Occultisme Sobek le Zini – Le Necronomicon

Depuis Dakar, Sobek le Zini a cette année offert une des sorties francophones les plus intrigantes avec Le Necronomicon, faisant suite à trois EPs, mais qu’il présente comme étant son « tout premier vrai projet ». Influencé en premier lieu par la littérature fantastique et particulièrement celle de Lovecraft, Sobek propose une musique teintée d’ésotérisme et d’expériences surnaturelles. Le Necronomicon n’est pas pour autant un album concept reposant sur la fiction, mais la représentation stylisée d’une vie trouble. Il regorge de métaphores et d’images, d’animaux et de légendes ancestrales pour illustrer le vécu du Zini. Il refuse le pacte avec le diable et porte une arme pour se protéger des serpents et de Nyarlathotep dans un périple à travers des univers plus ou moins hostiles. Ce sont tantôt des territoires intimes de sa psyché, tantôt les rues de sa ville et le grand air du monde. Tiraillé par un conflit fort entre matérialisme et élévation spirituelle, Sobek ne cache ni ses ambitions ni ses contradictions. Ses instrumentaux sont envoûtants, ils plongent l’auditeur dans un bassin bouillonnant. Remontent à la surface toutes sortes de réminiscences et de traumatismes. Le Necronomicon, c’est une immersion dans l’esprit et la vie d’un jeune extralucide, « vie qui n’a pas beaucoup d’importance pour moi », dit son auteur… Un auteur plein d’imagination et de talent, aux pensées parfois cryptiques, capable de répéter dix-huit fois « Les pharaons sortent des tombeaux » en clôture d’un titre intitulé « Le Chaos rampant ». Il ne faut pas ouvrir Le Necronomicon, mais s’ouvrir à lui, fermer les yeux, respirer un grand coup et laisser pleuvoir des idées qui se feront très concrètes une fois passé le choc thermique. — B2