Chronique

The Herbaliser
There Were Seven

Departement H - 2012

Mettre au point une bande originale qui transpire le groove : telle est la mission que semblent s’être fixés Jake Wherry et Ollie Teeba, les meneurs des Herbaliser depuis le milieu des années 1990. En 2005, Take London, dernier album de la troupe anglaise sorti chez Ninja Tune, occupait clairement le créneau de la référence à l’univers filmique. En 2012, There Were Seven, premier album à sortir sous leur propre label, Department H, fait de même. L’inspiration cinématographique est même encore plus flagrante : l’annonce de cet album placé – jusque dans la calligraphie du nom du groupe, mais sans aucun mysticisme à la mords-moi-le-noeud – sous le signe du 7 (septième album, sept compères dans le coup) était présentée sous forme d’affiche de film. L’intrigue : « A city of sound. A lost boy. A machine out of control« .

Autant dire que si les ambiances diffèrent un peu (plutôt thriller sur « Crimes and Misdemeanours », plutôt film d’horreur sur « March of the Dead Things », plongée forestière nocturne sur « Deep in the Woods »…), elles composent une seule trame : celle d’un film d’action à suspense, rythmé, et relevé d’un peu d’humour. Comme d’habitude chez les Herbaliser, plusieurs morceaux sont évidemment truffés d’extraits de films et de séries. Le plus emblématique est le poilant « Danny Glover ». Extraits scratchés de « L’arme fatale » à l’appui, les rappeurs de Twin Peaks – un autre clin d’œil – y concèdent qu’ils sont « too old for this shit« . Ce duo canadien imbibé de la série mythique de David Lynch laisse une très bonne impression sur ce morceau comme sur les deux autres (une bonne raison d’aller jeter une oreille à leur discographie depuis le EP The Perfect Strangers), l’un des deux rappeurs, Ghettosocks, faisant aussi partie du duo Teenburger présent sur un morceau.

Pour le reste, comme le dit la phrase mise en valeur dans le dixième titre, « you get exactly what you’ve asked for« . À savoir : cinquante-sept minutes d’une bande-son généralement up-tempo et nourrie d’influences diverses, surtout au début de l’album (l’enchaînement du trip-hop de « The Lost Boy », de l’embardée reggae-dub sur « Welcome to the Extravagance » et de la discrète touche électro sur « Mother Dove »), la suite étant plus nettement hip-hop et visiblement moins légère que l’album précédent, Same as it Never Was. Dénué de tout faux pas, The Were Seven est donc un disque entraînant, mené tambour battant, qui se distingue par la qualité des arrangements et l’équilibre trouvé, dans des compositions multicouches, entre les instruments et les machines. Les Herbaliser demeurent donc fidèles à leur style (qui n’a plus écouté le groupe depuis Blow your headphones, en 1997, ne sera pas trop dépaysé), sans tomber dans la pure redite.

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