{"id":314,"date":"2024-12-06T15:11:00","date_gmt":"2024-12-06T14:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.abcdrduson.com\/2024\/?p=314"},"modified":"2024-12-24T20:03:30","modified_gmt":"2024-12-24T19:03:30","slug":"sch-jvlivs-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.abcdrduson.com\/special\/annee-rap-2024\/albums-de-l-annee\/sch-jvlivs-iii\/","title":{"rendered":"SCH &#8211; Jvlivs III"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ann\u00e9e 2024 de SCH a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le prequel et la fin de sa trilogie\u00a0<em>JVLIVS<\/em>, d\u00e9but\u00e9e en 2018. Mais aussi par un deuil douloureux, un de ses proches ayant \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par, semble-t-il, l&rsquo;autoproclam\u00e9e DZ Mafia. Nombreux sont ceux \u00e0 avoir per\u00e7u l\u2019ironie tragique de la situation, donnant lieu \u00e0 un \u00e9ni\u00e8me d\u00e9bat sur la responsabilit\u00e9 des rappeurs dans la reproduction de comportements violents.<br><br>Ces d\u00e9bats mill\u00e9naires ont-ils jou\u00e9 sur sa mani\u00e8re de clore la trilogie ? Il est probable que la plupart des titres aient \u00e9t\u00e9 \u00e9crits avant l\u2019\u00e9v\u00e9nement, la conception de\u00a0<em>Giulio<\/em>\u00a0et d\u2019<em>Ad finem<\/em>\u00a0s\u2019entrem\u00ealant. Pourtant, difficile d\u2019\u00e9couter l\u2019ultime volet sans y penser. Parfois par extrapolation ( \u00ab\u00a0s\u2019ils la voyaient comme moi, ils parleraient moins de la guerre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c<em>\u2019est ma faute, si les gens disent que c\u2019est ma faute<\/em>\u00a0\u00bb ), parfois parce qu\u2019il y fait directement allusion ( \u00ab\u00a0<em>le personnage n\u2019a pas de c\u0153ur, l\u2019auteur aussi<\/em>\u00a0\u00bb \/ \u00ab\u00a0<em>j\u2019marche avec un p\u00e9tard (\u2026) pas que dans la fronti\u00e8re invisible de ma fiction<\/em>\u00a0\u00bb ). La force du premier volet avait justement \u00e9t\u00e9 dans ce bel \u00e9quilibre trouv\u00e9, entre fiction et r\u00e9alit\u00e9, incarnant brillamment la notion de\u00a0<em>persona<\/em>, sans jamais l\u2019expliciter. La r\u00e9alit\u00e9 a-t-elle conduit Julien Schwarzer \u00e0 rompre cette \u00ab\u00a0fronti\u00e8re invisible\u00a0\u00bb ?<br><br>Cette d\u00e9pendance au premier mod\u00e8le fait qu\u2019<em>Absolu\u00a0<\/em>reste la matrice, le squelette, que tous les autres opus suivent (\u00e0 l\u2019exception peut-\u00eatre du II, paradoxalement critiqu\u00e9 pour s\u2019en \u00eatre \u00e9loign\u00e9). Comme\u00a0<em>Giulio<\/em>, il y a deux mani\u00e8res de voir ce volet final. Un \u00e9ni\u00e8me album de SCH, r\u00e9chauffant des id\u00e9es qu\u2019il n\u2019aura plus jamais aussi intens\u00e9ment ; ou un hommage entre ombres et lumi\u00e8res, \u00e0 l\u2019homme et au rappeur qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u2013 qu\u2019il est devenu. JVLIVS, c\u2019est toujours le m\u00eame corps qui ne change que de v\u00eatements : fourrure, costume puis chemise tach\u00e9e de sang, grande ouverte. Ouverture qui sugg\u00e8re celle du c\u0153ur, rejouant la m\u00e9taphore us\u00e9e de l\u2019artiste qui, en se livrant, devient vuln\u00e9rable.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est sur ce point qu\u2019<em>Ad finem<\/em>\u00a0se distingue. Qu&rsquo;il y soit contraint ou non, ce volet final s\u2019affirme comme plus personnel, moins fictionnel. L\u00e0 o\u00f9 il se veut une cl\u00f4ture, c\u2019est dans cette sinc\u00e9rit\u00e9, dans l\u2019aboutissement de certaines id\u00e9es personnelles (\u00ab\u00a0Deux mille\u00a0\u00bb, bijou de rap-chanson-fran\u00e7aise, pendant de \u00ab\u00a0La nuit\u00a0\u00bb sur\u00a0<em>Deo Favente<\/em>) puis dans le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0apoth\u00e9ose\u00a0\u00bb qui transpara\u00eet de la teinte musicale g\u00e9n\u00e9rale. Parfois avec un brin de mauvais go\u00fbt : les solos de guitares \u00e9lectriques &#8211; peut-\u00eatre que le p\u00e8re, en plus des vinyles d\u2019Edith Piaf, \u00e9coutait Johnny ou s\u2019extasiait sur \u00ab\u00a0Stairway to Heaven\u00a0\u00bb. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les instrumentaux sont efficaces mais un brin g\u00e9n\u00e9riques. Reste que l\u2019\u00e9criture de SCH, appliqu\u00e9e et toujours insaisissable malgr\u00e9 les redites, sauve largement chaque titre de la banalit\u00e9.<br><br>Enfin, c\u2019est dans l\u2019issue en suspens que le disque renoue le mieux avec la fronti\u00e8re invisible entre le personnage et l\u2019auteur. Puisqu\u2019il y joue avec les mots gr\u00e9co-latins, \u00ab\u00a0apoth\u00e9ose\u00a0\u00bb en est un. \u00c9loign\u00e9 de son \u00e9tymologie religieuse, il \u00e9voque un final \u00e9blouissant. La lumi\u00e8re blanche incarne pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019ambivalence tr\u00e8s marseillaise au c\u0153ur de ce final : une voie ombrageuse dans l\u2019exp\u00e9rience de la mort imminente, une voie lumineuse dans la spiritualit\u00e9 ou la gloire accord\u00e9e aux po\u00e8tes de la Cit\u00e9. JVLIVS, Giulio, Julien, l\u2019\u0153uvre, le personnage et l\u2019homme : conna\u00eetront-ils l\u2019apoth\u00e9ose d\u2019Orph\u00e9e ou seule la catabase aux Enfers ? \u2013 Manue<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e 2024 de SCH a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le prequel et la fin de sa trilogie\u00a0JVLIVS, d\u00e9but\u00e9e en 2018. Mais aussi par un deuil douloureux, un de ses proches ayant \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par, semble-t-il, l&rsquo;autoproclam\u00e9e DZ Mafia. 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