Rap anglais, passé, présent, futur. Pour cette troisième édition de “Britain’s Got Talent”, retour sur The Lost but not Forgotten de The Three Amigos (2005), et sur EP 0001 de Dayse & Aver, sorti il y a quelques mois. Puis interview de Mr. Boss, même pas 20 ans et déjà auteur d’un album de beatmaker très remarqué, The Landing.
Drumma Boy ft. Young Buck, 8Ball & MJG – “Round Me” (Welcome II my City, 2009)par David
La grandeur dans la simplicité. Voilà à quoi se résume ce morceau. Un sample de saxo addictif, une découpe habile et des percussions qui mitraillent frénétiquement le tout : le tour est joué. Drumma Boy n’est pas un virtuose au micro, loin de là, mais il a eu la bonne idée de convier les fines gâchettes du Tennessee pour lui prêter main forte. Young Buck se démarque avec un couplet revanchard, et rappelle par la même occasion qu’il est encore en vie, tandis que les vétérans concluent le titre en beauté. Le Sud dans toute sa splendeur. Il ne manquait à “Round Me” qu’un refrain plus accrocheur pour devenir un hymne. “Yeaaaah bwoooy“.
Voici du rap qui a pris l’avion. Sur un axe Nord-Sud ou Sud-Nord, qu’importe sinon les papiers… Du rap qui a vu la Terre par le hublot, ses poumons verts et ses fleuves marron, charriant des troncs et des carcasses de chevaux, preuves de l’empreinte de l’homme, partout. Du rap étourdi autant par les éblouissants reflets du soleil sur les nuages que par l’Inquisition au guichet pour le moindre mandat Western Union… Cauchemar de Darwin dans l’occiput, quatre hommes se succèdent à la barre, soulevant à tour de rôle le rideau de perles masquant l’entrée de leurs grottes respectives – gimmick sonore aussi monumental qu’il est discret. Entre ici, Lalcko, le plus gnostique des athées, rap olfactif – magie de l’enfance où le cube Maggi fut pilonné en cadence dans le mortier -, mélancolie tenace de l’enfer perdu…
Entre ici, Seth Gueko, emphase en Marcel, ton indulgence pour les carences des collègues – tu assumes les mêmes, en pire – et ton rôle de zone-tampon entre ta tchatche qui choque et celle d’un Frankenstein nommé K-Pote… Entre ici, Despo Rutti, tes questions existentielles venues d’une planète bien loin d’être autre – “Pourquoi les Zaïrois s’habillent en rouge ?“, hein, pourquoi ? -, 1,70 m de détermination et de sciences humaines acquises sur le tas… Entre ici, enfin, Escobar Macson, micro en mode Reverb, qu’une boucle de piano paisible suffit à faire sortir de ses gonds et à déambuler dans les rangs pour distribuer les tartes avec “Mamadou, Karim et Dos Santos“… Le morceau date de janvier 2008, sur le street de Lalcko “Diamants de conflit”. Il n’est rien de moins que le maillon manquant entre l’œuvre d’Abdelmalek Sayad et les monologues d’Ahmadou Kourouma. Dix ans plus tôt, une telle promesse aurait débouché sur quatre solos disques d’or, minimum.
Enfin une semaine, il faut le dire vite. Disons que l’on va s’intéresser à trois des gros concerts parisiens qui ont rythmé le XVIIIème arrondissement cette semaine. Rappel des faits : Snoop donnait un concert (a priori) exceptionnel à l’Elysée Montmartre mercredi 25 novembre. Le lendemain, à une centaine de mètres, Booba faisait son Autopsie show à la Cigale, concert qui était retransmis en direct sur le site de Canal +. Enfin, toujours à la Cigale, Youssoupha prenait le relais vendredi dans une salle qu’il affectionne tout particulièrement (ne disait-il pas qu’il était passé de “l’illégal à la Cigale à guichets fermés”).
“Tout d’abord, une première mise au point“, aurait dit Kool Shen.
Juste quelques lignes, en fait, pour rappeler que cette rubrique n’est pas un débarras. Les albums dont il est question ici ne sont pas, par principe, moins bons que ceux critiqués dans la section “chroniques” du site. Ils ne mériteraient pas moins de faire l’objet de papiers plus longs et développés. Seulement le temps fuit : nous ne pouvons pas parler de tout ce que nous voulons, et nous n’avons pas non plus forcément des millions de choses à raconter sur tous les albums, aussi bons soient-ils. Alors plutôt que de passer certaines sorties sous silence, mieux vaut en parler sous un format plus synthétique et “ramassé”.
Impressions après six ou sept écoutes. Après les projets hybrides “Barillet plein”, “Patate de forain” et “Drive-by en caravane”, le premier “vrai” album de Seth Gueko est sorti aujourd’hui dans les bacs, et hier chez les Russes. “La Chevalière” compte quinze titres, pas mal de raisons de se réjouir et d’autres d’être un peu déçu. Comme il l”annonçait en interview, Gueko se livre un peu plus que sur ses street-cd’s, avec des textes autobiographiques et personnels (‘Barre de fer’, ‘Couple Impair’, ‘J’oublierai pas’). Avantage : le rappeur de Saint-Ouen-l’Aumône prouve qu’au-delà de la gouaille et des punchlines fracassantes, il est l’une des plumes les plus efficaces du rap français actuel dans différents styles, confirmant ce que laissaient présager des titres comme ‘Marche funèbre’ ou ‘Destins croisés’. Avec en plus cette espèce de charisme qui irradie ses morceaux. Revers de la médaille : même si on se marre encore pas mal, avec des concepts rentre-dedans et des phrases super efficaces (‘Bistouflex’, ‘Ca défouraille’ et ‘Aka’ en première ligne), quelques titres un peu plus faibles, à la première écoute, cassent le rythme sur la fin de l’album. Reste à savoir quelle sera la durée de vie de cet album, et si les morceaux personnels ne finiront pas par lasser plus vite que les délires bourrins.
Comme très souvent, ce week-end j’ai profité de mon temps libre pour aller acheter des disques et des DVD’s. Avec l’offre des 5 DVD’s achetés pour 30 euro en vigueur actuellement à la FNAC, c’est “Shaun of the dead”, “Marathon Man”, “Sin city”, “Manhattan” et “Certains l’aiment chaud” qui sont repartis dans ma besace. Niveau CD’s, j’ai acheté trois disques dont ceux de La Fouine et d’Orelsan que j’avais déjà écouté avec un certain plaisir. Le dernier, vous l’aurez deviné, c’est “L’angle mort”, cette collaboration annoncée depuis un moment sans que l’on sache vraiment s’il fallait l’attendre sérieusement ou pas.
Finalement, après quelques extraits alléchants et un live de classe chez Taddei, l’album est finalement dans les bacs. Malgré le respect que j’ai pour Noir Désir, l’immortalité des rimes d’Hamé et la puissance de feu de Casey, je n’étais que moyennement enthousiasmé par ce projet. En le voyant à la FNAC, je n’ai pas pu m’empêcher de le prendre mais sans une énorme conviction.
Aujourd’hui, je m’en veux presque de ne pas avoir été davantage excité par ce disque.
Parce qu’aujourd’hui, c’est bien de l’excitation que je ressens à chaque fois que j’écoute le disque. L’excitation d’entendre Casey donner une leçon de flow à tout le reste du rap français sur ‘Une tête à la traîne’ dont j’imagine mal ce qui pourrait l’empêcher d’être le meilleur morceau de 2009, l’excitation de décortiquer à nouveau les couplets d’Hamé sur ‘E.L.S.A’ et le solo des musiciens à la fin des ‘Mains noires’, sorte d’intro parfaite à un disque qui n’est pas loin de l’être.
Parlons en justement de ce premier morceau. Dimanche soir, j’ai dû faire le trajet Lille-Luxembourg en voiture. En passant par la Belgique, comme d’habitude. L’avantage quand on passe par les routes belges, c’est qu’on ne paye pas le péage. L’inconvénient, forcément, c’est que ces routes ne sont pas du tout entretenues. Honnêtement, deux heures de trajet là-dessus, c’est déjà un petit peu l’aventure. Lors de la première partie du trajet, comme pour confirmer le fait que “L’angle mort” ne me chauffait pas plus que ça, je décide de mettre “Mes repères” de La fouine. Sans surprise, le disque regorge de quelques belles trouvailles et on passe un vrai bon moment à son écoute. Ceci dit, il faut bien avouer qu’il ne se prêtait pas du tout au contexte. Je décide de découvrir enfin le projet de Casey, Hamé et Zone Libre.
Une petite remarque tout de même sur l’album de La Fouine : il y a un moment troublant sur le remix de ‘Ca fait mal’. Lorsque Sefyu finit son couplet par “J’suis pas homosexuel pour que j’t'encule” et que La Fouine embraye sur “Dans une cage d’escalier on peut le faire, on peut finir à l’hôtel, s’il n’y a plus de place sa mère, on peut le faire sur ma banquette arrière”. J’ai trouvé cet enchaînement étrange.
Ce premier morceau donc, ‘Les mains noires’. A peine appuyé sur Play et on est directement happé par le disque. Quelques secondes écoulées et je me remémore immédiatement les chocs qu’ont été certains titres de la Rumeur et l’album de Casey. Quelques secondes écoulées et je m’en veux déjà d’avoir été plus enthousiasmé par les albums de la Fouine et d’Orelsan. Le couplet de Hamé terminé et je me dis que, hormis quelques punchlines mémorables sur le dernier Booba, ça fait un moment que les textes d’un rappeur ne m’ont pas mis une vraie gifle. A la fin du morceau vient donc ce solo de rock aux airs de fin du monde. Ou de révolution. Je ne sais pas vraiment et à 160 km/h sur une route belge avec cette violence dans les oreilles on ne sait plus grand chose. Une chose est sûre, si j’avais découvert ce morceau sur mon ordinateur après un passage chez un fournisseur russe l’effet n’aurait pas été le même. Là, je dois l’avouer, j’étais comme transporté.
Volontairement, j’ai passé sous silence la prestation de Casey. Parce que sans manquer de respect à ses acolytes, Casey est à part. Sur ce disque, Casey c’est Dieu. Ou peut-être préfèrerait elle être le Diable. Là encore je ne sais plus mais ce qui ne fait aucun doute c’est que son arrivée sur ‘Purger ma peine’ me fout des frissons à chaque écoute. A chacune de ses apparitions, Casey frappe fort et juste. Voix de dictateur et flow de contorsionniste, elle réalise avec ‘Une tête à la traîne’ quelque chose de presque indescriptible à l’écrit. Il faut simplement écouter. Si possible à 160 km/h en Belgique.
Casey, Hamé, Teyssot-Gay. Anfalsh, la Rumeur, Noir Désir. On aurait dû s’en douter tant les connexions sont évidentes. Quant à Casey et Hamé, tandem d’un jour, leur alchimie frôle, elle aussi, la perfection. Si leur propos est sensiblement le même, la forme diffère. Entre l’électricité de Casey et l’espèce d’assurance tranquille qui se dégage des passages d’Hamé, il y a une forme d’équilibre imparable qui en ressort.
En gros, je n’attendais pas vraiment ce projet mais, aujourd’hui, il va être très dur pour moi de trouver la motivation pour écouter “Mes repères” et “Perdu d’avance”.
Un peu comme sur les jaquettes des DVD dans les vidéoclubs, l’arrière de la pochette de Butterfly, dernier album en date (octobre 2008, FarOut Recordings), du groupe Azymuth présente quelques critiques élogieuses de certains de leurs disques précédents. En matière de réclame, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ça donne ça :
“Azymuth are crate-digger favourites evangelised by indie hip-hop producer Madlib” - Uncut Magazine (U.K)
“As a trio, they drink in the influence of Miles Davis and John Coltrane, patching together sounds into a futuristic Bitches Brew” - Wax Poetics (U.S)
“Dance music played by human beings rather than computers, fantastic” - The Times (U.K)
“Innovators in dance/world fusion” - Billboard (U.S)
Et un peu plus bas, après les titres des dix morceaux, un petit nappage supplémentaire à propos cette fois de “Butterfly”, hommage évident au maître Herbie Hancock : “The Mighty Azymuth make their individual stamp with a new studio recording – the band well known as the creators of Samba Doido (Crazy Samba) - execute their tripped out, timeless musical groove to perfection. Like the erratic yet graceful flight of a butterfly we never know where Azymuth will take us.”
Voilà qui a le mérite de guider un peu l’auditeur inculte ; sauf que tant de références hétéroclites brouillent les pistes. Normal : “Butterfly” vogue entre groove paisible et élans dance-floor, la galette pouvant s’écouter aussi bien debout en soirée qu’assis à l’apéro ou allongé pendant une sieste crapuleuse.
Il se trouve que Azymuth, c’est eux, c’est-à-dire pas franchement des inconnus. On les trouverait même plutôt au rayon légendes vivantes, surtout au Brésil mais pas seulement – certains de leurs disques se vendent à prix d’or. Il revient au trio (J.R. Bertrami aux claviers, A. Malheiros à la basse et à la guitare, I. Conti à la batterie et aux autres percus – rejoints ici par quelques copains pour une pincée de guitare électrique ici ou un soupçon de saxophone là) la paternité de la “crazy samba”, au croisement de la samba, du jazz et du funk.
Bon, un peu de retenue quand même, “Butterfly” n’est certainement pas leur meilleur disque. On peut regretter son côté trop “poli”, easy listening, voire (si on est cruel) musique d’ascenseur. Disons que comme toile de fond, pendant qu’on fait autre chose, c’est un disque très agréable ; de là à l’écouter comme seule activité… Mais un petit malin de BBC Music a tout dit : “This may well be music for airport waiting lounges or perhaps the moving staircases of vacuous tropical shopping malls. But if you insist on going to such places, why not do it in style?”
Pour en savoir plus sur leur vie, leur oeuvre et “Butterfly”, on peut commencer ici et là.
Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, c’est toujours un véritable plaisir d’aller acheter un disque. Se déplacer chez mon disquaire préféré ou à la FNAC la plus proche, se frotter énergiquement les mains avant de pénétrer dans le rayon désiré, remuer frénétiquement les bacs, trouver l’album que j’étais venu chercher, le reposer après avoir aperçu la pochette d’un disque que je connais par coeur mais dont la pièce originale fait encore défaut à ma collection, prendre un mètre de recul, fouiller ses poches et se rendre compte de mon faible pouvoir d’achat, prendre deux mètres de recul, changer de rayon histoire de s’aérer l’esprit, revenir au point de départ, prendre les deux disques convoités en sachant pertinemment que le menu du soir affichera le combo pâtes/coca. Oui, un vrai plaisir.
Néanmoins, il serait évidemment malvenu de blâmer automatiquement le téléchargement. Déjà parce qu’il permet de diffuser très facilement la musique de n’importe quel rappeur de chambre mais aussi parce qu’il peut nous empêcher de regretter terriblement un achat. Et se rendre compte que l’on a acheté un mauvais disque devant un plat de pâtes pas cuites, c’est franchement douloureux.
Petit passage en revue de quelques arnaques savamment orchestrées par vos rappeurs préférés (ou pas).
10. Gyneco, l’opportuniste l’électron libre.
Bon, c’est vrai, il ne s’agit pas de l’achat d’un disque. Mais tout de même, il y avait de quoi se sentir roulé par le chavirement politique annoncé par Doc Gyneco avant la présidentielle. Et même si Thomas N’gijol ne vise pas dans le mille à tous les coups, il a le mérite de rappeler cette phrase prononcée dans ‘Oye Sapapaya” : “Je suis nègre, juif et communiste, allez leur dire aux Lepénistes”. Entre un featuring avec Chiara Mastroianni et RZA, il précisait également sur “Quality Street” pencher “à gauche comme le Kouchner”. Mais comme le rappelle Olivier Cachin à chaque fois, il n’y pas de quoi en faire tout un plat. Après tout, “James Brown avait bien appelé à voter Nixon en son temps”. Mouais…
09. Papoose
On nous avait préparé à ce qu’il soit en rotation intensive dans nos Ipods. Des freestyles remarqués, une flopée de tapes, le parrainage de DJ Kay Slay, les beatmakers les plus côtés annoncés sur son premier album et… le titre de sauveur de New York en prime. Pour un premier extrait officiel produit par Scott Storch avec Snoop Dogg en featuring. Aujourd’hui, personne ne sait vraiment ce qu’il fait.
08. Le poids des maux
Après un excellent premier album, le deuxième opus de Pit Baccardi était forcément attendu par les fans de la première heure. Et l’homme à la casquette blanche s’était particulièrement bien entouré pour l’occasion : l’inépuisable Djimi Finger (mais où est-il passé ?) côtoyait un Yvan au top de sa forme. En pleine période post-Blueprint, les beatmakers avaient déroulé un tapis rouge à Pit. Qui, pour être gentil, n’a pas vraiment fait le boulot correctement. En ayant pris le parti de jouer les “rappeurs conscients” au détriment de l’aspect divertissement qu’il pouvait y avoir dans son premier opus, ses couplets bâclés et son flow monolithique rendent une deuxième écoute du disque presque dispensable. Dommage, vraiment. Remerciements à la médiathèque de Melun qui m’a donné la possibilité d’emprunter ce disque avant de faire une terrible erreur à la Fnac.
07. Joaquin Phoenix.
C’est pas moi qui le dit mais Yahoo.
06. ‘Anything’/'Dear summer’.
Il y a deux raisons d’interpréter cette arnaque là. On peut, d’abord, penser que Jay-Z a arnaqué ses potes en plaçant un morceau solo sur leurs propres albums. Et puis, on peut ensuite se dire qu’il y avait aussi une volonté d’arnaquer les groupies de Jigga qui, en voyant ça, se seraient ruer sur les albums des autres soldats de Rocafella. D’autant plus qu”Anything’, présent sur “The truh” de Beanie Siegel a été clippé. L’autre morceau étant ‘Dear summer’ présent sur “534″ de Memphis Bleek.
05. Rick ross, everyday he’s hustlin’.
Oui, Rick Ross, le mec qui a fait “Port of Miami” est un ancien flic. Et comme en France on fait tout après les américains, on a nous aussi notre cop/rapper depuis peu.
04. Chiens de Paille, avant et après.
De ça : “Accrocs des ondes radios, trop d’ados croient au rap Eldorado. Ce lot de ragots, gros gâteaux, majors, beaux bateaux, stocks de gos, plateaux de coke, corrados, flots de bravos, photos, autographes. Ronaldo des charts, porte-drapeau de polo Ralph Lauren. Hauts de tableaux. Trop de vidéo-clips aux idéaux de riches, niais, nocifs, ciblés d’office, Filet-o-fish pour le crâne avec tout le brio de M6. Trop de minots privés trop petits, de visées, d’optiques. Le cerveau vrillé trop vite, en manque de rêves, se sont rivés aux tripes nos envies de briller aussi. Trop de rimes anodines. Tant de mômes se fient à nos dires, vibrent à nos rythmes, fidèles aux titres malgré ce que leurs fille-mères peuvent dire. Le besoin de méditer, la fibre de nos lyrics, d’une existence “série B”. Trop de gimmicks priment au prix de lyrics. Je viens pas vendre du rêve, c’est pas le monde de “Fame”, genre “on s’aime tous”, “ton frère est mon frère”. Je suis pas de ceux qui enseignent, pleins de conseils mais que rien ne concerne. A mon sens, l’ignorance : le coup de grâce aux coupables d’innocence.”
à ça :
03. Samplin’ to the beat of the Drum.
On ne lui en veut pas à Daz. Beatmaker de génie, rappeur au flow hélicoptère addictif (copyright Danydaz187) et doté d’une discographie qui n’en finit pas de s’allonger, Delmar Arnaud a bien le droit de se planter de temps en temps. Mais de là à se moquer de son public, il n’y a qu’un pas…Qu’il a franchi allègrement avec ce disque qui s’apparente en fin de compte à une joyeuse gaudriole. Une vingtaine de pistes dont certaines durent parfois vingt secondes et composés de trois pauvres coups de cymbales. Et souvent ponctuées par des éclats de rire qui nous laissent imaginer l’atmosphère dans laquelle l’album a été réalisé. Profitez justement d’Internet pour vous offrir une écoute détendue de cet ovni.
02. Kool G Rap, “Dead or alive”.
La preuve qu’Internet a ses bons côtés : quand vous n’avez pas entendu parler d’un disque sur la toile, n’allez pas vous jeter dessus lorsque vous le voyez dans un rayon. Sur le coup, je ne peux vraiment m’en prendre qu’à moi-même. Une pochette foireuse, un CD Shade 45 en bonus, la mention DJ Whoo Kid…Malgré tous ces indicateurs, j’y suis quand même allé gaiement. Sur le moment j’ai dû trouvé plutôt excitant que G Rap fasse une tape en partenariat avec Shadyville. Sans réaliser que ça ne signifait pas forcément qu’il y aurait des morceaux avec Eminem et Obie Trice dessus.
Jusqu’à aujourd’hui, je ne l’ai pas réécouté, trop déçu par des morceaux qui ne démarrent pas et des coups de feu à répétition lors de la première écoute. Peut-être qu’il y a finalement quelque bons moments à tirer de ce disque. En regardant le tracklisting, je me rends compte qu’il y a même un morceau avec Bun B dont j’avais oublié l’existence. Allez, je me la réécoute… 01. Lloyd Banks featuring Rakim.
Une erreur d’imprimerie sûrement. Au moment de finaliser l’emballage du disque, un distrait a dû écrire “featuring” à la place de “scratch”. Sûrement zélé, il a même mis l’information sur le sticker de l’album. Comme ça, tout le monde pouvait savoir que Lloyd Banks avait eu Rakim en featuring sur son album.
Bon, je n’ai pas acheté “Rotten Apple”. Mais j’aurai pu hein. Déjà parce que le premier album de Banks avait quelques excellents moments. Ensuite, parce qu’il est vrai qu’un featuring de Rakim avait quelque chose d’intrigant. Là encore, il faut remercier Internet. Sans ça, je me serai probablement perdu dans les bacs de la FNAC, aurait attrapé le disque de Lloyd Banks et commencé à fantasmer sur le “featuring Rakim” présent au dos du disque avant de prendre une sérieuse déconvenue une fois de retour à la maison en réalisant qu’il s’agissait en fait d’un simple scratch de la voix de William Griffin.
On remarquera que les Ghetto Diplomats ont presque réédité la performance avec ‘Mecs de Panam’ où Booba n’est pas scratché cette fois mais apparaît pour un refrain inspiré directement d’une de ses phases présentes sur ‘Ecoute bien’.
Quand on n’est pas spécialement d’humeur à donner dans le blanc binoclard chicogoan névrosé (il y a un gros nid là-bas, non ?), il suffit d’aviser deux secondes la couverture enfantine, puis de lire que le blaze de l’hôte fait référence aux Goonies (coup de vieux n°1) pour avoir une soudaine envie de fuir. On se rassure en deux temps. D’abord en tombant sur la liste des invités : quelqu’un qui réussit à s’entourer de KRS One, Masta Ace, Edo.G, Prince Po, Rodney P (ex-London Posse, et coup de vieux n°2), pour ne prendre que les noms les plus connus, ne peut pas être foncièrement mauvais. Ensuite en comprenant qu’on s’est planté dans les grandes largeurs : Copperpot n’est pas rappeur, mais “simplement” producteur.
Voilà un disque à conseiller à ceux qui ne sont pas contre le crossover par principe, mais faut pas trop pousser quand même. Si Copperpot collabore ici avec des zicos (du groupe Tortoise, notamment), sort ici et là sa MPC des sentiers battus par le boom-bap et laisse place à la chanteuse Valeska Jakobiwicz, “WYLA ?” développe pour l’essentiel un son sans chichis, classique et efficace, avec pour point culminant ‘Art of Rap’ et son violoncelle qui va bien. Pas vrai?
Plusieurs autres morceaux à se mettre sous la dent, dont ‘Demo’ animé par l’anglais Braintax, un type qui mériterait sûrement qu’on se penche sur son cas (un peu tard, puisqu’il a annoncé qu’il arrêtait les frais avec son “Last and Best Album”) et quelques expériences méritoires, comme la prestation de Prince Po sur un beat souligné par la basse de Matthiew Lux, du groupe Isotope 217.
Pour continuer la découverte, plus d’infos et de sons ici.
Ah, j’oubliais : Copperpot a casé deux productions sur le dernier album de Pace Won, “Teamwoninc”. On devrait en recauser bientôt.