Sept Le mépris
Extrait de Amnésie
[Sept]
L'Histoire, plus j'y réfléchi plus l'espoir fléchit. Ce
soir, tu sors de boite avec ton égérie, t'es guéri de ce que tu convoites,
du fric, et celles qu'on doigte t'appellent chéri. C'est lubrique mais
bon soit, tu renchéries et les enflures attrapent des insomnies. La censure
pas abolie, ici la pointure habituelle malpolie accomplit son rituel sous
les calomnies, jets de cailloux, extirpe des raps de ses entrailles comme un
jap des haïkus. Ta vue défaille, t’as vu en braille je détaille tout. Je dis
version vaudou qu'ont ni la maille ni les mots doux, les canailles mordent
même la corde au cou. Beaucoup t'assaillent, t'abordent au teau-cou mais
la plus hardcore racaille qui soit sur le panel arbore costards en soie ou
tailleurs Chanel. Praticiens au black tendance Jacques Médecin, tacticiens à
100 plaques chaque arnaque pendant que ce mec sain d'esprit taxe un
chargement mesquin ; s'il est pris y a largement pas moyen qu'ils en
relaxent un. J'écris.
Refrain
Au mépris des cris, en
dépit des plaintes, on décrit des vies dans des débris d'enceintes. Nos
empreintes dévient les craintes, au mépris des cris et en dépit des
plaintes.
"Dans mes yeux l'éclat vitreux, je matte l'état
piteux des habitats miteux" [Moudjad]
[Grems]
En dépit des cris, je me méfie des crises, écrase même si
depuis petit t'écris. Je décris des vies, tu niques ma mère mais va te
faire, mon rap n'est pas un bras de fer. Je ne représente pas la croix de
fer donc à toi de faire la part des choses. Pars faire un stage d'haltère
lyricale, ici c'est ghetto inimitable et quand tu pètes un câble tu n'as
pas de frères. Ta peau s'habitue aux hématomes que tu gagnes ou capitules,
montres que tu n'es pas si nul sinon c'est la zone qui te rattrape et
c'est ça qui tue ton image. Demande l'avis du lascar passé au stade de
baltringue car il aime le travail assidu. Il n'a pas de flingue, il n'est
pas dingue mais bon, il peut être très con et il préfère la bringue - il a
raison. Ses potos du hall le méprisent maintenant, lui qui avant pouvait
dealer un 200. Tu sais que c'est dans la nature de l'homme de mépriser son
voisin. Grems, le Sept, le Jouage, Hustla : le son des trois saints.
Refrain
[Sept]
Y a ceux qui
débloquent, ceux qui en veulent. T'as juste vécu à Benidorm, rajustes tes
loques, sans médocs seuls les cul-bénis dorment. Ils gueulent depuis
l'époque des écritures cunéiformes, des bitures et des cris passés ou
futurs rafistolés sans points de suture. Au pied du mur l'alarme, t'as
vite volé, enclin à l'usure. Epié au grain, pas d'armes, la pisse collée
aux chaussures. Dédié aux poings, pas de pistolets aux ceintures, des bribes
d'esprits camisolés qu'on susurre, des scribes. Les pointures aigries
d'injures, flammes isolées qu'on dit impures, des dribbles écrits. Des
cibles à immoler qui se cament aux jointures, quidams qui clament, ankylosés
aux joints purs, que pleins d'enculés payent au noir des clandestins
qu'ils peuvent pas voir en peinture ; les autres c'est cher, eux ils leur
serrent la bride. Exploitation des pères de poètes apatrides qui se réfèrent
à des prophètes et des terres arides, pris dans un fluide glacé, les rides
tracées à l'acide.
[Le Jouage]
Je
retranscris les exposant de ruelles comme une galerie d'art, mes textes
transpirent la puanteur qui encrasse les façades des bâtiments. Cette
puanteur qui rempli le cœur des hommes d'émotions fortes, elle qui est
mienne et qui prend naissance depuis le seuil de ma porte. C'est en tant
qu'apprenti que j'avance dans la mesure où je laisse mon empreinte dans
ces ruelles aux mille et un faits divers. Ces ruelles qui baignent dans
cette atmosphère si particulière, c’est peut-être ce qui fait qu'un
étranger s'y sente si mal à l'aise, mais qu'importe. Ma masse se fond
dans l'inconnu, à la mesure des allées et venues, une odeur impromptue
exhume des trottoirs et obstrue mes voies respiratoires. Est-ce le fruit de
mon imagination ou bien ce clochard au loin qui tape la discute au trottoir,
ou bien cette carence en émotions fortes que cette banalité ne peut combler.
Faut surtout pas laisser le mal prendre racine sous peine de capituler. Les
rires, les larmes, les bains de joie se mélangent aux maux de tête, aux
cris, aux drames dans cette dramatique effervescence.
Refrain




