Il y a quelques mois, Reef the Lost Cauze sortait "A Vicious Cycle", son quatrième album. Un opus passé inaperçu, la faute à des beats franchement faiblards, indignes du talent de Sharif Lacey. Pour se refaire une santé, Reef a décidé de s'associer avec King Magnetic, son collègue de l'A.O.T.P., un rappeur-producteur plutôt efficace. Premier fruit de cette collaboration, la mixtape "King & The Cauze", mixé par le Shadyville DJ Dre Boogs. Ca rappe bien comme toujours, les instrus sont plutôt plaisants, c'est gratuit et disponible ici. Le casting impressionne : au micro sont invités entre autres Edo.G, Termanology ou Brother Ali, derrière les machines, Stoupe, Marco Polo et J.J. Brown. Autant dire qu'on attend l'album des deux colosses de West Philly avec une certaine impatience. Rendez-vous est ainsi pris pour juin.
C'est l'un des breakbeats fondamentaux de l'histoire du rap : 'Synthetic Substitution'. Herb Rooney à la production, Melvin Bliss au chant, Bernard Purdie à la batterie. Une batterie samplée par De La Soul, Gangstarr, NWA, Ultramagnetic MC's, Redman, le Wu-Tang, Slick Rick et beaucoup, beaucoup d'autres. Âgé de 75 ans selon certaines sources, Melvin Bliss est mort hier. Énigmatique, il laisse derrière lui une discographie minuscule mais une influence considérable sur le hip-hop. Un documentaire sur l'histoire de sa vie est en préparation.
Se repencher aujourd’hui sur la discographie du Saïan Supa Crew, c’est porter un nouveau regard sur l’évolution de chacun. L’émancipation en solo est largement consommée et pour la plupart avec beaucoup de succès. Plus marquant - voire surprenant - cette volonté de s’éloigner du rap pour mieux intégrer d’autres genres, d’autres influences et bousculer un cadre devenu bien trop étroit. Le "Jeune à la retraite de Féfé" était déjà un condensé convaincant de touches reggae-pop-soul avec du rap. L’album à venir de Sly Johnson (ex-Sly the Mic Buddah) s’annonce encore plus éclectique. Clairement orienté soul - la référence au monstre sacré Syl Johnson est explicite - il comporte réinterprétations, morceaux originaux, mais aussi ses moments rap et passages de beatbox. Intitulé "74" comme son année de naissance, il doit sortir pour la rentrée. En attendant, le EP teaser donne déjà le ton, comme cet extrait vidéo plutôt bien accrocheur.
Il Faro ("Le Phare" en Italien) est un groupe venu de l'agglomération bordelaise. Constituée de 3 MCs, 1 DJ et 1 graphiste, la formation se veut farouchement indépendante et engagée. Ayant multiplié les scènes et les ateliers d'expression artistique, Il Faro sort aujourd'hui son album, "Le Vent se lève". Le ton est alarmiste et vindicatif, les productions finement ciselées. On appréciera également l'insertion de nombreux extraits de film ou discours politique, ainsi que la place importante laissée aux scratches. Pour se faire une idée plus précise, Il Faro a eu la bonne de mettre "Le Vent se lève" en écoute complète sur Deezer.
En voilà une bonne nouvelle. Prince Paul a annoncé il y a quelques jours son intention de vider son coffre à jouets. Comprenez qu’il va publier gratuitement sur le Web une (bonne) partie de ses morceaux et collaborations jamais partagés auprès du grand public. Une belle initiative, forcément enthousiasmante vu l’étendue et la richesse de la carrière du bonhomme. Première étape, ce "Horror City", un onze titres daté de 1995 concocté avec Superstar, et enregistré juste après le cultissime "Six Feet Deep" sorti avec le collectif des creuseurs de tombes. Le projet n’ayant jamais trouvé preneur et Prince Paul portant un regard attendri sur cette collaboration, il le sort d'outre-tombe, quinze ans après. Rendez-vous ici pour plus d’infos sur ce projet - et là pour le télécharger.
Originaire de Strasbourg, Dooz Kawa sort en ce mois de juin "Etoiles du sol", premier album enregistré depuis plusieurs années maintenant. Accouché en autoprod par l'équipe de 3rdlab, venue dépoussiérer les bandes pour mixer et presser 13 titres variés et pour le moins riches en sonorités. Si aujourd'hui le rap français semble se découvrir des points de chutes communs avec le rock, Dooz Kawa collabore quant à lui avec des guitaristes manouche comme Mito Loeffler, Mandino Reinhardt (le bien nommé) et surtout le virtuose Bireli Lagrène.
"Étoiles du sol" c'est donc ça, un amalgame d'ambiances et de textes bien travaillés. Posés, mélancoliques et rythmés. Évidents ou complexes. Vivants, et à découvrir donc. En attendant l'album est dispo sur le site de CD1D.
'The World's Best', ou du bon vieux boom-bap des 90's à la sauce East Coast, avec une prod' qui s'inscrit clairement dans le sillage de DJ Premier, de la découpe aux scratchs. Derrière le son, un Français, le parisien DJ Cosla. Derrière le micro, un américain, Tribeca, qui après être sorti de son Bronx natal et s'est fait la main sous la tutelle de Camp Lo, avait eu l'occasion de collaborer avec un autre Français, Djimon, interviewé ici même. L'occasion de réécouter 'The Life', morceau dans lequel Tribeca s'offrait le luxe d'avoir Pharoahe Monch en guise de featuring - plutôt que l'inverse. Le single est dispo dans toutes les bonnes crémeries et annonce un album sur lequel on ne sait pas encore grand chose - Wait and see.
Qui a dit qu'Oxmo et Hocus Pocus avaient l'apanage des concerts rap avec "vrais" instruments et vraies filles dans le public ? Demain soir, le prodige G-Funk Aelpéacha conviera lui aussi une poignée de musiciens funk et jazz pour une soirée acoustique à la Scène Bastille (Paris). Le A sera accompagné de la chanteuse Sowlie et du groupe Frer200. Il pourra également compter sur le soutien du Club Splifton au grand complet. Avec Aelpéacha en ambassadeur, espérons que cet événement parisien pourra ouvrir la scène G-Funk française à un public plus large. Plus d'infos sur 187prod.com.