rap et les musiques club, le mainstream et l’underground. Tu penses que c’est quelque chose qui s’est démocratisé ?

TJ : Oui clairement. J’ai vraiment l’impression que les barrières s’effritent petit à petit, il y a beaucoup plus de facilités à passer de l’un à l’autre au niveau des sonorités, sans que le public soit choqué. Mais ça a été un travail de longue haleine qui a été fait par plein de gens. Je pense par exemple à Rinse en France : ils ont proposé énormément de sets à la croisée du rap et de la techno. Ça a clairement invité les gens à ne plus choisir un camp. Je trouve ça bien en vrai. 

A : À une échelle internationale, Skrillex, que tu connais bien, a aussi pas mal  décomplexé les gens sur ce mélange des genres non ?

TJ : Bien sûr, les feats avec Justin Bieber, A$AP Rocky… C’est aussi pour ça que c’est un modèle pour beaucoup de jeunes, et de milieux différents. J’ai mixé au Berghain à sa soirée Contra le mois dernier, et j’ai beaucoup discuté avec un groupe de gars qui font de la hard tech’. Et ils sont autant fans de lui que je le suis, mais pour d’autres raisons. Pareil avec des gens comme Fred Again. C’est important qu’ils soient là et qu’ils cassent ces barrières. 

© Ladurso pour l’Abcdr du Son

A : Tu lui as fait écouter les morceaux rap de ton EP d’ailleurs ?

TJ : Oui, il adore le morceau avec Kay The Prodigy. Il m’a dit qu’il n’avait jamais entendu un truc comme ça, que c’était le futur pour lui [Sourire]. Il aime comment Kay pose sa voix, comment les drums arrivent… c’est son morceau préféré de l’EP. Pour lui, c’est le chef- d’œuvre de cette sortie [Sourire]. Je me souviens qu’il m’a dit : « Il y a un truc bizarre dans la musique, c’est que ce morceau peut péter dans quatre ou cinq ans. » Je pense qu’avec son expérience, il capte aussi les choses. Il a été précurseur de plein de choses, donc il sait très bien ce qu’il dit. Et pour lui, ça peut prendre du temps, mais ce morceau peut possiblement être aimé plus tard. C’est marrant. Mais il y a beaucoup de gens qui l’aiment bien déjà !

A : Au final, qu’est-ce que le rap représente dans ton parcours et ta vie ?

TJ : Ça représente tout. Quand tu me dis ça comme ça, je pense à PNL : quand je suis arrivée à Paris, ça m’a accompagnée pendant un an. Quand tu tombes sur des rappeurs comme eux, où tu sens une forme de connexion entre guillemets, parce que tu te sens proche de leurs textes, tu as l’impression qu’ils s’adressent parfois à toi. Ça m’a aussi fait la même sensation avec la musique de Carti dans un autre registre. C’est lié à des moments de ma vie, souvent… bien, mais aussi compliqués. Mais ça représente tout. Je ne fais pas de distinction entre le rap et la musique électronique. Pour moi c’est un tout, ensemble. 

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