Sept Amnésie
Extrait de Amnésie
T'as un
plan, réfléchi afin que ton son inonde la décennie. Ta marque de fabrique
rétrécit, tu trafiques sur les ondes comme la cibi. Ex-ennemi public numéro
1 comme la Libye, t'as moins qu'un tome de textes, et au moins une tonne
d'alibis plus un staff juridique en habits gris à unique parti-pris : les
sous à tout prix. Ils t'agrafent en exposition, t'as pas de taf, en
position d'ex-aequo. Tu prends des baffes, tu y laisses gros si tu fais pas
gaffe dans le rétro, dans le métro. Tant d'escrocs en haut, tant de gens
qui puent le superficiel dans des voies sans issue. Leur univers te ficelle
là où l'envie tue, y a plus un suicidaire fidèle. C'est flou et ambigu, la
vérité se situe au-delà des grands tissus audiovisuels. Les bons comptes
font les bons amis, si on te l'a dit sans opinel. On se confronte au fait
qu'on se trompe à mon avis ; c'est officiel, chacun se remet à son compte
de la rue de Lagny à République pas à la Cour des Comptes. C'est Sept
plurisyllabique, élocution acrobatique. T'as trop de sadiques qui voient
Paris en safari - accroc tragique - ils croient avoir un flow magique mais
je revendique en terrain traumatique un droit de savoir
symptomatique.
Refrain
La vie en cité urbaine
combat l'amnésie. La violence et les nécessités surprennent ceux qu'ont
pas saisi. Vous voulez des densités sur scène, allez-y. La féodalité suprême
pourri tout jusqu'en Malaisie. La vie en cité urbaine combat l'amnésie. La
violence et les nécessités surprennent ceux qu'ont pas saisi. Vous voulez
des densités sur scène, allez-y. Des moralités puritaines d'ici en
Malaisie.
Le sens détermine les rimes, leur placement dresse
un flow. J'entends des flows qui riment sans sens que la presse et l'info
encensent. Respect aux jeunes talents quelle que soit leur provenance. Les
vrais sont ceux qui le font dans l'abstraction des convenances, quand la
passion se condense, sans qu'on pense avoir battu de score. Même en ayant
conscience d'avoir eu tort, on se fout de ce que les cons dansent, on se
lance sur les plus sales supports. Y a moins de correspondances à Gare du
Nord que de merdes qui parlent plus fort derrière des gardes du corps. Dans
le rap y a trop de possees qui ne voient qu'eux même à l'échelle
planétaire, plus d'un rapia se dit aussi je t'aime devant ses relevés
bancaires. Précoces dans l'arène, même les boss passent le baptême des
creux. J'emploie des éléments, pas d'ornements mais des blasphèmes
fiévreux. Je déchaîne pas délibérément la haine des véreux mais j'envoie
énormément de MC à l'ANPE.
Refrain
Tu
troques ton bloc pour un pav', ton épave pour un break. T'es perrav mais
tu te moques des loques, des caves qui se gavent encore de grecs. Dès qu'on
te marave, ils seront à l'orgue à tes obsèques, t'es de la barbaque à la
morgue et ils en stockent sec. Star baraque sortie d'un sauna suant
l'arnaque, puant le Rexona, s'en alla dès que son Startak sonna. L'un
s'actionna, l'autre s'emballa, fini les virées à la Scala, c'est les
Champs-Elysées à l'infini dans ce cas là. T'as le tort d'être seul maître
à bord dans tes vidéos, mais t'es d'abord le seul à mettre à mort tes
idéaux. Prédicateur, t'aromatises ta grande bouche de vocalises si épicées
que tes glandes se couchent. Tes crédits d'acteur traumatisent les bandes
vissées au banc de touche. Ça fait des piges que tu t'intronises, que tu
t'ériges, que tu quantises le son pour le prestige, mais ta civilisation
laissera jamais aucun vestige.
Refrain




