Le rap et la NBA
Ballin' & Rhymin'

Le rap et la NBA

D’un Master P basketteur semi-pro à Jay-Z actionnaire des New Jersey Nets, en passant par les rappeurs occasionnels que sont Allen Iverson, Ron Artest ou Chris Webber, les liens entre la NBA et le rap ne manquent pas. A l’heure où débute la nouvelle saison du prestigieux championnat, explication de texte et galerie de portraits de ces acteurs de la balle orange cités entre deux punchlines.

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Marv Albert

Cité dans : ‘Heat’, Common (« Like water for chocolate », 1999)

« I feed off the hunger that a bum or abandoned child gets
Freaky, like Marv Albert »

Qui ? Commentateur attitré des New-York Knicks pendant près de trente ans, Marvin Philip Aufrichtig incarne à lui seul la voix du basketball, avec ses formules iconiques imitées sur tous les playgrounds de la Terre pour animer les un-contre-un (« A spec-TAC-ular move by Michael Jordan ! », c’était lui). Le rap, en revanche, a surtout gardé en tête le scandale sexuel retentissant dans lequel il a été impliqué : accusé de sodomie forcée, de multiples morsures et autres réjouissances en tout genre sur l’une de ses partenaires (chercher « facesitting » dans Wikipedia), Marv Albert s’est fait virer de la chaîne NBC juste après la finale NBA de 1997. Il a retrouvé du travail depuis, mais nul ne sait s’il a toujours pour hobby d’enfiler des sous-vêtements féminins.

Ron Artest

Cité dans: ‘The Truth is back’, Chamillionaire (« Man on Fire », 2006)

« Ron Artest of rap ha-ha, look at me now
Single handedly, handle the suckers up in the crowd »

Qui ? Ron Artest, originaire de Queensbridge, joueur rugueux par excellence. Meilleur défenseur de la ligue en 2004, Artest est All-Star la même année. Ces faits d’arme remarquables sont toutefois vite oubliés quand il s’illustre en novembre 2004 dans la fameuse rixe opposant les joueurs des Pacers à des supporters des Pistons. Après avoir pris une bouteille en pleine tête, il monte dans les tribunes pour en découdre, récoltant au passage une suspension de près d’un an. Un garçon charmant, qui déclarait en 2003 : « Il ne vaut mieux pas qu’ils m’invitent au All-Star Game. Je ne vais pas tirer, mais je vais dominer facilement. Je vais défendre dur, je vais faire des fautes et même des fautes flagrantes. Tout le monde me demandera ce qu’il m’arrive ! ». On raconte que Ron Artest porte le numéro 93 en référence – au choix – à l’album « 93 ’til infinity » de Souls of Mischief ou en hommage à son quartier (le chiffre « 93 » représentant les lettres Q et B). Patron de label à ses heures perdues, il a sorti en 2006 un album de rap, « My World », dans l’indifférence générale.

Charles Barkley

Cité dans : ‘Rebel without a Pause’, Chuck D – Public Enemy (« It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back », 1988)

« Simple and plain, give me the lane
I’ll throw it down your throat like Barkley”

Qui ? Membre de la Dream Team, élu parmi les cinquante meilleurs joueurs de l’histoire de la ligue et maintes fois All-Star, le talent de Sir Charles n’a jamais fait débat. Sa capacité à décrocher une bague de champion, son goût pour la controverse et la baston beaucoup plus. Grande gueule sur tous les terrains, il est aujourd’hui commentateur pour la chaine TNT où il alterne provocations de bas-étage et grosses conneries. Un peu comme Pierre Ménès en fait.

Len Bias

Cité dans ‘Freestyle Rhymes’, Chino XL (« Here to save You All », 1996)

« I’m lethal, I gets medieval with a blowtorch and pliers
End your future before it starts like Len Bias »

Qui ? Len Bias, numéro 2 de la draft 1986, sélectionné par les Celtics … dont il n’aura jamais l’occasion de revêtir le maillot. En effet, moins de 48 heures après avoir été choisi par Boston, Len Bias décédera d’une arythmie cardiaque, résultant d’une overdose de cocaïne. Issu de l’Université du Maryland, il était considéré comme l’un des meilleurs ailiers à avoir foulé les parquets NCAA, impressionnant notamment par son physique et sa polyvalence.

Mookie Blaylock

Cité dans: ‘Holocaust’, Dr Doom (« RZA as Bobby Digital in Stereo », 1998)

« With all that tough talk, I drop bombs like Mookie Blaylock
From the outside or the inside »

Qui ? Meneur de poche au shoot solide doublé d’un esprit de gros défenseur, Mookie Blaylock aura connu une carrière NBA plutôt solide avant de décliner progressivement. Passé par New Jersey et surtout Atlanta, il a eu son lot de fans, à commencer par le groupe Pearl Jam qui à l’origine s’appelait… Mookie Blaylock, avant d’être contraint de trouver un autre blaze. Le groupe d’Eddie Vedder avait même appelé son premier album « Ten » en référence au numéro de maillot de Mookie. Stan n’était pas seul, il avait des potes, musiciens en plus.

Manute Bol

Cité dans: ‘M.V.P.’, Big L (« Lifestylez Ov Da Poor & Dangerous », 1995)

« And everytime I’m in a jam I always find a loophole
I got a crime record longer than Manute Bol »

Qui ? L’histoire de Manute Bol parait extraite d’un téléfilm de Walt Disney. La légende raconte que l’ami Bol gardait des vaches dans son Soudan natal quand il a fait la rencontre d’un recruteur NBA sillonnant le globe à la recherche d’une perle rare. Probablement enthousiaste à l’idée d’empocher une commission juteuse, notre agent aurait embarqué Manute et ses deux mètres trente dans sa valise (attention, c’est une image) direction la capitale de l’oncle Sam. Bon, au final, Bol n’était pas tout à fait une perle rare, plutôt une tige aussi immense que maigre et fragile. Et sans aucune expérience dans le basket. Forcément bête de cirque, sa carrière se limitera à un sacré paquet de contres et une exploitation de son image aux limites des méthodes esclavagistes.

Sam Bowie

Cité dans : ‘Hola Hovito’, Jay-Z (« The Blueprint », 2001)

« I ball for real, y’all niggaz is Sam Bowie
And with the third pick, I made the earth sick
M.J., hem Jay, fade away, perfect »

Qui ? En 1984, les Houston Rockets ont bénéficié du premier choix lors de la draft, grande sélection des joueurs universitaires pour le championnat NBA. Leur choix s’est porté sur Hakeem Olajuwon, pivot nigérian qui, une décennie plus tard, leur fera remporter deux titres coup sur coup. A la deuxième place, les Portland Trailblazers, eux, ont décidé de miser sur un autre pivot, Sam Bowie, très en vue à sa sortie de l’université de Kentucky. Ce jour-là, les recruteurs des Blazers ont laissé filer quelques joueurs plutôt intéressants. Parmi eux : Charles Barkley et John Stockton. Dans le lot, il y avait aussi un arrière prometteur, tout juste couronné d’un titre avec l’équipe de North Carolina. Son nom : Michael Jordan. Mauvaise pioche ? Le mot est faible : Bowie connut une carrière anecdotique, minée par les blessures et terminée sur une moyenne maigrichonne de 10 points et 7 rebonds par match. 24 ans après cette bévue, les Blazers courent toujours après une bague de champions.

Rick Fox

Cité dans : ‘N.B.A’, Kool Keith (« Spankmaster », 2001)

« Pass the basketball around and go tell
Smoother than Rick Fox puttin on his hair gel »

Qui ? Le beau gosse de service, donc très énervant. Rendez-vous compte que ce garçon, en plus d’avoir été triple champion NBA avec les Lakers, aura épousé une Miss America et a pu se reconvertir dans le cinéma une fois en retraite. Comme il y a une justice, il a divorcé depuis et sa carrière se limite à des apparitions un peu anecdotiques, mais le bellâtre gominé a tout de même réussi à se trouver une place dans des séries marquantes comme « Oz » et « Ugly Betty ». C’est également lui qui fait découvrir à Ray Allen les joies du partage de groupies dans le « He got game » de Spike Lee. On ne doute pas une seconde qu’il s’agissait là d’un vrai rôle de composition.

Tim Hardaway

Cité dans ‘Heard’em say’, Kanye West (« Late Registration », 2005)

« From the CHI, like Tim its the Hard-a-way
So this is in the name of love, like Robert say »

Qui ? Prodige des playgrounds de Chicago (ville natale de Kanye), Tim Hardaway a popularisé le cross-over, mouvement depuis repris par à peu près tous les joueurs des années 2000. Maintes fois All-Star, il connut quelques belles années à Golden State lorsqu’il faisait équipe avec Mitch Richmond et Chris Mullin pour former le trio Run TMC. Gros jeu de mot (référence au groupe de Jam Master Jay, pour nos amis belges.) L’homonyme de Penny a fait le bonheur d’autres équipes, notamment Miami, avant de voir sa fin de carrière plombée par des genoux trop usés.

Allen Iverson

Cité dans ‘Supa Ugly’, Jay-Z (Inédit, 2001)

« Me and the boy A.I. got more in common
Than just ballin’ and rhymin’, get it ?
More in Carmen »

Qui ? Condamné à un séjour longue durée dans une maison de correction pour une grosse baston au lycée, Allen Iverson décroche tout de même, et non sans une belle polémique, une bourse à l’université de Georgetown. John Thompson, coach historique de cette université-matrice de grands talents, prend le sulfureux A.I. sous son aile. Deux ans plus tard, il débarque en NBA par la grande porte. Numéro 1 de la draft 1996, il rejoint Philly, franchise à la dérive, qu’il sort progressivement de la médiocrité. Un caractère bien trempé, une vraie attitude, un single rap explicite (’40 Bars’) et un entourage pas franchement complaisant : tout est ghetto chez « The Answer ». En mettant Jordan dans le vent dès leur premier face à face, il devient le symbole d’une nouvelle génération talentueuse et jugée irrespectueuse.  Les relations avec ses coachs sont parfois orageuses, et deviennent même volcaniques avec David Stern lorsque le grand chef de la NBA décide d’imposer un « dress code » très strict aux joueurs, critiquant au passage l’influence négative de la culture Hip-Hop sur l’image du basket pro. Ca s’appelle déverser un seau entier d’eau de javel pour s’assurer que son produit soit bien digérable par le plus grand nombre. Joueur de l’année 2001, gros scoreur, Iverson a obtenu depuis belle lurette le respect de ses pairs. Ses dribbles croisés sont également imités sur les playgrounds du monde entier. Côté potins, son aventure avec Carmen Bryan, ex-femme de Nas, lui vaudra ce clin d’œil vicieux – qu’il contestera – de la part d’un Jay-Z vexé par le morceau ‘Ether’.

Michael Jordan

Cité dans ‘Let’em have it’, Big L (« Lifestyle ov da Poor & Dangerous », 1995)

« Everybody wanna be like Mike, but Mike wanna be like L »

Qui ? Un type assez doué pour le basket. Inutile de dérouler le palmarès du numéro 23, sa carrière sportive est désormais élevé au rang de mythologie des temps modernes. Si sa présence dans les textes de rap a été une constante (Big L faisant ici référence à une pub Gatorade de l’époque), il est intéressant de noter que Jay-Z a pesé de tout son poids pour s’approprier les comparaisons avec le maître au tournant du millénaire. Pour figer dans le marbre son image de patriarche du hip-hop, le Président Carter a multiplé les comparaisons récurrentes avec M.J. à partir du « Black Album » : « When I come back like Jordan, wearin’ the 45, it ain’t to play game with you », « I am the Mike Jordan of recording », etc. Par sa faute, citer Jordan dans un morceau est devenu aussi prévisible et usé qu’un clin d’oeil à Tony Montana. Le principal intéressé, en revanche, n’a jamais vraiment fricoté avec les rappeurs. Dieu merci – ou plutôt : merci Michael.

Shawn Kemp

Cité dans ‘Ohh Wee’, Crü (« Violator, the Album », 1999)

« Hands high like I’m hemp
In the room with more bastards than Shawn Kemp »

Cité dans ‘Keep it Movin’ « , Charlie Brown (Busta Rhymes – « The Coming », 1996)

« Sippin gin, juice and tonic
Like Shawn Kemp with some hemp, super sound and sonic
Baby, above your head, below your feet and it still wimp »

Qui ? Shawn Kemp, l’un des meilleurs power forwards de l’histoire, destiné au Hall of Fame avant une fin de carrière plutôt décevante (doux euphémisme). Kemp est un basketteur emblématique des années 90, pour beaucoup de raisons différentes : ses dunks surpuissants, son duo avec Gary Payton, et bien sûr les NBA Finals 1996, où ses Sonics (RIP) échouèrent contre les Bulls de Jordan. « The Rain Man », son surnom, eut du mal à gérer le tournant des siècles : il tomba dans la cocaïne et l’abus d’alcool, ce qui occasionna une prise de poids plutôt spectaculaire. Accessoirement, Kemp est aussi célèbre pour avoir activement contribué au renouvellement des générations états-uniennes, en ayant fait des gamins un peu partout dans le pays.

Darius Miles

Cité dans ‘Aquarius’ (Common – « Electric circus », 2002)

« Hold on to your life as I carry these styles
To have you tapping your head like Darius Miles »

Qui ? Superstar de lycée à Chicago propulsée en NBA sans passer par la case universitaire, Darius Miles était promis à un avenir des plus brillants. Malgré quelques coups d’éclats, Miles ne confirma jamais les espoirs placés en lui. Il ne sera pas le joueur dominant des années 2000, comme annoncé précipitamment par beaucoup. La faute à un mélange d’immaturité, de maladresse et des genoux déjà en papier mâché. Après deux saisons blanches, on le dit déjà quasi terminé pour le basket pro. Common, lui aussi originaire de Chicago, fait ici référence au geste réalisé par Miles après une action de haut vol. Tout ça appartient désormais au passé.

Reggie Miller

Cité dans : ‘Stay fly’, Three Six Mafia ft. 8-Ball & MJG, Young Buck (« Most Known Unknown », 2006)

« Have a nigga who smoke, Reggie Miller
Coughin’ and choking constantly »

Qui ? Chez les Miller, le petit Reginald n’était pas censé faire du sport. Né avec une malformation aux jambes, il porte des attelles pendant les premières années de son enfance. Sur le terrain familial, sa grande sœur Cheryl lui met des raclées monumentales – elle deviendra par la suite la plus grande joueuse de tous les temps – mais le frangin finira par prendre le dessus. Et largement. Retraité après 18 ans de carrière professionnelle, Reggie Miller a sa place au Panthéon : il est l’un des tout meilleurs tireurs à 3-points de l’Histoire. Au total, il en a enquillé 2560 (un record) avec son équipe de cœur, les Indiana Pacers, et a marqué son époque comme un joueur effroyablement déterminé dans les moments chauds. Un chambreur invétéré, aussi : quand l’équipe adverse n’arrivait plus à le suivre, Miller en rajoutait une couche en faisant mine de s’étrangler (le « choke sign » – voir photo). Au Madison Square Garden, Spike Lee et les fans des Knicks se rappellent encore ce jour de playoffs en 1995 où le filiforme arrière marqua 8 points en 16 secondes pour arracher la victoire à son équipe. Mais s’il a souvent connu l’ivresse des phases finales au couperet, le numéro 31 n’a jamais décroché le titre NBA.

Alonzo Mourning

Cité dans : ‘Woozy’, Ludacris (« Release Therapy », 2006)

« You make me feel like I just hit the lotto
Other girls, I give them a shoulder colder than Chicago
But in your center I Heat it up in the Mourning like Alonzo »

Qui ? Alonzo Mourning, un guerrier des parquets. Si ses reins ont pu merder à certains moments, son cœur a toujours été au rendez-vous. Formé à Georgetown, Zo a perpétué la lignée des pivots intimidateurs (Mutombo, Ewing) sortis de l’Université de Washington D.C. Plutôt petit pour un centre (2m06), le garçon se taillera très vite une réputation de gros contreur, et fera flipper toute la NBA sous le maillot des Hornets au milieu des années 1990, avec Muggsy Bogues et Larry Johnson. A force de travail, Mourning finira même par s’imposer comme l’un des meilleurs big guys de la ligue, dans l’ombre plutôt imposante de Shaquille O’Neal. Une infection rénale l’obligera toutefois à mettre sa carrière entre parenthèses fin 2003. Il revient en 2005 sous le maillot des Heat, cette fois aux côtés du Shaq, et gagnera donc les NBA Finals de 2006. Blessé au genou en 2007, Zo décidera de prendre sa retraite sportive, à 37 ans.

Dirk Nowitzki

Cité dans : ‘Duck Hunt’, Esoteric (« Too much Posse », 2006)

« I can shoot from any angle like Dirk Nowitzki
Full of myself, can’t find a shirt that fits me »

Qui ? En 1997, un obscur joueur allemand d’à peine dix-huit ans, participe à la tournée Nike Hoops Heroes Tour. Le gamin sorti de deuxième division allemande crève l’écran, plantant notamment un gros dunk sur la ganache d’un Barkley médusé. Une année plus tard, Dirk refuse un paquet d’offres d’universités pour effectuer le grand saut direction la NBA. Empochant au passage un joli pactole. Un peu pataud et maladroit au départ, il impose progressivement son jeu basé sur sa capacité à shooter d’à peu près n’importe où. Avec plus de 2m10 sous la toise, un équilibre et une vivacité surprenante, le Wunderkind devient l’une des plus fines gâchettes du circuit NBA mais aussi l’emblème des Mavericks, l’équipe du milliardaire Mark Cuban. MVP de la saison 2006-07, il porte également toujours à bout de bras la sélection allemande dans toutes les compétitions internationales. Un extra-terrestre.

Ed O’Bannon

Cité dans : ‘Sonset’, Ras Kass (« Soul on ice », 1996)

« I’m lookin’ for the line
Takin’ off my lamb skin, Marc Buchanan
Cause I’m a make you see L.A. like Ed O’Bannon »

Qui ? Forts d’une épopée universitaire victorieuse à l’université de UCLA (« You see L.A. », attention : jeu de mot !), les frères O’Bannon étaient promis à un avenir radieux dans la ligue de David Stern après avoir emporté le tournoi NCAA en 1995. Les anciens lecteurs de Mondial Basket se rappellent peut-être qu’à l’époque, les frangins avaient fait la une du mensuel avant même de rejoindre la NBA. Mais Ed et son frère Charles n’ont jamais réussi à se faire une place parmi les pros. Après deux années médiocres chez les New Jersey Nets, l’ainé devint un anonyme du circuit, qui s’expatriera vers les championnats italiens, grecs et polonais avant de prendre sa retraite. Pétard mouillé dans la lignée de Sam Bowie, Ed O’Bannon vendrait aujourd’hui des voitures quelque part dans le Nevada.

Hakeem Olajuwon

Cité dans : ‘My first song’, Jay-Z (« The Black Album », 2003)

« Eyes on the prize, Shawn knew I had to
Had to had to get these chips
Had to make moves like Olajuwon
Started out sellin dimes and nicks »

Cité dans : ‘Shame!’, Big Daddy Kane (« Veteranz day », 1998)

« They ride along just to guide you wrong
Play like they beside you strong, and start to faking moves like Olajuwon »

Qui ? Pivot nigérian de sept pieds, mélangeant finesse et spiritualité, Hakeem a fait le bonheur de Houston pendant une vingtaine d’années, de ses années universitaires avec Clyde Drexler (la fameuse « Phi Slama Jama ») jusqu’au doublé avec les Rockets en 1994 puis 1995 avec son pote de fac à ses côtés. Surnommé « The Dream » et fort d’une palette technique riche en mouvements et feintes en tout genre (d’où les « moves » cités par Jay-Z et Kane), il a récolté tout au long de sa carrière titres individuels puis collectifs, le tout avec une certaine retenue.  Naturalisé américain sur le tard, il laissera l’image d’un grand homme, pieux et mesuré. En somme : un peu chiant mais sacrément fort.

Shaquille O’Neal

Cité dans : ‘Gimme da Loot’, Notorious BIG (« Ready to Die », 1994)

« I’m slamming niggas like Shaquille / Shit is real »

Cité dans : ‘Back down’, 50 Cent (« Get Rich or Die Tryin' », 2003)

« Every little nigga you see around me hold a gun big enough to fuckin’ hold SHAQ DOWN »

Qui ? Shaquille O’Neal, dit le Shaq, assurément le meilleur pivot de la ligue depuis Wilt Chamberlain. Il faut dire que 2m16 et 147 kg constituent des attributs plutôt utiles pour régner sur les raquettes. A ses débuts, le garçon s’illustre d’ailleurs plutôt par sa surpuissance, brisant deux paniers lors de sa première saison NBA, sous le maillot du Orlando Magic. La suite est connue : le duo avec Penny Hardaway, la finale perdue de 1995, les années Lakers et le Three-Peat, le retour en Floride et le titre des Heat en 2006. Depuis O’Neal est de retour à l’Ouest où il se prépare doucement pour sa retraite définitive (prévue pour 2010), en se faisant sortir au premier tour des playoffs et en dissant son ancien coéquipier Kobe Bryant. Shaq ne devrait pas s’ennuyer au terme de sa carrière : il a déja sorti quatre albums de rap, joué dans plusieurs films, a eu sa propre emission de télé réalité (Shaq’s Big Challenge) et est officier réserviste de la police de Miami.

Bobby Phills

Cité dans : ‘Life is serious’, 504 Boyz (« Goodfellas », 2000)

« Two kids to raise without an father figure
You and Bobby Phills always suppose to be together
And your youngest son screaming my daddy going to heaven
Cause my nigga had G and you know he could rise »

Qui ? Ailier passé par la ligue mineure CBA avant de connaître ses heures de gloire en NBA sous le maillot des Cavaliers puis des Hornets. Bon tireur à 3 points, il s’affirmera comme un arrière shooteur de niveau correct à la fin des années 90. Malheureusement, Phills n’aura pas le temps de se construire un palmarès : il décédera le 12 janvier 2000, des suites d’un accident de voiture. Il était âgé de 30 ans.

Arvydas Sabonis

Cité dans : ‘That smut’, Smut Peddlers ft. King KoolSavas (« Porn again », 2001)

« Makin’ MC’s use our fetus to clone us
Comin’ out lookin like Arvydas Sabonis »

Qui ? Arvydas Sabonis, pivot lituanien, retraité depuis 2005. La légende dit que sans des problèmes récurrents à un tendon d’achille et aux genoux, il aurait été le meilleur centre de l’histoire. Peut-être un peu exagéré. Ce qui est vrai, c’est qu’aux JO de 1988 il mit méchamment à l’amende un certain David Robinson. Il arrivera en NBA en 1995, déjà bien usé, mais connaîtra quand même quelques belles saisons avec les Blazers de Portland, figurant parmi les seuls joueurs non décérébrés de l’effectif. Se distingue également par un gabarit de ballerine (2m21 et plus de 130 kg), et un faciès d’enfant de choeur.

Latrell Sprewell

Cité dans : ‘Verbal Graffiti’, Cormega (« The True Meaning », 2002)

« The industry didn’t want me in, they tried to condemn me
Sprewell of rap, they even tried to suspend me »

Qui ? Arrière monté sur ressort, dunkeur fou-furieux, Latrell Sprewell était l’une des valeurs sûres de la NBA des années 90 : avec les Golden State Warriors, il carburait à 24 points, 6 passes décisives et 4 rebonds en moyenne lors de la saison 1996/97. C’est fin 1997 que sa carrière connaît un coup d’arrêt quand il tente d’étrangler son coach PJ Carlessimo lors d’un entraînement. Suite à l’incident, Sprewell écope de l’une des punitions les plus lourdes de l’histoire de la ligue : 82 matches de suspension, soit une saison complète, et un contrat annulé par son équipe. Ex-porte flambeau de la marque And1, Sprewell serait désormais criblé de dettes, quatre ans après sa dernière saison sur les parquets.

John Starks

Cité dans ‘Get it together’, Beastie Boys (« Ill Communication », 1994)

« I got heart like John Starks »

Qui ? L’histoire de John Starks, c’est celle d’un sans grade sorti de nulle part devenu à la sueur du front un joueur majeur de l’équipe NBA la plus médiatisée. Un obscur col bleu propulsé idole du très exigeant public New-Yorkais. Celui qui, à un contre près, aurait pu offrir le titre à New-York en 1994 et être sacré meilleur joueur de ces même finales. Starks, c’est aussi une des victimes favorites du numéro 23, un cœur énorme et l’auteur de quelques actions d’anthologie (rappelez-vous cet improbable dunk main gauche sur la tête de Horace Grant et Michael Jordan.)

John Stockton

Cité dans ‘Platinium Plus’, Big Daddy Kane (« The Big Picture », Big L, 1999)

« If you block the cash, we lockin ass
I’ma put it in your chest like a Stockton pass »

Qui ? Un mec d’une autre époque. Le compère emblématique du facteur Karl Malone fait partie de ces joueurs marquants. Sobre à mourir, le meilleur passeur de l’histoire de la NBA est aussi (re)connu pour son tempérament de pit-bull très intériorisé, ses shorts dignes des années soixante, sa raie de côté héritée de la même époque, son indéniable efficacité, et son attachement pour les Jazz d’Utah.

Nick Van Exel

Cité dans : ‘Crazy in Love’, Beyoncé ft. Jay-Z (« Dangerously in love », 2003)

« OG, big homie, the one and only

Stick Bony but the pocket is fat like Tony

Soprano, the Roc handle like Van Exel »

Qui ? Meneur agile et très vif, Nick « The Quick » Van Exel fait partie de ces joueurs un peu ingérables mais indéniablement talentueux. Venu à la NBA par la voie royale (les Lakers), il a démontré un talent derrière la ligne des trois points au moins équivalent à sa capacité à s’embrouiller avec staff et coéquipiers. Nick « The Quick » ou Nick « The Brick » selon les jours, Van Exel fait partie de cette génération flambeuse passée par MTV Cribs, un mec aux antipodes du spectacle papier glacé servi par la NBA.

Rasheed Wallace

Cité dans ‘Last Days (so what ?)’, Punchline & Wordsworth (« Punch N’ Words », 2000)

« Rob me, I keep a tech like Rasheed Wallace »

Qui ? Potentiellement le meilleur joueur NBA de sa génération (dixit Charles Barkley, qui ne dit donc pas que des conneries.) ‘Sheed c’est un énorme joueur universitaire passé par une université de premier plan (North Carolina), un talent incontestable et une belle carrière pro’… mais aussi (surtout ?) une énorme grande gueule récoltant les fautes techniques comme d’autres les rebonds, capable de beaux dérapages dans un univers aseptisé. En somme, un rayon de soleil dans le monde de David Stern.

Chris Webber

Cité dans ‘If/Then’, Ras Kass (« Soul on ice », 1996)

« So kill game like Chris Webber in sudden death
‘Cause you callin’ for timeouts when you got no time left »

Qui ? Chris Webber A.K.A le leader du Fab Five de Michigan, une bande de première année d’universitaires grandes gueules promis d’entrée au pactole NBA. L’histoire retiendra que cette équipée sauvage échouera en finale universitaire, la faute à C-Webb demandant un temps mort en toute fin de match. Problème majeur, il n’avait plus droit au temps mort et, fatalement, écopa une faute technique, d’où cette rime de Ras Kass. Les membres du Fab Five connaitront des fortunes diverses en NBA, Chris Webber aura eu la plus belle carrière de tous, souvent proche du panthéon sans jamais l’atteindre. Sur d’autres terrains, le natif de Detroit a sorti un album (« 2 Much Drama ») dont le principal mérite demeure de se situer un cran au-dessus de ceux de Ron Artest et Allen Iverson. Plus marquant, il est à créditer de deux productions pour Nas (‘Surviving the times’ et ‘Blunt Ashes’) et un interlude sur le « Poverty’s paradise » de Naughty By Nature.

Jayson Williams

Cité dans : ‘Ground zero’, The Diplomats (« Diplomatic Immunity’, 2001)

« Chill while I’m chasing millions
I’m a baller that would murk you like Jayson Williams »

Qui ? La biographie de Jayson Williams, c’est le pire et le meilleur du rêve NBA. Pour le meilleur, on retiendra la saison 1997-98, quand ses talents de rebondeur (13.6 par match) lui permirent de décrocher une sélection au All-Star Game et, un an plus tard, un joli contrat de 86 millions de dollars. Pour le pire, on notera une destinée familiale dramatique (ses deux demi-soeurs sont mortes du sida), une retraite anticipée sur blessure et un procès OJ Simpson-esque pour meurtre : le 14 février 2002, l’ex-joueur des Nets aurait assassiné par balles son chauffeur dans sa propriété, avant de dissimuler les preuves avec l’aide de complices. Acquitté à l’issue du procès, il pourrait être rejugé prochainement suite à un appel de la famille de la victime.

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