Article Fabe Connexions
La carrière de Fabe, ponctuée d’une riche discographie en solo, regorge également de featurings choisis avec soin. Peut-être plus discret que d’autres à ce niveau, il a fait bénéficier à de nombreux artistes de sa relative notoriété tout en apposant son nom au tracklisting de quelques compilations retentissantes.
18/09/2005 | Par Reivax
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Tout au long de sa relativement courte mais productive carrière, Fabe demeura plutôt en retrait de la scène française, posant un regard acerbe ou lucide sur nombre de ses protagonistes. Son attitude intransigeante et l'impertinence de ses rimes le brouillèrent même avec une partie des acteurs les plus en vue du petit cercle rapologique (de Stomy Bugsy à Lunatic), ce qui ne l’empêcha nullement de participer à quelques uns des projets collectifs marquants de cette époque, ni de témoigner de sa sympathie et de son admiration à d'autres rappeurs en posant plusieurs couplets à leurs côtés.
Dans le registre incisif qu’on lui connaît, il signa l'intervention la plus tranchante du mythique single '11’30 contre les lois racistes', réalisé en 1997 au profit du MIB, où il côtoyait en vrac des rappeurs aussi différents que Ménélik, Rockin’ Squat, Akhenaton ou Passi, pour ne citer que les plus connus. Une prestation remarquable et remarquée sur un morceau qui réussissait le tour de force ne pas souffrir des différences de niveau des participants. Khéops le convia la même année à participer à sa compilation en deux volumes, "Sad Hill". Déjà épaulé par Koma, Fabe s’y distingua avec un 'Merci' humble et fort. De manière plus anecdotique, il posa un couplet appliqué sur le premier volume de "Première Classe", un projet ambitieux qui réunissait aussi bien Ekoué, Casey ou Oxmo que les Nèg’ Marrons et Pit Baccardi. Un disque qui, malgré des qualités certaines, annonçait toutefois le formatage en germe et un copinage exacerbé pour le futur, comme le confirmera un deuxième volume d'un niveau bien plus faible.
Mais les connexions microphoniques de Fabe se sont avant tout établies au quotidien, sous un jour moins bruyant. Déjà, en 1994, l’une des ses premières apparitions discographiques se fit en compagnie de Sléo et d’Idéosoul pour le maxi jazzy et entraînant "Chaque fois (que la mélodie s’emploie)". Il retrouvera d'ailleurs les Sléo ainsi que Lady Laistee et les membres de La Cliqua pour le titre collectif 'Ne joue pas avec le feu' l'année suivante. Après s’être quelque peu isolé pour planter les bases de son style en compagnie de DJ Stofkri pour son premier album ("Befa surprend ses frères"), il ne manqua pas sur chacun de ses albums suivants de faire une place à des rappeurs partageant la même philosophie et la même vision de la musique que lui, et à des artistes prometteurs gravitant plus ou moins dans son propre entourage. Parmi ces derniers, on notera le combo 1 Bario 5 S'Pry, invité pour un 'Exercice de style' sur "Détournement de son" (1998), ou encore Mehdi l'affranchi avec 'On a pas tous la chance', sur l'ultime album de l'impertinent en 2000.
Fabe semble en fait choisir ses featurings au sein d’une sorte de communauté de cœur et d’esprit. Ekoué, dont la rage de dire n'a rien à envier à celle de son aîné, apparaissait ainsi naturellement en sa compagnie sur 'Salon à 4', en 1996, alors qu'il n'avait pas encore l'envergure qu'il a pris aujourd'hui. De même, quand Rocé s'empare du micro sur 'La prochaine fois' en 2000, on reconnaît le même regard sur le monde chez les deux rappeurs, unis par une détermination commune. Au cœur de cet enchevêtrement de voix, la double collaboration avec Al mérite qu’on s’y attarde, tant la complémentarité et l’entente entre les deux rappeurs aura porté ses fruits. Au hasard de l’enchaînement des titres de la compilation "Opération Freestyle" de Cut Killer en 1997, ils s’étaient déjà côtoyés de façon percutante : tandis que 'Les lions vivent dans la brousse' se terminait, la voix du dijonnais cédait sa place à celle de Fabe, entouré pour l’occasion de ses acolytes de la Scred Connexion. Quelques mois plus tard, c’est sur "Détournement de son" qu’Al se fait à nouveau entendre, invité par le parisien pour 'Correspondance', un morceau à l’alchimie parfaite où chacun témoignait avec talent de sa réalité quotidienne. Enfin, en 1999, c’est à l’occasion du projet de Al & Adil "A force de tourner en rond" qu’ils se croisent de nouveau, sur le morceau 'L’épidémie' qui conclut ce EP en beauté.
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