Richard III, Arm II
Même troupe, même punition. Douze saisons et un hiver après “Hamlet, thèmes et variations”, Arm de Psykick Lyrikah était de retour cette semaine au Théâtre de la Renaissance d’Oullins près de Lyon. Aux manettes, toujours David Gauchard et la compagnie L’unijambiste. Au menu, un nouveau concassage 2.0 d’un classique de William Shakespeare, “Richard III”, monstre de coordination visuelle et sonore. Le projet ? “Mettre en scène cette allégorie du mal sous forme de ciné-concert, écrit le metteur en scène limousin dans sa note d’intention, en demandant à Vincent Mourlon (comédien), Arm (rappeur) et Olivier Mellano (musicien) de jouer ensemble le rôle titre. Trois Richard pour Richard III. Le choix a été de mettre en avant le personnage titre de manière assez radicale et donc d’isoler sa parole de celle des autres personnages. Tous les autres rôles seront projetés. L’idée est que Richard, l’homme contre nature, sera le seul humain au plateau. Le regard sera exclusivement sur lui.”
Il y a longtemps que l’Abcdr suit l’odyssée Psykick Lyrikah, sa cohérence, sa radicalité. Avec son profil d’oiseau de proie et ses lèvres acérées tout droit sorties d’une BD d’Hermann, Arm était jusqu’ici une silhouette autant qu’une voix, de plus en plus siamois du monument en devenir qu’est Olivier Mellano… En une pièce, le Rennais devient ici un personnage. Exit le T-shirt cliché d’“Hamlet”, place au costard sombre du mec qui concède ça à la mode du monde qui l’entoure mais n’en rappe pas moins, cheval de Troie d’une culture en tous lieux policés absente. Même ressac spectral des mots et des thèmes, mêmes front de licorne et sourcils charbonneux en direction du plexus du spectateur du quinzième rang, le tout au service d’une œuvre à l’amoralité suffisamment atemporelle pour être pertinente quatre siècles après sa première.
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