Masar, débrouillard sans frontières
Interview

Masar, débrouillard sans frontières

Il paraît incroyable que l’histoire de Masar n’ait à ce jour jamais été racontée. Connu en France uniquement pour son duo avec Veust Lyricist au sein de Mic Forcing, son histoire est pourtant celle d’un skateur niçois devenu manager de Max B et vidéaste jusque dans les couloirs de la Cour Suprême des États-Unis d’Amerique. Retour en longueur sur une trajectoire unique.

Depuis plus de vingt ans, Masar travaille avec acharnement pour développer ses activités et ses affaires en toute discrétion. C’est par son amour pour le skate que très jeune, ce Niçois découvre le hip hop au début des années 1990. Le virus l’a contaminé et il ne s’en est plus jamais défait, que ce soit dans sa ville natale, à Londres ou désormais aux États-Unis. Puisqu’à ce jour, l’ancien acolyte de Veust Lyricist -avec qui il formait le groupe Mic Forcing- réside outre-Atlantique. Après avoir rappé et produit, Masar est notamment devenu ingénieur du son et réalisateur de clips du côté de New York, où il a pu collaborer avec des noms aussi prestigieux que ceux du Wu Tang Clan, de French Montana, Max B ou des très regrettés Sean Price et Chinx Drugz. Dans la Mecque du hip hop qu’est NY City, il s’attache à démontrer que le dicton « If you can make it there, you can make it anywhere » n’est pas galvaudé. Il y est désormais vidéaste pour un cabinet d’avocats, et manager de Max B. Voici un long retour sur un parcours hors du commun, de ses débuts en France à son épopée américaine, Masar a tout du self-made man.


Nice, du skate au rap 1990 – 1995

Comme beaucoup, je découvre la culture hip hop via Rapline en 1990. Je me souviens régler mon réveil tard la nuit pour ne pas rater l’émission. D’ailleurs, je me rendors dès les premières minutes la plupart du temps. À l’époque, il n’y a pas grand-chose à faire pendant les vacances pour un jeune de quartier. C’est jouer au foot ou squatter les bancs. Je découvre alors le skateboard, en 1990 je crois, et suis tout de suite fasciné par ce sport de rue, complètement méconnu. Je m’y attelle, et ça continue jusqu’en 1995. C’est par ce biais que je découvre la culture américaine en général. Le skate et le hip hop US se rapprochent beaucoup vestimentairement parlant, je me souviens que nous portions des baggy-jeans ultra larges et que l’on se rasait le crâne, à une époque où c’était très mal vu. Des minots de douze ans sur des planches à roulettes, avec des pantalons quatre fois trop larges et des têtes de bagnards, c’est choquant à l’époque.

Dans les sets de skateurs professionnels, le rap est omniprésent. Je découvre la B.O de Juice car Eric Koston utilise le morceau de Rakim dans son set. À ce moment, on presse « pause » sur le magnétoscope pendant les crédits, pour noter le nom des musiques et les choper à la FNAC, pas toujours légalement d’ailleurs. En plus, entre deux sets, il y a toujours des freestyles vidéo, de rappeurs underground, de graffeurs ou de DJs. Autant dire que c’est déclencheur de mon amour pour le lyricisme, qui commence en 1996, avec mon premier texte, sur le freestyle « 12 Travaux à l’arraché ».

Du fait de ces influences, la transition du skate au rap s’est faite naturellement. Je commence par improviser, pour le kiff, bien avant d’écrire mon premier texte. Je suis capable de mémoriser tout un album d’IAM ou de NTM sans forcer, ce truc est fait pour moi. Quand bien même j’aurais pu poursuivre une carrière professionnelle dans le skate, ma passion pour la musique prend vite le dessus. Hamza, qui rappe alors sous le blase de Marvyn au sein du groupe CCSM passe souvent me voir skater sur la place Masséna. On parle hip hop pendant des heures, il voit bien que je suis dans le coup, malgré le regard négatif que peut porter le mouvement hip hop niçois sur les skateurs en général. Moi, je vis ma passion à fond, je suis toujours en vadrouille, quelque part en France à skater avec les meilleurs, dont la plupart sont devenus pro par la suite. Je pense à Sébastien Corde, Wilfried Petrucci, Sébastien Daurel, Marc Haziza et d’autres encore. Il faut savoir que de mes quatorze ans à mes dix-huit ans, je suis dans la rue quinze heures par jour, à faire du skate. Ma mère ne sait plus quoi faire de moi, je sèche les cours et je fugue souvent. Grâce à une technique de fausse déclaration d’identité, je voyage en train partout en France pour rider les meilleurs spots. Je me retrouve à skater sur Toulouse, Marseille, Lyon avec Fred Mortagne l’un des photographes et réalisateurs les plus célèbres du monde du skateboard, et surtout à Paris avec les anciennes légendes de Street Machine [skateshop parisien historique, NDLR] comme Alex Wiz, Luy-Pa Sin, Marco, designer chez Elephant Print, et même Stéphane Larance, l’un des premiers professionnels français qui après m’avoir vu rider au Dôme [spot parisien très prisé des skaters, NDLR] m’invite à rester une semaine chez lui. Il a une collection de cassettes hip hop hallucinante, il me fait découvrir pas mal de trucs, comme le premier album de Fu-Schnickens, F.U. Don’t Take It Personal, entre autres. J’apprendrai plus tard qu’il faisait partie des Atomic Breakers.

Londres, le premier exil  1995

J’étais dans une période difficile, je commençais à vraiment mal tourner. Ma mère me demande de trouver un boulot, et un matin en regardant les petites annonces dans Nice Matin, je vois cette compagnie qui propose des chambres aménagées sur Londres. Je saute sur l’occasion. Il faut savoir que durant les deux années qui précèdent mon départ à Londres, je passe mes week-end à skater, à vendre du shit et à carotter dans les rave-parties. Le truc rapporte bien et me permet de financer mon voyage jusque là-bas et six mois de loyer payés d’avance.Je pars tout seul, sur un coup de tête. Je sentais bien que si je ne faisais rien pour changer mon train de vie, j’allais passer par la case prison. Mon départ à Londres est un exutoire que je décris dans le morceau “La même routine”. J’y passe six mois à découvrir la ville en me reposant sur mes économies, et six autres mois à travailler comme plongeur dans divers restaurants. Je me souviens de mes premiers tags et graffitis sur Londres. Je taggue Masar et je ne suis franchement pas doué, mais ça me défoule bien. Au même moment, motivé par les cassettes de Tony Touch, Funkmaster Flex et Cut Killer, j’achète mes toutes premières platines MK2. Le scratch est alors une énigme qu’il me faut absolument résoudre.

Malgré mon très bon niveau en skate et le fait qu’en persistant je puisse un jour passer pro, l’amour de la musique prend le dessus. Hamza m’envoie sa cassette démo, et ça me motive franchement à me mettre à l’écriture. Je m’enferme peu à peu dans ma pièce, à scratcher et à écrire des rimes, plutôt que d’aller skater. À ce moment, j’écoute le nouvel album du Wu Tang Clan et je ne rate pas une seule émission radio de Tim Westwood. C’est juste la crème en termes de nouveautés hip hop US, je suis à l’heure new-yorkaise grâce à lui. Je me souviens être allé aux concerts de Gravediggaz, Aaliyah, Notorious B.I.G et The Roots. Tous passaient chez Tim Westwood pour un petit freestyle avant leur concert. C’était un genre de HOT 97 à l’anglaise. J’ai récemment uploadé mes vieilles cassettes sur Youtube d’ailleurs, pour ceux que ça intéresse.

Retour en France et débuts dans le rap  1996 – 1999

En 1996, je décide de rentrer en France,car j’ai passé pas mal de temps à écrire sur Londres, et j’ai envie de partager mon travail, alors qu’à ce moment je n’ai jamais mis un pied dans un studio d’enregistrement. De retour en France je continue à écrire, et j’enregistre mes premiers sons en tant que rappeur. Je brasse toujours dans les rave-parties et dépense tous mes revenus dans l’achat de vinyles. Je me produis pour la première fois dans un open mic, au skatepark Grammont à Montpellier pour un festival hip hop. Je fais mon freestyle, tranquille, et de nulle part déboulent Busta Flex et Polo, qui commencent à me charrier en impro. Je me défends bien et reçois quelques compliments et encouragements du public une fois sorti de scène. Ce festival annuel réunit la crème du hip hop français de l’époque, je me souviens avoir croisé les X-Men, Lunatic, la Mafia K1 Fry, La Cliqua et j’en passe. Des graffeurs, des rappeurs, des skateurs et des DJs viennent de toute la France. Ça m’encourage à continuer sur ma lancée.

Très vite, je prépare ma première mixtape en tant que DJ, et pose mon premier freestyle sur une cassette de CCSM. Le truc leur plaît et on décide de créer un crew, la Section Redoutable, composé de CCSM (Marvyn, Norm et Doc M), du très regretté Kare, paix à son âme, et de moi-même. Tout part de là pour moi. Je me retrouve sur la face B du premier vinyle de CCSM, Introduction, qui fait alors pas mal de bruit; et je me fais peu à peu un nom dans la région en posant sur différents projets, comme la première mixtape de DJ Elyes.

« Le soir, on se retrouve tous pour troquer nos trouvailles : des morceaux US, des VHS de DMC, ou mes freestyles exclusifs de chez Tim Westwood.  »

Un peu plus tard je bosse comme vendeur et DJ à la boutique Phat Cap, ouverte sur Nice en 1997 par Samm [membre du groupe Coloquinte, NDLR] et ses frères (Yac et Dj Elyes), qui importaient des vinyles et des sapes des États-Unis. On est, sans le savoir, en plein âge d’or du hip hop américain et ce boulot est pour moi une bonne manière de rester à l’affût des nouveautés, puisque je n’ai plus accès aux émissions de Tim Westwood. DJ Elyes commande directement ses disques chez Fat Beats, par fax. Après une écoute minutieuse et une inspection de chaque arrivage de vinyles, il nous arrive de garder certaines galettes exclusivement pour nous, souvent au détriment de la clientèle. Le Serato n’existant pas encore on achète tous les disques en double pour exercer nos beat-juggling. Forcément, il ne reste rien pour celui qui arrive après nous. DJ Elyes a toujours un truc chaud à faire découvrir, mais pour repartir avec le son, il te faut une bonne monnaie d’échange. On fonctionne tous comme ça dans l’équipe. On cherche des perles rares puis le soir, on se retrouve à la boutique Phat Cap après la fermeture, pour troquer nos trouvailles : des morceaux américains qui tuent, des VHS de DMC, ou mes freestyles exclusifs de chez Tim Westwood. C’est un peu du peer-to-peer avant l’heure. On se retrouve aussi pour écrire et rapper ensemble. Cette seule période est faite de tant d’anecdotes que je pourrais y passer la nuit. Une fois, je me souviens que les flics ont vu de la lumière, tard le soir, et sont entrés. Ils sont tombés sur des lyrics de Samm, qui racontaient qu’un bon flic est un flic mort. Autant dire que le magasin a dû fermer ses portes peu de temps après… Il faut dire qu’à Nice, la clientèle hip hop se faisait rare. Il y avait déjà eu d’autres magasins, comme la boutique Hit Import, vers 1992, qui n’avait pas eu trop de succès. J’y avais acheté mon premier vinyle de BO$$, et avais tenté de scratcher avec le tourne-disque à courroie de la chaîne hi-fi de ma mère. C’est plus tard que j’ai découvert qu’il me fallait une platine à entraînement direct pour accomplir ce genre de prouesses. [Rires]

De mon côté je rebondis assez vite après la fermeture de la boutique Phat Cap, et avec Section Redoutable on décide d’ouvrir un studio d’enregistrement sur Nice. Il s’appelle Studio Vodoo Urbain, en hommage à notre frère disparu K.A.R.E, dont c’était l’alias. A l’instar de Veust, je rappe en solo, quand bien même j’appartiens à un collectif. Veust et moi avons toujours eu de vraies affinités. Il passe le soir au studio, on enchaîne les impros.

C’est à cette période, en 1998, que je sors ma toute première mixtape en tant que DJ, Le putsch, dont Veust trouve d’ailleurs le nom. Hamza m’assiste dans la création de la pochette, il a l’habitude puisqu’il a déjà sorti plusieurs cassettes démos, avec une technique d’infographiste qui relève plus de l’écriture d’une lettre corbeau qu’autre chose, mais qu’importe, qu’est ce qu’on a pu kiffer à l’époque ! Les Cut Killers et Funkmaster Flex ne faisaient pas mieux. [Rires] Gak, Agaz, Veust, le « A » (Mike Agonie), Fast (Sem 7) et Unité de Frappe répondent présents pour la mixtape. J’enregistre et mixe le tout, supervisé par Doc M, concepteur musical de CCSM. C’est précisément à ce moment que je fais mes premières classes d’ingénieur du son.

Mic-Forcing et La Cosca 1999 – 2005

Tous les membres du mouvement hip hop de la région PACA se connaissent plus ou moins. Je rencontre tout naturellement les activistes locaux, qu’ils soient DJs, danseurs, beatmakers, rappeurs ou graphistes. Beaucoup deviennent des amis avec qui j’entretiens encore à ce jour d’excellentes relations, je pense notamment à Hamza, Samm, Elyes, Veust, Sako, Hal, Yac, Gler, Kayna, Agaz, Gak… Veust fait partie d’un crew, Fada Squad, qui réunit des rappeurs d’Antibes et Vallauris. On se retrouve souvent à freestyler ensemble, à Radio Clin d’Œil, une radio localisée à Sophia Antipolis, qui émet sur Antibes, Cannes et Vallauris. C’est là qu’on fait toutes nos classes, avec des impros plus ou moins réussies. On a une passion commune pour le rap US, qui nous fait passer des heures à décortiquer les nouvelles techniques de flows. C’est tout naturellement que l’on décide de former le groupe, Mic Forcing. Très vite, Veust et moi enregistrons quatre titres démos. Il n’est pas question de poser sur des faces B, c’est donc Doc M qui s’attèle à la production musicale. Pour la pochette, Xane, un pote de longue date, une légende du graffiti, bosse avec mon ami d’enfance Moumin qui a commencé une carrière de photographe. Je m’occupe du montage graphique de la cassette, sur Photoshop Element, et ça deviendra par la suite une autre de mes passions.

En 1999, une fois la démo de Mic Forcing sortie on la met en dépôt vente à la FNAC de Nice, notamment grâce au soutien de Karim Bakoura, qui travaille là-bas et qui aide toute la scène niçoise à diffuser ses projets. Les retombées sont immédiatement très bonnes et quelques propositions de concerts apparaissent. On gagne un tremplin et au final la cassette arrive aux oreilles d’Akhenaton, par le biais de Chiens de Paille ou de Coloquinte, je ne me souviens plus précisément aujourd’hui. Bref, un matin, Dj Neswa, un Dj antibois, me dit qu’Akhenaton nous fait quelques appels de phares dans son interview pour Nouvelle Vague, un magazine distribué gratuitement dans toutes les FNAC du Sud.

Quelques jours après cela, Chill m’appelle pour nous proposer un featuring sur son album, et une signature sur son tout nouveau label, La Cosca. On est tout de suite emballés, c’est pas comme si on allait prendre le temps de réfléchir ! Une fois arrivés dans les locaux d’IAM, on nous propose un projet de BO pour Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz. Quand j’entends son nom, je pense à La Haine et de suite, ça me parle. En 2000, nous signons donc en édition chez La Cosca un contrat de cinq ans.  A partir de là on commence à maquetter pas mal de morceaux dans les locaux d’Akhenaton. On fait quelques apparitions sur Skyrock et des grosses scènes avec des membres de La Cosca, les Psy4 de la Rime, l’Algérino, IAM, Chiens de Paille et Coloquinte. On se produit notamment en Espagne et surtout à Marseille, en 2002 lors du fameux Live aux Docks des Suds, filmé et diffusé sur les chaînes hertziennes.

« Un matin, Dj Neswa me dit qu’Akhenaton nous fait quelques appels de phares dans son interview pour le magazine Nouvelle Vague. »

Durant nos cinq ans de travail avec La Cosca on a maquetté une quinzaine de titres mais n’avons jamais sorti aucun projet propre à nous-même. Je trouve ça dommage car on avait vraiment un truc qui nous distinguait de ce qui pouvait se faire à l’époque dans le rap francais. Avec nos deux timbres de voix complètement opposés notre binôme m’a toujours fait penser à des duos du style de Ransom et Hitchcock de A-Team, Party Arty et D Flow de Ghetto Dwellas, Myalansky et Joe Mafia du Wu Syndicat, Mega et Valentine de All City, ou U.G et Phantasm de Cella Dwellas. Je pense que ce qui nous a manqué à l’époque c’est un bon manager. Veust et moi étions focus sur la musique à 200% pour donner le meilleur de nous-même sur chaque morceau et malheureusement le côté business nous a un peu échappé. Durant notre contrat d’édition on a pu entendre Mic Forcing seulement sur quelques sorties nationales comme Sol Invictus, le DVD Live au Dock des Suds et le maxi H d’Akhenaton. Il y a aussi eu une série de maxis sortie sous le label 361, une filière de La Cosca pour laquelle on a enregistré un maxi 2 titres, mais le disque n’a jamais été pressé car le label ferme ses portes peu après. En 2005, notre contrat d’édition avec La Cosca prend fin, Veust accepte une demande de management en solo avec Al Khemya Production, cela crée un déséquilibre au sein du groupe et je décide de repartir seul sur les routes de l’indépendance.

Gestione Imobiliare 2005 – 2007

Afin de sortir ma nouvelle mixtape Le Putsch vol.2 je monte ma propre structure, Gestione Imobiliare, au sein de laquelle se trouve mon nouveau collectif, La Gestione, qui compte pour membres Hamza, Souliman et Lieutenant Baramine. Avec trois cents euros gagnés grâce aux Chiens de Paille qui m’avaient invité sur une date en Suisse, je pars acheter un petit PC d’occasion, accompagné de mon pote Poster, un graffeur talentueux. L’ordinateur tourne avec Windows 95, j’y installe Windows XP et Cubase, que mon ami DJ Blast me fait parvenir, et à partir de ça, je bosse sur différents projets, comme les street mixtapes de Coloquinte et de La Mauvaise Graine. En parallèle, je réalise mes premières prods, et je travaille aussi sur Photoshop pour créer les pochettes de mes propres projets.

À ce moment précis, les States sont en plein dans l’ère de la street tape et un magasin appelé Top US spécialisé dans l’import de CDs ouvre ses porte dans le vieux Nice. Je m’y approvisionne régulièrement, ce nouveau marché s’impose comme la rampe de lancement principal de beaucoup d’artistes. Je pense notamment à 50 Cent découvert par Eminem grâce à sa première mixtape Guess who’s back ? ou bien Dipset qui se sont imposés comme le groupe phare de Harlem par le biais de leur séries de mixtapes The Diplomats et par la suite ont signé chez Roc-A-Fella, ou encore A-Team avec la série Hardhood classics. Ce n’est un secret pour personne, j’ai toujours surkiffé les rappeurs de Harlem et leur technique de flow, à une époque où cette école n’était pas reconnue à sa juste valeur, du moins pas en France. À l’époque je ne jure que par Children of the Corn ! Quand Samm m’avait appelé pour m’annoncer la mort de Big L, ça avait été comme si j’avais perdu un proche. Plus tard quand des gars comme G Dep, Jae Millz, Vado et Diplomats sont arrivés, et ont eu la reconnaissance du public, ça n’a fait que renforcer mes choix artistiques.

« Myspace est un grand tournant pour moi, car c’est aussi par ce biais que j’arrive à vendre mes premières prods aux USA.  »

Tout cela m’inspire grandement, donc après m’être procuré mon premier ordi je me lance dans la production de mixtapes, que j’hoste la plupart du temps. Je le fais notamment pour Coloquinte, La mauvaise graine, la mixtape 10 ans dans L’Underground et bien d’autres. Au final j’ai dû en sortir une bonne vingtaine. En 2007, Samm me fait découvrir Myspace, et je suis immédiatement fasciné par cette plateforme. C’est lui qui crée ma première boîte mail et m’ouvre un compte Myspace, car je ne sais alors pas faire.

C’est une plateforme révolutionnaire pour moi, j’y apprends le b.a-ba du développement de sites web, en bidouillant le code source de ma page, pour y mettre plusieurs lecteurs de musique. C’est aussi sur Myspace que j’acquière mes premiers clients en ligne. En deux ans, j’ai designé et customisé une centaine de pages pour différents artistes, et grâce à cela j’ai pu avoir le budget nécessaire à un départ aux États Unis. Quand je te dis que Myspace est un grand tournant pour moi, c’est aussi parce que c’est par ce biais que j’arrive à vendre mes premières prods aux USA. On est en plein dans l’ère du trap / crunk et je ne jure que par ça, malheureusement ce style d’instrus n’est pas encore bien accepté en France. Après avoir soumis mes beats à pas mal de monde, sur Paris et ailleurs, je ne reçois que des retours négatifs, le truc ne plaît pas du tout. Alors je me tourne naturellement vers Myspace et je propose ces mêmes prods à des artistes américains. Les mecs accrochent direct, ça me rassure et me renforce dans mes convictions.

Je sais alors qu’il m’est possible de continuer dans cette voie de producteur pour des artistes américains, mais mon premier album Nouvelle Ère, est dans les fourneaux. La sortie est prévue pour le 06/06/06 par rapport à mon département, mais je dois repousser pour faire les choses en bonne et due forme. Il y a encore quelques imprévus et je me retrouve plusieurs mois à la maison d’arrêt de Grasse après avoir violemment agressé un rappeur et son crew durant un de leurs concerts. J’ai produit et mixé la totalité des morceaux et je dois absolument le sortir, mais il n’y a pas de budget. Je passe six gros mois à contacter différents investisseurs potentiels : labels, magazines, sites web, distributeurs… Mais ceux qui ont le bras long en France ne sont pas intéressés par mon style de musique. L’album sort fin 2007, et je signe un deal avec Believe Digital, qui ouvre à peine ses portes. Il est en vente sur toutes les plateformes de téléchargement, ce qui aujourd’hui est chose facile, mais pour l’époque est un challenge. En parallèle je n’hésite pas à mettre l’album gratuitement sur des sites comme Datpiff, le but étant surtout de créer de la visibilité, plus que que de faire des ventes. Je me souviens bien avoir envoyé un package avec mon cd et mon dossier de presse à tous les médias hip hop de l’époque, mais rien n’y fait. C’est une perte de temps totale, et je ne bénéficie d’aucune exposition dans leurs parutions. Déjà, je sens bien que continuer une carrière de rappeur est suicidaire, cela ne me mènera nulle part. Mon style est avant-gardiste, il ne correspond pas à l’époque et je me refuse à rétrograder juste pour me fondre dans le moule. Si je décide d’arrêter de rapper, je tiens quand même à sortir Nouvelle Ère en autoprod, ne serait-ce que pour marquer le coup et faire plaisir à une poignée d’irréductibles qui comprennent mon style, mon flow multisyllabique. Je fais les choses bien, l’album sort avec un livret de vingt pages. Je monte sur Paris avec Souli mon cousin qui rappe au sein de la Gestione, et une valise pleine de flyers et stickers, pour promouvoir Nouvelle Ère.

Aujourd’hui, je ne suis aucunement frustré de ne pas avoir percé dans le rap, mais de temps en temps, je me demande où j’en serais si j’avais persisté. Qui sait ? Une chose est sûre, c’est que le public rap des dix dernières années est plus pointu dans ses choix d’écoute. J’entends de plus en plus d’artistes vendeurs utiliser un style d’écriture similaire au mien. Je me dis que c’est peut-être le bon moment pour un retour du M.A.S.A.R.[rires] J’ai toujours été passionné par la musique et la confection de rimes en général, donc quand Veust m’a contacté récemment pour poser sur son album Veust Do It, c’est tout naturellement que j’ai accepté, même si je n’ai nulle intention de faire mon retour. Je suis juste venu pour kiffer un instant puis je repars faire mes affaires.

New York, le deuxième exil Depuis 2008

Maintenant que mon premier et dernier album est derrière moi, je peux enfin me concentrer sur ma carrière de producteur. Je sors International connections vol.1, mon premier projet en tant que beatmaker. Toutes les connexions se font par le biais d’Internet et très vite je rejoins un collectif de Harlem : GTM, pour Get This Money. Le collectif est formé de rappeurs comme Junk Yard, King Weez et Paladino. La connexion avec GTM s’établit au moment ou je commence a produire des beats pour Paladino. Le gars est très talentueux et retourne complètement chacune de mes instrus. Il m’envoie les sessions d’enregistrement pour que je m’attelle au mixage et mastering. Très vite je me retrouve aussi à designer le visuel de son premier album Hard Work Pays Off et plus tard je produis d’autre mixtapes pour lui comme Made in Harlem ou 20 Block. Naturellement Leeko son manager de l’époque m’invite a rejoindre l’équipe. Quand International Connections vol.1 est terminé, je pars à la rencontre des différents participants, pour leur remettre une copie de l’album en mains propres. J’en profite pour filmer un DVD documentaire, et c’est comme ça que débute ma carrière de réalisateur. Souli m’aide à investir dans un Canon HV30, je pars donc à New York avec une vingtaine de copies de l’album, et un caméscope. En 2008 j’arrive sur NYC pour la première fois, à ce moment précis mes objectifs sont très simples. Mon but est de me connecter avec les artistes qui ont posé sur mon album et plus particulièrement rencontrer les membre de mon collectif GTM. Très vite je me retrouve à shooter un clip avec Paladino dans son quartier sur E120st & Pleasant Ave.

Grâce à Craiglist [site internet de petites annonces, NDLR] je trouve un appartement en colocation à Harlem. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve que j’ai pour voisins de pallier le frère de Cam’ron, et Byrd Lady, une de ses artistes protégées de l’époque. Mais mon travail avec eux ne se fera que bien plus tard. Au début je fais comme convenu, j’enchaîne les rencontres avec les artistes présents sur mon album, et avec le collectif GTM que j’ai intégré. De fil en aiguille, grâce à ces gens je rencontre Dame Grease, A-Mafia, 40 Cal, JR Writer, Charlie Clips… Je leur propose mes services d’ingé son, de graphiste, de réalisateur et de beatmaker. Pour la plupart, ils sont emballés par mon travail et me rappellent ensuite pour leurs projets.

En proposant ainsi mes services, je fais la connaissance de l’assistante de Max B de l’époque. Elle m’apprend qu’il vient de monter son home-studio, et qu’aucun ingé-son du quartier n’est en mesure de le faire fonctionner. Je propose naturellement mes services, en échange d’une interview. Elle me passe Max au téléphone, on échange quelques mots et le lendemain matin il passe me chercher en bas de chez moi, dans un BMW flambant neuf crachant le tout nouveau projet Cokewave, qu’il commence juste à enregistrer avec French Montana. Max B est déjà une star dans la rue, on est dans la période de son beef avec Jim Jones donc les gars se ruent pour lui serrer la main et prendre une photo. Quand les mecs me voient monter dans sa caisse, leur attitude envers moi change du tout au tout. Il ne faut que quelques jours ensuite pour que je me trouve à court de business cards.

Une fois arrivés chez lui, Max me montre son home-studio. « A toi de jouer mec ! » Mais c’est un bordel pas possible, il y a des câbles partout, les machines sont sens dessus dessous, branchées un peu n’importe comment. On sent bien que les mecs ont essayé de faire fonctionner ça sans vraiment savoir ce qu’ils faisaient. Je me rends vite compte qu’il y a une bonne dizaine de rappeurs qui attendent le couplet de Max B pour lequel ils ont payé, et qui me voient comme leur sauveur.

Je ne me mets pas la pression, je connais la logique des branchements Midi in & out, j’ai passé des journées à résoudre ce genre de problèmes dans mon studio à Nice. En deux heures j’appelle Max et je lui dis que je suis prêt. Il entre direct dans la cabine, ou plutôt devrais-je dire le placard d’enregistrement, et crache une dizaine de couplets. On s’est retrouvé à bosser toute la nuit. Il y a une bonne alchimie entre lui et moi, il me glisse un petit billet pour la journée et me demande de bosser sur plusieurs de ses projets. Je ne suis à New York que depuis un mois, j’accepte sur le champ, ce n’est pas comme si j’avais d’autres projets plus ambitieux à venir ! De là nous commençons à bosser ensemble de façon presque quotidienne.

« J’étais venu pour recâbler le studio de Max B. Une fois fini, je le rappelle et il pose direct une dizaine de couplets. On s’est retrouvé à bosser toute la nuit. »

Ce premier studio se trouve dans le Bronx, juste à côté du Yankee Stadium. Plus tard Max achète sa première maison sur Yonkers et on y installe un nouveau studio. Il me donne même une chambre au deuxième étage de manière à augmenter ma productivité. Je me souviens bien de cette soirée où je bosse sur un mixage pendant que l’on fête le deuxième anniversaire de son fils. C’est d’ailleurs là que je rencontre pour la première fois la famille Wingate, dont sa mère, Sharon Wingate, avec qui je sympathise de suite. Au fur et à mesure des années nous sommes devenus très proches et nous entretenons toujours de très bonnes relations. Tout va très vite d’emblée et je ne me rends pas bien compte sur le coup, mais quand 40 Cal me demande d’être son manager je sens bien que quelque chose se passe. J’ai toujours été curieux de connaître la manière de travailler en studio des gros techniciens comme Ransom ou Jr Writer donc quand je me retrouve a bosser avec eux en tant qu’ingénieur du son je suis de suite dans un processus d’analyse. Les voir travailler, ça m’apprend beaucoup de choses sur leur workflow. Par la suite j’ai bossé avec des gars comme Dame Grease ou Harry Fraud qui ont produit pour tout le monde dans le game, ça m’apporte beaucoup aussi, mais plus dans le domaine du beatmaking.

Quelques mois plus tard Max B est malheureusement condamné à soixante-quinze ans de prison, pour une affaire de meurtre et l’aventure s’arrête là. French signe un deal avec Akon, et reste difficilement joignable. Il ne reste plus grand monde, et sa mère et moi sommes les seuls à nous préoccuper des intérêts et du bien-être de Max suite à ce malheureux événement. Le gars a été plus que correct avec moi, je n’allais pas disparaître comme ça ! Du coup, je mets tout en œuvre pour qu’il ait de quoi cantiner, je lance une campagne de dons, je promotionne la possibilité de payer pour des drops et apparitions téléphoniques sur des projets, je monte une pétition avec la Maison Blanche, je crée son site Internet. Bref je travaille dur pour qu’il ne se sente pas abandonné. Mais la vie new-yorkaise est très chère et je me dois aussi de gérer mes affaires. Alors je monte ma propre structure, Masar Tv LLC, et propose mes services depuis mon site masartv.com. Cela fonctionne plutôt bien et très vite je me retrouve à shooter des clips, photoshoper des pochettes de CD, mixer des morceaux, monter des sites web. Je commence même à booker des artistes américains en Europe. Je le fais pour MOP, A-Mafia, 40 Cal et Timbo King.

Très récemment, j’ai aussi coproduit avec Harry Fraud et Alchemist le morceau « Paid For » de French Montana avec Chinx Drugz et Max B, pour l’album MC4 de French. C’est pour moi un début de reconnaissance en tant que beatmaker. C’est un gros kiff de pouvoir bosser avec des artistes dont tu admires le travail. Avec Max et French on a enregistré une bonne vingtaine de titres qui pour la plupart ont fini sur Mac and Cheese, Cokewave 1 et 2, Public Domain 6. Un titre comme “Hey my guy” par exemple qui se trouve sur le premier album de French, a été enregistré par mes soins en 2009. J’ai pas mal de couplets de Max qui n’ont jamais vu le jour. Donc quand French me contacte pour acheter un couplet je me retrouve très vite au Daddy’s house pour en premier lieu négocier les tarifs et par la suite superviser la finalisation du morceau. Durant les quatre premières années qui ont suivi son incarcération j’ai géré une bonne centaine de featurings via téléphone pour des artistes plus ou moins connus connus, le rappeur français Joke est d’ailleurs l’un d’entre eux. La qualité audio est mauvaise mais les prix sont bas pour compenser et au final ça aide Max à survivre pendant cette période difficile où il n’a absolument aucune entrée d’argent.

Depuis quelques temps, je peux enfin faire une pause sur les featurings téléphoniques notamment grâce à A$AP Rocky qui place le morceaux “Max B” sur son deuxième album et grâce au Twitter diss entre Kanye West et Wiz Khalifa concernant l’origine du mot “wave” . Cela expose Max à un plus gros public, ce qui nous permet de monétiser son buzz et de négocier quelques gros chèques en son nom, notamment pour le morceau “Silver Surfer Intermission” qui se trouve sur The Life of Pablo de Kanye West.

Aujourd’hui, je suis officieusement manager et PR [attaché de presse, NDLR] pour Max car je me dois d’une part de négocier les contrats en son nom mais aussi de réagir sur ses réseaux sociaux à chaque fois qu’il fait les gros titres. Imagine l’assurance qu’il te faut quand des poids lourd comme XXL, The Source, TMZ, ou Complex t’appellent pour négocier une interview exclusive ou quand c’est à toi de rédiger le tweet de Max B en réponse au diss entre Kanye et Wiz, qui sera analysé par tous les médias de l’industrie hip hop US.

Quand Max m’a envoyé un mail où il disait avoir écouté et apprécié Nouvelle Ère avec son codétenu haïtien, ça a été une sacrée surprise pour moi. Max est respecté par les plus gros vendeurs de disques hip hop à travers le monde donc forcément ça motive. J’ai toujours eu confiance en moi, je sais différencier le vrai du faux et je suis mon plus fort critique. Je n’ai aucun problème à m’auto juger, par exemple en tant que graffeur je n’ai jamais été doué et ça ne m’a pas pris longtemps pour le réaliser et passer à autre chose. Je suis plus que jamais en contact avec Max, il m’appelle quatre fois par semaines. Il y a quelques années, je lui ai trouvé un deal avec un label, qui a racheté ses masters et financé ses frais de justice. Au final, il n’a jamais manqué de rien, et après de longues procédures judiciaires et une multitude de procès, auxquels j’ai toujours été présent, le juge a réduit sa peine, de soixante-quinze ans à vingt ans. Max ayant déjà purgé la moitié de sa condamnation, avec les réductions de peine et autres programmes, il devrait sortir dans quelques années. On va enfin pouvoir reprendre où nous en étions.

Le bilan Aujourd’hui

Pratiquement personne aux USA ne sait que j’ai la faculté de rapper, ce n’est pas quelque chose que j’ai forcément mis en avant car quand je suis arrivé sur NY une chose était claire de suite pour moi, un rappeur français ou autre, aussi bon soit-il, n’a rien à apporter à l’industrie hip hop américaine. Si tu crois que les rappeurs US vont t’accepter comme l’un des leurs tu te trompes lourdement. Il te faut donc plusieurs cordes à ton arc et c’est ce que j’ai fait en mettant en avant mes talent d’ingé son, réalisateur, web developper ou autre. Une fois accepté comme tel c’était plus facile de les approcher pour des collaborations. International connection vol.3 est dans les starting blocks, j’ai une dizaine de morceaux finis, et Max B fera partie de l’aventure. J’ai ce track que j’ai produit où on le retrouvera en compagnie de la crème des rappeurs harlemites, je pense notamment à A-Mafia, 40 Cal, Jr Writer, Meeno. Récemment j’étais au téléphone avec Vado et Hell Rell et ils ont apparemment kiffé le concept et devraient m’envoyer leur couplet incessamment sous peu, sans compter que mon gars Gunplay a aussi répondu présent.

« Toute ma vie j’ai été amené à être polyvalent par la force des choses, donc la débrouillardise ça me connaît.  »

Voilà presque dix ans que j’ai fait mes premiers pas sur New York, et je suis très heureux de ce que j’ai pu accomplir. J’ai fait plus ici en huit ans avec ma compagnie Masar TV qu’en quinze ans dans la musique en France. Je veux dire, soyons réalistes, combien de rappeurs, beatmakers ou DJs vivent vraiment de leur art en France? J’ai vu tellement d’artistes talentueux qui n’ont jamais eu la chance de faire carrière qu’à un moment donné il m’a fallu me poser les bonnes questions, évaluer les prises de risques et faire le bon choix.

Personnellement j’ai quitté l’Éducation Nationale à l’âge de seize ans sans aucun diplôme en poche, pas même un brevet des collège. N’ayant jamais redoublé une seule classe de ma vie et avec des notes plutôt bonnes en maths et en anglais j’aurais dû refuser quand ils m’ont orienté vers un CAP. Mais les mauvaises influences de la rue avaient pris le dessus sur moi et j’étais devenu un nuisible pour les autres élèves au point que les conseillers d’orientations m’ont refusé le droit au redoublement. Mon dossier était si épais que tous les directeurs de collège de mon secteur m’ont refusé l’entrée de leur établissement.

J’ai donc fini comme plongeur, et manoeuvre chantier pendant quinze ans jusqu’à mon fameux départ aux USA. Avec du recul il est maintenant clair pour moi que j’ai fait le bon choix en quittant la France, je bosse maintenant à mon compte et j’en suis sacrément fier. Aujourd’hui, je bosse avec un cabinet d’avocat sur Manhattan. Je filme et monte des interviews de juges, de procureurs, d’avocats et de juristes. Jamais je n’avais pris autant mes distances avec la musique, et une telle opportunité dépasse de loin toutes mes espérances. Il y a dix piges, tu m’aurais dit que je serais un jour à la Cour Suprême, donnant des directives au juge, je t’aurais ri au nez.

J’ai aussi un partenariat en place avec mon pote Benjamin Wollner qui est propriétaire du studio Sounds Off Music Group sur Manhattan et j’y bosse en tant qu’ingénieur du son. D’un autre côté je travaille avec le cabinet d’avocats TalksonLaw en tant que videaste et éditeur. New York est une ville très chère et il te faut développer différents types de hustle si tu veux y survivre. Toute ma vie j’ai été amené à être polyvalent par la force des choses donc la débrouillardise ça me connaît. D’ailleurs au moment où je te parle je suis en pleine finition de la rénovation de mon appartement sur Brooklyn. J’ai tout fait moi même, et je te parle électricité, plomberie, carrelage et peinture. Je suis le couteau suisse de ce rap game shit. [Rires]

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4 commentaires

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  • Chatdenicenord,

    YES MASAR !! Trés content de ta réussite. C’est tellement mérité… Longue vie à toi.

  • Orka,

    Merci pour la découverte de cet activiste. Ça donne envie de decouvrir plus en detail son travail. Des liens vers des videos?

  • Grom Stw2p,

    Quel parcours ! Bravo

  • Basile Dupuy,

    damn .. pas mal .. vraiment très cool