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Mickey Avalon
Mickey Avalon
Chronique par Julien | Publiée le 09/07/2006
Sortie : 7 Juin 2006
Durée : 41'00
Label : Shoot To Kill Music / 2 Good
Format : CD/Vinyle
A le voir, on imagine
difficilement Mickey Avalon en rappeur. Avec ses airs de punk androgyne et
son jean moule-burnes, il paraît plus taillé pour la fureur des Ramones ou
de Sid Vicious que pour les sessions freestyle enflammées des Open-Mics
californiens.
Et pourtant Mickey Avalon fait du rap. Et du bon.
Si le rap "c’est avant tout le
vécu", alors Mickey a sans doute de quoi remplir plusieurs galettes.
Parti chercher gloire et réussite à Hollywood, le jeune homme se retrouva
finalement sur le trottoir à tapiner, errant parmi junkies, putes et
dealers. Ce bon vieil American Dream une fois de plus traîné dans la pisse
et le vomi, en somme. C’est suite à sa rencontre avec Existereo, MC au sein
des Shapeshifters, qu’il s’essaye au rap et enregistre plusieurs morceaux.
Ceux-ci sont réunis sur un disque, simplement intitulé "Mickey Avalon".
Le
résultat est extrêmement accrocheur. Le personnage en lui-même, s’il n’est
pas "fascinant", captive par son originalité. Car ce n’est pas exagérer que
d’affirmer que Mickey Avalon est unique en son genre. C’est sans surprise
qu’on le croiserait, un flingue sur la tempe, dans le Los Angeles nocturne
de "Shadow
Hours" ou dans celui de "Pulp Fiction", se "repoudrant" le nez dans les
toilettes d’un restaurant. Sur les beats d’illustres inconnus, il rappe avec
nonchalance ses histoires de filles, parfois assez glauques, imprégnées de
son vécu de gigolo ('So rich, so pretty', 'Roll the dice', 'Jane
Fonda', 'Romeo and Juliet'), avec un humour grinçant et un cynisme
évident, ou se lance dans un egotrip nihiliste poilant ('Waiting to die'
et son magistral refrain : "It’s like a
jungle sometimes, it makes me wonder that God must be one sick
motherfucker..."). Plus loin, il laisse exploser son agressivité dans
'Roll up your sleeves', s’inspire du G-Funk de Snoop le temps de
l’excellent 'Hustler hall of fame' ou invente avec deux de ses amis un
nouveau genre de battle, le "clash de bites" ('My Dick', morceau caché en
piste 69, d’une finesse à faire rougir Jean-Marie Bigard).
Sans être
véritablement impressionnant en termes de emceeing, Mickey Avalon sait s’y
prendre pour faire décoller un morceau, développant par moments un
irrésistible sens du refrain. L’album comporte ainsi son lot de tubes en
puissance : 'Waiting to die', 'Hustler hall of fame' ou encore (et
surtout) le terrible 'Mr. Right'.
Malheureusement, si les beats des
titres précités sont bons, la qualité musicale n’est pas toujours au
rendez-vous. Cet aspect plombe quelque peu la fin de l’album (le mauvais
'Friends and lovers', les quelconques 'Dipped in vaseline' et 'Romeo
and Juliet'), après un début en fanfare. Mais le charisme du personnage
parvient à faire oublier ces quelques faux-pas. Le nombre de producteurs
appelés rend l’album musicalement très varié, malgré une présence marquée de
sonorités électroniques, mais également inégal.
"Mickey Avalon" est distribué en
France par 2Good. En espérant que cela le rendra facilement accessible aux
oreilles françaises, on ne peut que vous encourager à l’écouter. Frais et
original, ce disque a les qualités requises pour séduire un public large, et
pas seulement les hip-hop heads ou les amateurs de l’émission Tracks.
- Julien
01. Waiting to die (Mickey Avalon / Dave Cooley)
02. So rich, so pretty (Mickey Avalon / Sunny
Levine & Giuseppe Patane)
03. Jane Fonda
(Mickey Avalon / Cisco Adler)
04. Roll the
dice (Mickey Avalon / Sunny Levine)
05. Mr
Right (Mickey Avalon /Cisco Adler)
06. Hustler hall of fame (Mickey Avalon / Aaron Harris)
07. Roll up your sleeves (Mickey Avalon /
Aaron Harris)
08. Friends and lovers (Mickey
Avalon / DJ Ill Media)
09. Dipped in vaseline
(Mickey Avalon / Tim Anderson)
10. Romeo and
Juliet (Mickey Avalon / Dave Cooley)
69. My
Dick (Mickey Avalon-Dirt Nasty-Andre Legacy / Dirt Nasty)