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The Game
The documentary
Chronique par JB | Publiée le 03/04/2005
Sortie : 17 janvier2005
Durée : 70'05
Label : G-Unit Records / Aftermath Entertainment / Interscope Records
Format : CD
Il aura donc suffi de trois ans pour que The Game devienne la rap star
qu'il rêvait d'être. En 2002, l'enfant de Compton fait ses premières
armes aux côtés du débrouillard JT the Bigga Figga. L'année suivante, il
signe chez Aftermath. En janvier 2005, son premier album, "The documentary", s'écoule à 1 million
d'exemplaires en trois semaines. The Game
don't wait. Le succès de The Game, c'est le succès d'Interscope,
redoutable machine promotionnelle, celui de Dr Dre, directeur artistique de
génie, et celui de G-Unit, le crew dominant qui n'en finit plus de coacher,
développer et propulser des variantes de 50 Cent dans les charts. Soutenu
par cette hydre à trois têtes, le jeune rappeur californien est
confortablement installé dans l'ascenseur pour la gloire, mais il est
injuste et hypocrite de réduire son premier album à un simple coup
marketing. "The documentary" est un
produit calibré, évidemment, mais également un projet d'une puissance assez
ahurissante.
Les rappeurs disent souvent que le rap est la bande
originale de leur vie. Chez The Game, l'expression prend tout son sens.
"I've been rappin for one year, one month,
17 days, 13 hours, 28 minutes, then I met Dre, 30 minutes after I bought the
new Em, That was November 18th, 3:09 PM, Around the same time, 'Wanksta'
got it's first spin". Même si Game évoque de temps à autre des
histoires presque touchantes, comme la naissance de son fils dans
l'excellent 'Like father like son', son premier album parle
essentiellement d'une chose : le rap. Comme d'autres avant lui, Game a
fantasmé en feuilletant les magazines ("I
had dreams of fuckin a R&B bitch like Mya when I saw that ass on the front
of that King"), il a étudié l'organigramme de l'industrie ("Sylvia Rome and Kevin Lyle slept cool, Jimmy
Iovine was the best move") et a écouté en boucle ses classiques
("Same bloody t-shirt, same address, Same
"Dogg Food" album bangin in my tape deck"). Le LP est truffé de
références au monde du rap, peut-être trop, mais derrière chaque clin d'œil
et chaque comparaison hasardeuse, on découvre un jeune homme fou de hip-hop
qui s'est retrouvé catapulté au milieu de ses idôles du jour au lendemain.
Ainsi, "The documentary" est l'album
d'un enfant du rap, et c'est en ce sens un disque plus personnel qu'il
n'y paraît, malgré la patte de Curtis Jackson sur de nombreux refrains
('West side story', 'Hate it or love it').
Toute la promotion du
LP portait sur un seul aspect : le retour en force de la côte ouest sur
l'échiquier rapologique. L'album aurait même du s'appeler "Nigga with an attitude, volume 1", en
référence à Eazy-E, son idole, qu'il a tatoué à son bras juste en dessous
d'un Tupac Shakur angélique. Mais Game a beau multiplier les références au
folklore californien – low rider, jerry curls, Chuck Taylors – le "G" de
Game est moins celui du G-Funk que de G-Unit. Bien sûr, la grande réussite
de "The documentary", c'est la
production. Un aperçu du casting ? Côté compositeurs : Timbaland, Dr Dre,
Hi-Tek, Eminem. Côté sampleurs : Havoc, Buckwild, Just Blaze, Kanye West,
Cool&Dre – tous sur leur 31. Sur le papier, l'effectif donne le vertige.
Sur disque, l'exercice tourne à la démonstration de force. Entre la
composition limpide et magistrale de Hi-Tek ('Runnin'), la production
"électro-convulsive" de Timbaland et les frappes d'un Just Bla(aaaa)ze
décidément déchaîné, on ne sait plus où donner de la tête. Porté par Dre et
ses sbires, tantôt en pilotage automatique ('How we do'), tantôt en
pilonage intensif ('Higher'), "The
documentary" est de ces albums dont chaque production sera
rééexploitée pendant des mois dans les freestyles des rappeurs en quête de
contrat sur toutes les mixtapes du monde.
Si l'on en croit
l'opinion répandue selon laquelle "The
documentary" est une sortie sur-évaluée et sur-médiatisée, alors le
premier album officiel de The Game devrait déjà prendre la poussière sur les
étagères des auditeurs prisonniers de la hype, forcément passés à l'étape
suivante : "The massacre". Il semble que
non. Ecoute après écoute, c'est un disque d'une solidité à toute épreuve
qui se révèle. Même s'il est symptomatique de la folie marketing des majors
et représentatif du standard actuel de promotion des rappeurs (un passé
trouble + 2/3 coups de feu + des pectoraux luisants), "The documentary" est un disque efficace et imparable, grâce
à la direction méthodique du combo Dr Dre/50 Cent. On en a pour son argent.
Et c'est bien là l'essentiel.
- JB
01. Intro (Dr.
Dre-Che Vicious)
02. Westside story (The
Game-50 Cent / Dr. Dre-Scott Storch)
03. Dreams
(The Game / Kanye West)
04. Hate it or love
it (The Game-50 Cent / Cool & Dre)
05. Higher
(The Game / Dr. Dre-Mark Batson)
06. How we
do (The Game-50 Cent / Dr.Dre-Mike Elizondo)
07. Don't need your love (The Game-Faith Evans / Havoc)
08. Church for thugs (The Game / Just Blaze)
09. Put you on the game (The Game /
Timbaland)
10. Start from scratch (The
Game-Marsha of Floetry / Dr. Dre-Scott Storch)
11. The documentary (The Game / Jeff Bhasker)
12. Runnin' (The Game-Tony Yayo / Hi-Tek)
13. No more fun and games (The Game / Just Blaze)
14.
We ain't (The Game-Eminem / Eminem)
15.
Where I'm from (The Game-Nate Dogg / Focus)
16. Special (The Game-Nate Dogg / Needlz)
17. Don't worry (The Game-Mary J. Blige /
Dr. Dre-Mike Elizondo)
18. Like father, like son
(The Game-Busta Rhymes / Buckwild)